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jeudi, 28 juillet 2011

Le retour en force de la colonisation

Après cent jours dans le palais qu’il a tant convoité, Alassane Ouattara a suffisamment imprimé sa marque à la vie politique nationale. L’observateur attentif n’a pas d’effort à faire pour remarquer le retour en force des colons. La France de la colonisation est de retour. On en avait les prémisses depuis bien longtemps. La frénésie sourde qui s’est emparée de Chirac et ensuite de Sarkozy, depuis que Laurent Gbagbo s’était mis en tête de se battre pour la liberté effective des ivoiriens, était nettement prémonitoire de la volonté des Français de recoloniser ce territoire d’outre-mer. Le 11 avril dernier marquait l’aboutissement matériel de leur plan diabolique : ré-confisquer la liberté du peuple ivoirien. Depuis, les signes ostentatoires de cette recolonisation ne se comptent plus.
Alassane Dramane Ouattara, l’instrument de ce retour aux valeurs coloniales, n’a pas attendu longtemps pour montrer au peuple ivoirien qu’il venait de perdre sa souveraineté. L’homme a confié sa garde rapprochée et la gestion de son armée à un gradé de seconde zone de l’armée française et à l’onuci. Lui qui dit avoir été élu à plus de 60% dans les casernes, a perdu la confiance en ses électeurs. Et La France n’a pas envie de perdre de sitôt la poule aux œufs d’or. Ils ont bétonné sa sécurité monnayant près de 21 milliards sur les taxes de capitation que nous devons verser désormais.
Deuxième signe et non des moindres de ce retour en force de la France en Cote d’ivoire, c’est le défilé des officiels français dans cet intervalle de trois mois. On en reçoit pratiquement un par mois qui vient visiter la nouvelle terre d’espérance française. Nicolas sarkozy lui-même est venu le jour de l’investiture de Ouattara avec son ministre des affaires étrangères pour assister à l’investiture du ‘’préfet’’ (on le tient de la tantie Henriette Diabaté) du cent deuxième département de la France. Un déplacement à valeur essentiellement politique pour sceller le sort de la Cote d’Ivoire qui retourne plus que jamais dans le giron de la république française. Ce ne sera plus surprenant que l’ordre du jour des conseils des ministres ivoirien se décide à l’Elysée.
Deux mois plus tard, Gérard Longuet viendra discuter du bouclage militaire du territoire. La création d’une dizaine de camps militaires dans l’ouest du pays en est une conséquence notable. La région est riche et instable à la fois. Il faut donc sécuriser l’exploitation de cette partie du pays. C’est à croire qu’on a planifié les nombreux crimes dans cette partie du pays pour mieux spolier les autochtones.
François Fillon qui vient à peine de rentrer a fait deux jours en Cote d’Ivoire. C’est largement suffisant pour revisiter tous les contrats économiques qui leur ont échappés dans la « folie » de souveraineté de Laurent Gbagbo. La coïncidence de l’expulsion de l’Angola de la Sir n’est pas fortuite. Sur l’ensemble des entreprises sinistrées en cote d’Ivoire, seules les françaises bénéficient d’une attention particulière. La moitié des prêts faits par la France et que les contribuables ivoiriens auront à rembourser, doit servir à la réhabilitation des entreprises françaises en Cote d’ivoire.
On aura tout compris, notre sort est désormais celui de nos aïeux d’avant 1960. On aura remarqué qu’il n’y a que la France, sur les 193 Etats que compte le monde, qui nous visite. De pré carré qu’elle était, la Cote d’Ivoire est devenue, depuis l’accession brutale de Ouattara au pouvoir, une colonie Française. Elle ne peut plus rien faire sans la France. Les cent derniers jours qu’il a passé au pouvoir ont largement suffis pour nous en convaincre.

Joseph Marat

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