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jeudi, 28 juillet 2011

LES PHASES DE L’INTERVENTION MILITAIRE FRANÇAISE EN COTE D’IVOIRE.


Christophe Barbier : « Nous ferons payer la facture à ceux pour qui nous faisons ‘’la guerre’’ »

On ne finira jamais d’épiloguer sur la façon dont les autorités françaises installent Alassane Ouattara au pouvoir en Cote D’ivoire. Elles ont beau nié leur rôle dans le kidnapping de Laurent Gbagbo, les faits et les intérêts bassement matériels qu’elles reconnaissent quelques fois les trahissent.

Première phase, fin mars : « La France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara » (Canard Enchaîné, 6 avril 2011). Un officier supérieur, « proche de l’Élysée », vante « notre efficacité dans l’organisation de la descente sur Abidjan ». Un autre, « membre des services de renseignement », confie : « On a fourni des conseils tactiques aux FRCI [Forces républicaines de Côte d’Ivoire] », mais aussi « des munitions et des Famas ». Cette confidence rappelle le témoignage – forcément sujet à caution – d’un ancien com’zone de la rébellion, Abdoulaye Traoré, sur l’aide apportée par des officiers français en 2003, qui « signalaient les dispositifs de l’adversaire et distribuaient les armes à des points précis » (www.lebanco.net, 13 août 2010). Notons, lors de cette première phase, le très faible écho dans nos médias de la mort de Philippe Rémond, seule victime française (La Croix, 04 avril). Cette victime d’un assassinat – vraisemblablement ciblé – au lendemain de l’entrée des forces pro-Ouattara dans la capitale politique, Yamoussoukro, présentait sans doute le défaut d’avoir dénoncé, depuis longtemps, l’ingérence française dans la crise ivoirienne.
Deuxième phase, les bombardements par les hélicoptères de Licorne et de l’ONUCI. Après que les rebelles se furent regroupés à la lisière d’Abidjan, Ouattara a demandé à Ban Ki-moon la destruction des armes lourdes des forces de Gbagbo. Demande répercutée à Sarkozy, qui donne le feu vert. Les premières frappes de l’ONU, le 4 avril, concernent des camps militaires. Mais selon le Canard Enchaîné, les hélicos frappent aussi « au passage des objectifs aussi stratégiques que le CHU et un supermarché du quartier de Cocody » ! Autres cibles, le bâtiment de la radiotélévision, les bâtiments présidentiels et une base de bateaux-bus qui servaient à transporter les jeunes patriotes.
Au bout d’une semaine de pilonnages répétés, et d’assauts, repoussés, des FRCI contre les forces de Gbagbo, l’assaut final a été donné. Les moyens utilisés selon l’amiral Guillaud, chef d’état-major des armées : quelques milliers d’obus de 20 mm, une dizaine de missiles HOT, une vingtaine de véhicules blindés et plus de 200 soldats français. Depuis son lancement en 2002, l’opération Licorne a coûté entre un et deux milliards d’euros. Quel retour sur investissement peut en attendre l’Élysée ? Christophe Barbier (LCI, 05 avril) donne des pistes. « Nous ferons payer la facture à ceux pour qui nous faisons ce travail difficile, douloureux, qu’est l’action militaire. D’abord nos alliés […] et puis les pays que nous libérons. La Libye, la Côte d’Ivoire, ce sont des pays qui ont des ressources. Ces pays nous rembourseront en avantages, notamment en matières premières, en énergie par exemple. Ils pourront aussi nous acheter des matériels militaires [...] Nous allons, sans être cynique, améliorer nos matériels, améliorer nos méthodes. Avec l’expérience retirée de ces conflits, ça nous permettra d’être encore plus compétitifs sur ce marché […] qu’est la vente des armes. »
Ajoutons que le Canard, notant les équipements tout neufs des FRCI, rapporte des témoignages et documents montrant que « des proches de Ouattara ont monnayé, en 2009 et en 2010, d’importantes quantités d’or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de... l’ONU. »

Par Rafik Houra source : Survie.org

On risque de payer la facture de la guerre en Libye

Ne nous leurrons pas. Nous sommes dans des conflits d’intérêts éclatés. La France est un ogre et son cynisme est aussi dévastateur que son appétit. Qu’un journaliste parmi les plus avertis de France pense que son pays fera payer aux pays dans lesquels et pour lesquels elle mobilise son armée doit nous interpeller. C’est normal. Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. Alors si des rebelles dans des contrées diverses sollicitent la France pour les aider à prendre le pouvoir d’Etat dans leur pays, ce n’est certainement pas pour leur beaux yeux ou pour des valeurs désintéressées d’humanisme qu’elle s’engage à coté d’eux. Quand elle engage ses médias, son armée et sa diplomatie, c’est forcement pour en tirer des dividendes. Elles aussi, elle a ses chômeurs, ses désœuvrés et ses nombreuses charges à assumer.
Le souci aujourd’hui c’est que la petite France est sur deux fronts en Afrique. Elle a réussi à installer son homme en Cote d’Ivoire. A ce niveau l’affaire est presque dans le sac. La Cote d’ivoire va servir de vache à lait à la France en remboursant au-delà de ce qu’elle aura mis dans la guerre depuis 2002. Mais en Libye la guerre s’enlise et il n’est pas sûr qu’elle se termine comme ici. Alors question qui paiera les factures de la guerre en Libye si la France y échoue ? La nature a horreur du vide et aime les raccourcis. Apprêtons-nous à régler aussi les factures de la guerre contre Kadhafi. Souvenez vous que le sud a payé durant 10 ans les factures sodeci cie des zones cno.
Joseph Marat

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