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jeudi, 28 juillet 2011

La France au pouvoir en Cote d’Ivoire



François Fillon n’a pas porté les gants de la diplomatie pour dire, devant son hôte hilare et applaudissant que c’est la France qui paye désormais les salaires en Cote d’Ivoire. Il n’y a pas plusieurs façons de dire que la France est désormais aux commandes de l’Etat ivoirien. Les faits qui attestent ce retour en force de la France dans son ancienne colonie sont légions et crèvent les yeux. En tout cas, on n’a jamais vu autant d’officiels français défiler en un temps record dans un pays africain. Minutieusement programmé, chaque visite au pas de course a répondu à un objectif bien précis. Le tout concourant évidemment à renforcer les assises de l’occupation totale du terrain.
Nicolas Sarkozy et Alain jupé étaient à l’investiture d’Alassane Ouattara pour sceller les accords politiques marquant le tutorat de la France sur le territoire ivoirien. C’était inédit. On a rarement vu autant de chefs d’Etats au mètre carré lors d’une investiture en Afrique. Sarkozy a battu le rappel des troupes pour sceller le sort des ivoiriens devant témoin. Même le secrétaire Général de l’ONU, qu’on n’a presque jamais vu à ce genre de cérémonie, a fait le déplacement pour donner une caution internationale à la razzia politique de Sarkozy. Il ne pouvait pas en être autrement. Les dernières élections présidentielles en Côte d’Ivoire ont montré à quel point la France était frileuse de perdre totalement ce territoire d’outre-mer. Sur ce pays, la droite et la gauche politique françaises ont su taire leurs divergences pour renier ensemble les valeurs de la démocratie. Leur promotion à travers le recomptage des voies leur aurait fait perdre la face. La France de la liberté, de la fraternité, de l’humanisme tout court s’est déculottée en Côte d’Ivoire en optant pour la guerre totale et aveugle pour régler une crise postélectorale. A ces heures de crise économique mondialisée, le retour aux valeurs coloniales constitue pour la France une aubaine, une porte de sortie heureuse et honorable qui lui permettra de continuer à tenir son rang dans le concert des nations puissantes. Le 21 mai dernier, l’investiture d’Alassane Ouattara marquait donc la seconde alliance de colonisation de la France et de la Cote d’Ivoire.
Sarkozy et Jupé ont laissé le tapis rouge quelque temps plus tard à Gérard Longuet le ministre de la défense française. Sa mission s’est résumée à ficeler la sécurité du nouveau territoire conquis. On remarquera que c’est juste après son départ, certainement après qu’il ait apposé sa signature sur le parapheur qu’on s’est rendu compte enfin du déséquilibre sécuritaire dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Il est prévu, avec le concours de la France à hauteur de deux milliards de nos francs, la construction de huit bases militaires. Aujourd’hui la garde rapprochée du Président de la République est l’affaire de la France. C’est désormais un secret de polichinelle que les chefs de guerre ivoiriens qui ont fait le roi n’ont plus droit au périmètre présidentiel que bétonne un aide de camp français. Pour rencontrer le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, il faut désormais passer par l’armée française.
Deux semaines après Gérard Longuet envoyé en éclaireur, le premier ministre François Fillon est venu parachever la mise sous tutelle de la Cote d’Ivoire par la France. Le rôle de ce dernier a consisté à revisiter tous les contrats économiques qui vont permettre à la petite France de rentrer dans les fonds de sa campagne militaire et politique en Côte d’Ivoire. Sa délégation était forte de deux cents personnes dont une cinquantaine d’hommes d’affaires. Objectif immédiat, mettre la main sur tous les contrats juteux du pays. La Sir a été la première société à passer à la trappe. Les Angolais ont été mis à la porte. Ceux qui doutaient des enjeux pétrolifères de cet acharnement de la France sont bien servis. Fait curieux tout de même, qui n’est pas passé inaperçu, le déplacement de monsieur Fillon au Ghana pour s’assurer auprès des autorités ghanéennes que les intérêts de la France ne seront pas attaqués à partir de ce territoire. Il nous reste maintenant à aller revendiquer la nationalité Française.

Joseph Marat

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