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mardi, 05 juillet 2011

la réconciliation en Cote d'ivoire

Quelle est cette effervescence subite pour la réconciliation qui s’est emparée des militants RHDP ? Ils sont tous subitement tombés en transe. On croirait voir des enfants qui ont découvert un nouveau jeu. Faut-il en rire ? Non ! Le bon sens est simplement dépité parce que la politique a cessé d’être un jeu ou un métier en Cote d’Ivoire. Le tableau est effrayant. Après avoir usé de terreur, après être restés sourds à tous les appels humanistes et pacifiques de préservation du tissu social, et après avoir endeuillé la majorité des ivoiriens, ils se découvrent subitement des ailes de réconciliateurs. Le bon sens est simplement contrarié, mais pas désespéré parce que le sort de celui qui veut voler sans les ailes est connu.
Sinon voyons, depuis 10 ans, qu’est-ce qui n’a pas été consenti pour la réconciliation du peuple ivoirien ? Depuis le forum national de la réconciliation en 2001, aux incessants appels au recomptage des voix de la dernière présidentielle, en passant par les couleuvres de Marcoussis ,les accords de Ouaga, le gouvernement du rebelle Soro, la prise de l’article 48 pour sauver le soldat Ouattara, la formation d’une CEI à 80% de l’opposition, que n’a-t-on pas encore vu, entendu et fait pour maintenir le peuple ivoirien réconcilié. La rancœur laissée par le coup d’état de Robert Guei qui s’était même préservé d’humilier le couple présidentiel, le ressentiment causé par le charnier d’une cinquantaine de personnes dont le procès avait montré toute la malsaine mise en scène, ont survécu à 10 ans de démarche exorciste.
Alors que faut-il espérer de cette frénésie pour la réconciliation qui s’est emparée subitement des va-t-en guerre d’hier ? Le passif d’une rébellion qui a duré pratiquement 10 ans, qui a selon les estimations diverses fait au minimum 10 000 morts et qui s’est terminée dans le massacre, le pillage, le viol, les saccages des biens des autres peut-il s’effacer aussi facilement que ne l’a été un coup d’Etat sans effusion de sang ?
Personne n’a intérêt aujourd’hui à ce que la Cote d’Ivoire retombe dans les travers d’une guerre civile, mais on s’interroge. Quels sont les atouts exceptionnels ou les chances de réussite du souverain loubard, violent conquérant du peuple ivoirien là où des universitaires accueilli dans une liesse populaire ont échoué ? Pour dire que ça sonne faux, c’est même grinçant à l’oreille d’entendre les autorités actuelles parler de réconciliation. C’est ce qu’ils savent le moins bien faire. On peut obliger le peuple à essuyer ses larmes, mais on ne peut empêcher son cœur de saigner face aux drames injustifiés de son histoire.

Joseph Marat

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