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vendredi, 15 juillet 2011

Ils ont cessé d’être journalistes


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J’ai rencontré par le pur des hasards un politologue dans une buvette à Angré. La conversation que j’ai eue avec lui m’a parue très nourrissante. En fait, il m’a amené, sans le savoir lui-même, à réfléchir sur le métier de journaliste. Il disait que ses connaissances sont aujourd’hui surprises qu’il soit très acerbe avec le régime de Ouattara. Ceux qui l’ont connu ces dix dernières années ont toujours pensé qu’il était Rdr ou Rhdp tellement ses flèches contre la refondation étaient lacérées. Que non ! Le politologue pense par principe qu’on n’a pas à s’acharner sur l’opposant. Ce qu’il dit n’engage que lui et mieux, fait parti de l’exercice de vigilance républicaine. Mais, le gouvernant, avec les décisions qu’il prend ou qu’il ne prend pas, impacte quotidiennement notre vécu. C’est donc sur lui qu’il faut mettre la pression pour qu’il prenne les bonnes décisions. Quoiqu’il existe des oppositions sauvages beaucoup plus nuisibles que le prince, j’ai tout de même marqué le coup d’une méditation métaphysique.
Je me suis dit : « telle devrait être l’attitude d’un bon journaliste ». Dans la foulée je me suis souvenu de cette boutade d’Eugene Die Kacou dans la période qui a précédé son éviction de la présidence du Conseil National de la Presse : « un journaliste qui ne dérange pas, n’en est pas un ». Il se disait grand moraliste du métier de la presse, convaincu à son temps que plus il fermait les yeux sur les injures publiques, les défiances et les appels à la guerre des journaux pro Ouattara, plus il était dans le vrai en matière de journalisme. Un autre, en la personne de Vénance Konan, nous a même fait croire qu’il était un immense journaliste, tellement il ruait dans les brancards de Laurent Gbagbo et sa famille et des BAD.
Aujourd’hui, ré-plastronnant dans les bureaux feutrés du CNP et bombardé à la tête du plus grand groupe de presse du pays, ces messieurs ont cessé d’être journalistes. Ils ne dérangent plus et ils ne veulent même plus qu’on dérange un régime plus que liberticide. Eugène Die Kakou s’est découvert subitement les vertus d’un juge impitoyable contre les opinions de presse et Venance Konan ne semble plus être intéressé par les trains qui n’arrivent pas à l’heure. Pour lui nous sommes désormais dans le meilleur des mondes possibles.

Joseph Marat
josephmarat@yahoo.fr
03 22 15 00

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