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mardi, 05 juillet 2011

Par delà le bien et le mal



La politique est-elle morale ou a-t-elle une morale ? Le philosophe allemand Friedrich Nietzsche, déjà au 19ème siècle, ôtait le saupoudrage hypocrite dans lequel étaient enrobés les rapports humains en parlant de la volonté de puissance comme principe fondateur de la vie. Par delà le bien et le mal est l’une de ses œuvres qui comme un scalpel dégage les couches superfétatoires de la morale classique pour mette à nu la véritable loi qui régit notre existence : la volonté de puissance. Le monde est une jungle où les plus forts broient les plus faibles. Sans remord. Ils se sentent justifiés par l’idée qu’on n’a jamais une bête de proie se justifier de l’usage de sa force sur plus faible qu’elle. Nietzsche a souvent utilisé la métaphore de l’agneau face au loup pour décrire cette réalité. Il pense que l’agneau peut déblatérer sur les notions de bien et de mal pour faire la morale au loup parce qu’il est faible. La seule force qui est la sienne, c’est la morale. Mais le loup n’a que faire des jérémiades de l’agneau, il le trouve plutôt succulent.
C’est de cette philosophie de la violence naturelle que s’est inspiré lAdolphe Hitler à travers le nazisme. On connaît la suite. Avec la victoire des alliés et la fin des régimes nazi et fasciste, on a tous naïvement pensé que l’agneau avait réussi à moraliser le loup, que les valeurs humanistes véhiculées par la conscience morale étaient devenues sacro-saintes, que la puissance des civilisations dominantes s’était mise au service des plus faibles. Erreur de jugement. C’est le loup qui s’est accaparé le discours de l’agneau pour l’avoir à sa disposition et pour ne plus qu’il se méfie. Ils ont aboli l’esclavage, accordé l’indépendance au pays colonisés, traqué et anéanti le nazisme et on tous cru que l’humanité s’était homogénéisée dans la promotion des valeurs de justice et de démocratie. Il faut se détromper. L’esclavage, la colonisation, le nazisme sont devenus plus pernicieux. Le loup se camoufle désormais sous le masque de l’agneau mais sa démarche n’a pas changé. Aujourd’hui sous le fallacieux prétexte défendre la démocratie, la justice sociale, la société civile…on soutient des dictatures, des rebellions, on mate les révolutions et on bombarde les palais.
Sinon comment explique-t-on que la seule suite qu’on veuille donner à une crise poste électorale soit la guerre. En Cote d’Ivoire, alors que Laurent Gbagbo proposait la solution démocratique du recomptage des voies, les puissances occidentales ont résolument opté pour la guerre, la violence politique et militaire. Oubliant royalement que la où les armes crépitent on plus en démocratie. On ne compte plus les voies, on compte les morts, on compte ceux qui n’ont plus et ne sont plus des voies.
Sinon comment comprendre ce qui se passe en Libye. Depuis le début de la crise, Kadhafi appelle à cesser le feu et demande de façon expresse aux occidentaux de venir instaurer la démocratie en Libye. Mais sa voie est étouffée par les bombardements de l’Otan parce que ce n’est pas la démocratie ou la fin de la tyrannie qui est en cause. Tout comme Hitler pour le peuple allemand hier, Sarkozy veut seulement accroître l’espace vital des puissances dominantes. Dans le rapport que l’Afrique a avec l’occident on est au-delà du bien et du mal.

Joseph Marat

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