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vendredi, 22 juillet 2011

Isaïe Biton Coulibaly un ami dangereux


Dans ce pays où on fait tout pour marquer et utiliser les traits des clivages ethniques, patronymiques ou autres, il y a des amitiés qui font rêver. Surtout quand l’un des amis à l’occasion d’une émission de télé, alors que rien ne l’y oblige, dans des envolées lyriques, célèbre l’autre. Et montre à quel point il est fier d’être l’ami d’un homme exceptionnellement chaleureux, humaniste avec un sens élevé de l’amitié. Des photos à l’appui s’il vous plait. Ces instants de cette émission consacrée à Isaïe Biton Coulibaly sont tellement cathartique qu’on guéri même des complexes politico-ethnologiques bidons qui voudraient catégoriser les ivoiriens. On avait là deux humains, deux ivoiriens pleins d’estime l’un pour l’autre à en croire la vedette de l’émission. Cela m’a donné à penser que Biton est vraiment un grand homme de culture parce que cette relation avec Laurent Gbagbo d’avant le 11 avril 2011, ne m’a pas semblé être une relation d’affidé ou de ruse. L’homme a montré qu’il était dans une relation transcendantale avec le chef de l’Etat d’alors. L’estime en était encore plus grand parce qu’il a montré qu’il pouvait avoir le même type de relation avec n’importe quel homme politique du pays sans être catégorisé.
J’en étais donc là quand j’ai lu les samedis de Biton du samedi 25 juin dernier. Hors mis le fait que l’homme demeure un homme de métier qui s’est, cette fois, quelque peu mélangé les pinceaux (le rapport entre l’intégration africaine et le suicide de Ba Bemba face à la capture de Samory Touré, la conquête coloniale, le panafricanisme de Nkrumah et les actions actuelles du gouvernement Soro-Ouattara, me semble un peu tiré par les cheveux) j’ai trouvé qu’il envoyait de façon subliminale un message paradoxale à « son ami Laurent Gbagbo ». Il y a des moments ou des circonstances qui trahissent souvent nos pensées en leurs faisant dires autre chose que ce qu’on a en réalité dit. Ecrire sans lapsus, juste 2 mois et demi après la chute de Laurent Gbagbo que le plus estimé et le plus estimable de tous les résistants, c’est Ba Bemba, on n’a besoin de lire Freud pour comprendre que « l’ami de Laurent Gbagbo » est triste et gêné qu’il ait survécu à l’attaque française du 11 avril 2011. Cher ami Bidon, que dis-je, cher ami Biton, tu es pour Gbagbo un ami dangereux. Et je t’ai surestimé. Sinon tu aurais su que quand on est mort, on ne résiste plus.
Joseph Marat

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