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vendredi, 08 juillet 2011

Mamadou Koulibaly entre la ruse et le parricide

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On s’était s’habitué à son silence. L’homme s’était retiré au Ghana, à l’abri avec sa famille et nous servait quelques apparitions sporadiques pour signifier qu’il n’a pas totalement disparu de la scène. On avait même perçu le message suivant : « Mamadou Koulibaly est le dauphin constitutionnel. Il ne doit pas se retrouver au même endroit que le Président Gbagbo. Au cas où la France réussissait son coup d’état, il serait la pièce de rechange pour la poursuite de la lutte ». Mamadou Koulibaly était le symbole du plan B dans cette lutte pour la souveraineté totale de la Cote d’Ivoire. Face à la pernicieuse accusation d’exclusion des musulmans et ivoiriens du nord, c’est à lui qu’on pensait logiquement quand le président Gbagbo a dit qu’un jour, un nordiste sera président. Mam Koul nous avait même emmenés à le penser de bonne foi parce que C’est lui, qui le premier, nous a ouvert les yeux sur la Guerre de la France contre la Cote d’Ivoire. C’est lui qui a claqué la porte à Marcoussis. Il était l’icône de la relève et de la rigueur dans cette lutte pour notre souveraineté.
Quelques heures seulement après l’enlèvement du président de la république, Mamadou Koulibaly refait surface, mais pas pour la même mission qu’on était en droit d’espérer de lui. Apparemment, comme s’il n’attendait que ça, il est venu pour accompagner les fossoyeurs de la république à travers une opposition légitimante. De ses premiers mots après sa rencontre avec Alassane Ouattara à sa dernière interview à jeune Afrique Intelligent, l’homme a dit beaucoup de choses qui conduisent logiquement à penser qu’il baigne dans le déni du discours qu’on lui connait. On a pensé dans les premiers moments qu’il s’agissait d’une ruse politique pour dompter le monstre. Mais la comptabilité de ses reniements constants commence à convaincre le plus mamadouiste d’entre nous que l’homme a un autre agenda. S’y serait-il pris autrement s’il voulait faire oublier Laurent Gbagbo en le chargeant de tous les crimes de la crise ivoirienne pour prendre son appareil politique le FPI ? L’héritage lui échoit, mais le père vit encore et il faut mériter le legs.
Joseph Marat

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