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jeudi, 28 juillet 2011

Qu’avons-nous fait pour mériter Kandia Camara ?


On n’a rien contre cette dame. C’est une consœur qui s’est promise certainement de faire à tout prix de la politique en Cote d’ivoire. Quand elle a déposé ses valises au bord de la lagune ébrié, après avoir rangé ses baskets d’handballeuse, elle s’y est mise. Avec une gueule qui a beaucoup plu à certains ivoiriens. Je me souviens, que des ivoiriennes avaient même programmé une marche sur la présidence de la république de Cote d’Ivoire pour que Kandia Camara soit ministre de Laurent Gbagbo. Elle en avait énormément bavé. Aujourd’hui le combat contre l’ivoirité a porté ses fruits et Kandia est ministre de la République de Cote d’Ivoire. C’est même charmant. Mais de vous à moi, pourquoi au ministère de l’éducation nationale ? On comprend qu’on ait voulu récompenser une militante des heures chaudes, mais pourquoi au ministère de l’éducation nationale où il ne suffit même pas de bien s’exprimer pour être crédible ?
Qui accepterait de confier l’éducation de son enfant à quelqu’un qui place une faute à chaque phrase. En tout cas la liste des entorses portées à la langue française par madame le ministre commence à s’allonger et il n y a certainement pas mieux pour saboter le système éducatif de la Cote d’Ivoire. Si pour la culture des compétences on a chassé des éminences grises comme Jacqueline Loes Oble, Kandia Camara est loin d’être une solution. Elle est au contraire un problème parce que cette femme ne fait pas que des fautes à chacune de ses interventions, elle a été déformée par la vulgarité de son combat. Il faut vouloir punir la Cote d’Ivoire de Memel Fotè, Bernard Dadié, Zadi Zaourou, Saliou Touré… pour imposer à son système éducatif Kandia Camara. Des postes de complaisance pour mercenaire, ce n’est pas ce qui manque. De grâce usons de la politique pour tirer notre société par le haut.

Joseph Marat

Niamien Ngoran est de retour, la mal gouvernance aussi ?

Niamien Ngoran était le ministre de l’économie et des finances d’Henri Konan Bédié. C’est avec ce tandem qu’on a connu en Cote d’ivoire les vagues de scandales financiers qui entre autre ont concouru à la chute du régime en 1999. Pour ne citer que les plus connus, disons le détournement des 18 milliards de l’Union Européenne, lièvre levé par Diegou Bailli en 1998, et les DENO, les dépenses publiques non ordonnancées c'est-à-dire les dépenses hors la loi, érigées en normes de gouvernance sous Bédié.
Ces messieurs sont de retour au pouvoir. Bédié est la haute autorité du chef de l’Etat et l’autre vient d’être nommé inspecteur général de l’Etat de Cote d’ivoire. Ont-ils tiré les leçons du passé ? J’en doute. Gbagbo les a faits rentrés d’exil et ils ont eu une opposition dorée. L’Union Européenne a fermé les yeux sur leur détournement et les ivoiriens ont gentiment remboursé. Personne n’a souffert d’embargo ou de gèle des avoirs.
Pour Bédié, l’ennemi politique lui a gracieusement offert un statut select d’ancien chef d’Etat, avec quelque fois des visites de courtoisie pour lui faire profiter des avantages des renseignements généraux pour qu’il évite des manifestations piégées par ses propres compagnons. Aujourd’hui, il parait qu’il est devenu moraliste. Gbagbo et toute sa bande de refondateurs mériteraient le sort que son filleul Alassane Ouattara leur inflige. Pour lui il ne serait pas normal qu’ils se soient armés pour défendre la république contre les rebelles.
Quant au tout nouvel inspecteur général d’Etat, garant moral de la gestion des biens publics, il nous dit carrément qu’on n’a rien à attendre de lui. Avant même de l’avoir vu à l’œuvre, il est sous le charme de celui dont il est censé contrôler la gouvernance. « Je suis impressionné par le style de gouvernance du président Ouattara » dixit Niamien Ngoran dans le très critique Frat-mat de Venance Konan du mardi 19 juillet dernier. Autant dire que les grilleurs d’arachides sont de retour.

Joseph Marat

Au nord, l’or divise les anciens amis

Ils ne l’ont pas porté au pouvoir pour qu’il leur arrache le pain de la bouche. Mieux, maintenant qu’ils ont le pain du pouvoir, il n’y a pas de raison qu’ils ne le beurre pas. Voici l’état d’esprit dans lequel baignent actuellement les hommes de Soro qui contrôlent toutes les zones Centre Nord Ouest et qui interdisent à Alassane Ouattara de vouloir, même en rêve, d’étendre ses tentacules fiscales sur les 60% du territoire qu’ils administrent.

L’information a été rendue publique sur l’un des nombreux sites favorables à Alassane Ouattara par un confrère. En mission dans le nord du pays, précisément à Ponondougou, il livre un bout très significatif de la communication téléphonique que lui a transmise un des soldats restés en poste à Korhogo avant d’en tirer les conséquences désastreuses pour l’économie du pays. Avant d’y ajouter quelques observations, nous vous livrons entièrement cette information telle que nous l’avons récupéré pour vous sur la toile :

« Il faut leur dire que nous, on continue notre boulot tranquillement, tous les régisseurs sont en place, la Centrale (Ministère des Finances des ex rebelles, Ndlr) ici à Korhogo fonctionne correctement. Les entrées d’argent du port suffisent à Ouattara et à ses amis blancs. Ils veulent fermer nos postes, mais qu’ils arrêtent d’abord les tickets de Wattao au port d’Abidjan et des autres à San-Pedro. Wattao taxe les camions vides à 5000 Fcfa et les camions remplis à 10.000 Fcfa, est-ce que eux ils ne voient pas ça ? Et c’est nous ici, qu’ils viennent emmerder. Dernièrement nos éléments ont reçu 100.000 FCFA à la CTK, mais toi-même tu es journaliste vieux-père, est-ce que c’est normal ça, cent mille pour tout le travail qu’on a fait. Nos frères et amis sont tombés (mort, Ndlr) au front, leurs parents n’ont rien reçu, mais Soro et Ouattara parce que l’armée française les soutiennent pensent qu’ils peuvent nous forcer à déposer les armes et puis fermer la Centrale. Eux, ils ont leurs milliards, nous on a nos régisseurs aux postes frontaliers. Je répète, l’argent du port suffit à Ouattara et à ses amis. Ils nous ont trompé eux tous, on a compris ça depuis la mort du Major (IB), on va te recontacter frère, y a des choses que tu dois savoir. »
Avant d’ajouter sa propre analyse Hervé Coulibaly, le confrère en question, précise que telle est la teneur des propos d’un soldat FRCI, ancien des Forces nouvelles qu’il a eu au téléphone depuis la localité de Ponondougou dans le nord de la Côte-d’Ivoire le samedi 16 juillet dernier. Alors le commentaire qui suit est révélateur des difficultés de gouvernance dont le journaliste prend conscience à son corps défendant.
« Au mois de juin, nous vous faisions cas du refus des hommes du commandant « rebelle » Fofié Kouakou, de laisser les postes de contrôles frontaliers aux fonctionnaires des douanes, affectés depuis Abidjan. Ceux-ci avaient d’ailleurs été menacés et sommés sous la menace des armes de retourner d’où ils venaient. Un mois plus-tard, nous sommes repartis aux nouvelles. Le constat est que le statu quo demeure, « les douaniers de Ouattara » ne sont toujours pas les bienvenus dans le « Soroland ». Ainsi, des difficultés budgétaires pour le gouvernement Ouattara pointent déjà à l’horizon. L’information sur cette crainte, circule déjà dans les milieux économiques ivoiriens. On comprend mieux tout le sens de l’annonce faite la semaine dernière par le gouvernement Ouattara, sur son incapacité à faire face au service du remboursement de la dette contractée auprès du Club de Paris, pour l’exercice 2011. Cette dette s’élève à 2,3 milliards de dollars US, plus de mille cent (1.100) milliards de FCFA. »
Pour un journaliste pro Ouattara, l’analyse est très courageuse et bien pertinente. Elle nous fait savoir de prime abord que l’enlèvement de Laurent Gbagbo n’a pas suffi à établir le pouvoir de l’Etat sur l’entièreté du territoire national. Et que mieux les rebelles continuent de l’être, cette fois contre Alassane Dramane Ouattara qui manque ainsi de réaliser l’une de ses promesses électorales : diriger toute la Côte d’Ivoire depuis le sud. Voilà donc Ouattara, selon le confrère, contraint de se contenter des apports financiers de 40% du territoire et pouvant à peine faire mieux que Laurent Gbagbo.
En revanche, la où cette observation ne creuse pas en profondeur la boutade du rebelle jouissant des deniers publics des zones CNO, c’est que depuis la fin de la crise post électorale, les frontières économiques ou fiscales de la rébellion en Cote d’ivoire ne sont pas restées figées. Elles se sont déplacées au sud. Puisque le rebelle qui semble en savoir beaucoup décrit même la façon dont Watao et consorts qui ont déplacé leurs quartiers à Abidjan rongent les prérogatives fiscales de l’Etat. A la limite, le pouvoir de Ouattara n’est pas seulement interdit de faire des prélèvements fiscaux dans le nord du pays. Les caisses publiques du trésor souffrent aussi de la généralisation de la rébellion.
Sous cet angle, les difficultés de gestion d’Alassane Ouattara deviennent plus compréhensibles. Sinon c’est avec le handicap d’un nord non imposable que Laurent Gbagbo a dirigé le pays en remboursant les dettes et sans emprunter un rond aux clubs de Paris et de Londres. Aujourd’hui le fait que le ministre Charles Koffi Diby ait des problèmes budgétaires, qu’il ne puisse plus faire face au service du remboursement de la dette, qu’il supprime les primes que le régime précédant versait même aux ex rebelles, montre que Ouattara n’a pas qu’hérité d’un nord rebelle. Il lui est interdit d’y accéder.
L’ex rébellion est présente dans toutes les contrées du pays. Et elle s’exprime, pour subvenir à ses propres besoins, par des prélèvements parallèles. Entre temps, le trésor public reste constamment asséché parce que le payement des vignettes est suspendu, les commissariats, les mairies des zones CNO ne rapportent plus rien à l’Etat parce qu’ils sont rarement fonctionnels.

Joseph Marat

Wade avoue : Ouattara c’est le chaos


Dans une interview qu’il a accordé au quotidien français la Croix, le président Sénégalais sur la question de son départ dit précisément ceci : « Non, car mon départ créerait au Sénégal un chaos pire qu’en Côte d’Ivoire. Qui pourrait me remplacer « maintenant » ? Personne de crédible. » Nous lisons bien qu’Aboulaye Wade trouve que la situation est chaotique actuellement en Cote d’Ivoire. Et que son départ du pouvoir entrainerait une situation plus catastrophique au Sénégal.
On en était à penser que compte tenu de son âge et des expériences accumulées en politique on avait forcément tort contre son avis. Ahmadou Hampate Ba disait qu’un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brule. On était donc en droit de vénérée en Wade, une bibliothèque politique encore vivante. Que non ! Les sorties du chef de l’Etat sénégalais déroutent régulièrement le bon sens élémentaire. Il n’y a pas longtemps, contre l’avis de tous ses pairs africains, il s’est rendu en Libye soutenir les rebelles. Dans ce pays de tradition démocratique qu’est le Sénégal, il veut instaurer une succession de type monarchique et se faire élire au premier tour juste avec 25% des votants. Aujourd’hui il pense même qu’a part son fils Karim et lui personne ne peut diriger le Sénégal.
Quand on mesure la détermination avec laquelle Wade a porté à bout de bras la rébellion, on pensait qu’il se battait pour le salut du peuple ivoirien. On était loin de penser qu’il était conscient qu’en prenant la tête de la croisade contre Laurent Gbagbo, il ruinait les fondements d’un pays ami. La véritable sorcellerie est rarement là où on croit la trouver.

Joseph Marat

La France au pouvoir en Cote d’Ivoire



François Fillon n’a pas porté les gants de la diplomatie pour dire, devant son hôte hilare et applaudissant que c’est la France qui paye désormais les salaires en Cote d’Ivoire. Il n’y a pas plusieurs façons de dire que la France est désormais aux commandes de l’Etat ivoirien. Les faits qui attestent ce retour en force de la France dans son ancienne colonie sont légions et crèvent les yeux. En tout cas, on n’a jamais vu autant d’officiels français défiler en un temps record dans un pays africain. Minutieusement programmé, chaque visite au pas de course a répondu à un objectif bien précis. Le tout concourant évidemment à renforcer les assises de l’occupation totale du terrain.
Nicolas Sarkozy et Alain jupé étaient à l’investiture d’Alassane Ouattara pour sceller les accords politiques marquant le tutorat de la France sur le territoire ivoirien. C’était inédit. On a rarement vu autant de chefs d’Etats au mètre carré lors d’une investiture en Afrique. Sarkozy a battu le rappel des troupes pour sceller le sort des ivoiriens devant témoin. Même le secrétaire Général de l’ONU, qu’on n’a presque jamais vu à ce genre de cérémonie, a fait le déplacement pour donner une caution internationale à la razzia politique de Sarkozy. Il ne pouvait pas en être autrement. Les dernières élections présidentielles en Côte d’Ivoire ont montré à quel point la France était frileuse de perdre totalement ce territoire d’outre-mer. Sur ce pays, la droite et la gauche politique françaises ont su taire leurs divergences pour renier ensemble les valeurs de la démocratie. Leur promotion à travers le recomptage des voies leur aurait fait perdre la face. La France de la liberté, de la fraternité, de l’humanisme tout court s’est déculottée en Côte d’Ivoire en optant pour la guerre totale et aveugle pour régler une crise postélectorale. A ces heures de crise économique mondialisée, le retour aux valeurs coloniales constitue pour la France une aubaine, une porte de sortie heureuse et honorable qui lui permettra de continuer à tenir son rang dans le concert des nations puissantes. Le 21 mai dernier, l’investiture d’Alassane Ouattara marquait donc la seconde alliance de colonisation de la France et de la Cote d’Ivoire.
Sarkozy et Jupé ont laissé le tapis rouge quelque temps plus tard à Gérard Longuet le ministre de la défense française. Sa mission s’est résumée à ficeler la sécurité du nouveau territoire conquis. On remarquera que c’est juste après son départ, certainement après qu’il ait apposé sa signature sur le parapheur qu’on s’est rendu compte enfin du déséquilibre sécuritaire dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Il est prévu, avec le concours de la France à hauteur de deux milliards de nos francs, la construction de huit bases militaires. Aujourd’hui la garde rapprochée du Président de la République est l’affaire de la France. C’est désormais un secret de polichinelle que les chefs de guerre ivoiriens qui ont fait le roi n’ont plus droit au périmètre présidentiel que bétonne un aide de camp français. Pour rencontrer le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, il faut désormais passer par l’armée française.
Deux semaines après Gérard Longuet envoyé en éclaireur, le premier ministre François Fillon est venu parachever la mise sous tutelle de la Cote d’Ivoire par la France. Le rôle de ce dernier a consisté à revisiter tous les contrats économiques qui vont permettre à la petite France de rentrer dans les fonds de sa campagne militaire et politique en Côte d’Ivoire. Sa délégation était forte de deux cents personnes dont une cinquantaine d’hommes d’affaires. Objectif immédiat, mettre la main sur tous les contrats juteux du pays. La Sir a été la première société à passer à la trappe. Les Angolais ont été mis à la porte. Ceux qui doutaient des enjeux pétrolifères de cet acharnement de la France sont bien servis. Fait curieux tout de même, qui n’est pas passé inaperçu, le déplacement de monsieur Fillon au Ghana pour s’assurer auprès des autorités ghanéennes que les intérêts de la France ne seront pas attaqués à partir de ce territoire. Il nous reste maintenant à aller revendiquer la nationalité Française.

Joseph Marat

Le retour en force de la colonisation

Après cent jours dans le palais qu’il a tant convoité, Alassane Ouattara a suffisamment imprimé sa marque à la vie politique nationale. L’observateur attentif n’a pas d’effort à faire pour remarquer le retour en force des colons. La France de la colonisation est de retour. On en avait les prémisses depuis bien longtemps. La frénésie sourde qui s’est emparée de Chirac et ensuite de Sarkozy, depuis que Laurent Gbagbo s’était mis en tête de se battre pour la liberté effective des ivoiriens, était nettement prémonitoire de la volonté des Français de recoloniser ce territoire d’outre-mer. Le 11 avril dernier marquait l’aboutissement matériel de leur plan diabolique : ré-confisquer la liberté du peuple ivoirien. Depuis, les signes ostentatoires de cette recolonisation ne se comptent plus.
Alassane Dramane Ouattara, l’instrument de ce retour aux valeurs coloniales, n’a pas attendu longtemps pour montrer au peuple ivoirien qu’il venait de perdre sa souveraineté. L’homme a confié sa garde rapprochée et la gestion de son armée à un gradé de seconde zone de l’armée française et à l’onuci. Lui qui dit avoir été élu à plus de 60% dans les casernes, a perdu la confiance en ses électeurs. Et La France n’a pas envie de perdre de sitôt la poule aux œufs d’or. Ils ont bétonné sa sécurité monnayant près de 21 milliards sur les taxes de capitation que nous devons verser désormais.
Deuxième signe et non des moindres de ce retour en force de la France en Cote d’ivoire, c’est le défilé des officiels français dans cet intervalle de trois mois. On en reçoit pratiquement un par mois qui vient visiter la nouvelle terre d’espérance française. Nicolas sarkozy lui-même est venu le jour de l’investiture de Ouattara avec son ministre des affaires étrangères pour assister à l’investiture du ‘’préfet’’ (on le tient de la tantie Henriette Diabaté) du cent deuxième département de la France. Un déplacement à valeur essentiellement politique pour sceller le sort de la Cote d’Ivoire qui retourne plus que jamais dans le giron de la république française. Ce ne sera plus surprenant que l’ordre du jour des conseils des ministres ivoirien se décide à l’Elysée.
Deux mois plus tard, Gérard Longuet viendra discuter du bouclage militaire du territoire. La création d’une dizaine de camps militaires dans l’ouest du pays en est une conséquence notable. La région est riche et instable à la fois. Il faut donc sécuriser l’exploitation de cette partie du pays. C’est à croire qu’on a planifié les nombreux crimes dans cette partie du pays pour mieux spolier les autochtones.
François Fillon qui vient à peine de rentrer a fait deux jours en Cote d’Ivoire. C’est largement suffisant pour revisiter tous les contrats économiques qui leur ont échappés dans la « folie » de souveraineté de Laurent Gbagbo. La coïncidence de l’expulsion de l’Angola de la Sir n’est pas fortuite. Sur l’ensemble des entreprises sinistrées en cote d’Ivoire, seules les françaises bénéficient d’une attention particulière. La moitié des prêts faits par la France et que les contribuables ivoiriens auront à rembourser, doit servir à la réhabilitation des entreprises françaises en Cote d’ivoire.
On aura tout compris, notre sort est désormais celui de nos aïeux d’avant 1960. On aura remarqué qu’il n’y a que la France, sur les 193 Etats que compte le monde, qui nous visite. De pré carré qu’elle était, la Cote d’Ivoire est devenue, depuis l’accession brutale de Ouattara au pouvoir, une colonie Française. Elle ne peut plus rien faire sans la France. Les cent derniers jours qu’il a passé au pouvoir ont largement suffis pour nous en convaincre.

Joseph Marat

LES PHASES DE L’INTERVENTION MILITAIRE FRANÇAISE EN COTE D’IVOIRE.


Christophe Barbier : « Nous ferons payer la facture à ceux pour qui nous faisons ‘’la guerre’’ »

On ne finira jamais d’épiloguer sur la façon dont les autorités françaises installent Alassane Ouattara au pouvoir en Cote D’ivoire. Elles ont beau nié leur rôle dans le kidnapping de Laurent Gbagbo, les faits et les intérêts bassement matériels qu’elles reconnaissent quelques fois les trahissent.

Première phase, fin mars : « La France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara » (Canard Enchaîné, 6 avril 2011). Un officier supérieur, « proche de l’Élysée », vante « notre efficacité dans l’organisation de la descente sur Abidjan ». Un autre, « membre des services de renseignement », confie : « On a fourni des conseils tactiques aux FRCI [Forces républicaines de Côte d’Ivoire] », mais aussi « des munitions et des Famas ». Cette confidence rappelle le témoignage – forcément sujet à caution – d’un ancien com’zone de la rébellion, Abdoulaye Traoré, sur l’aide apportée par des officiers français en 2003, qui « signalaient les dispositifs de l’adversaire et distribuaient les armes à des points précis » (www.lebanco.net, 13 août 2010). Notons, lors de cette première phase, le très faible écho dans nos médias de la mort de Philippe Rémond, seule victime française (La Croix, 04 avril). Cette victime d’un assassinat – vraisemblablement ciblé – au lendemain de l’entrée des forces pro-Ouattara dans la capitale politique, Yamoussoukro, présentait sans doute le défaut d’avoir dénoncé, depuis longtemps, l’ingérence française dans la crise ivoirienne.
Deuxième phase, les bombardements par les hélicoptères de Licorne et de l’ONUCI. Après que les rebelles se furent regroupés à la lisière d’Abidjan, Ouattara a demandé à Ban Ki-moon la destruction des armes lourdes des forces de Gbagbo. Demande répercutée à Sarkozy, qui donne le feu vert. Les premières frappes de l’ONU, le 4 avril, concernent des camps militaires. Mais selon le Canard Enchaîné, les hélicos frappent aussi « au passage des objectifs aussi stratégiques que le CHU et un supermarché du quartier de Cocody » ! Autres cibles, le bâtiment de la radiotélévision, les bâtiments présidentiels et une base de bateaux-bus qui servaient à transporter les jeunes patriotes.
Au bout d’une semaine de pilonnages répétés, et d’assauts, repoussés, des FRCI contre les forces de Gbagbo, l’assaut final a été donné. Les moyens utilisés selon l’amiral Guillaud, chef d’état-major des armées : quelques milliers d’obus de 20 mm, une dizaine de missiles HOT, une vingtaine de véhicules blindés et plus de 200 soldats français. Depuis son lancement en 2002, l’opération Licorne a coûté entre un et deux milliards d’euros. Quel retour sur investissement peut en attendre l’Élysée ? Christophe Barbier (LCI, 05 avril) donne des pistes. « Nous ferons payer la facture à ceux pour qui nous faisons ce travail difficile, douloureux, qu’est l’action militaire. D’abord nos alliés […] et puis les pays que nous libérons. La Libye, la Côte d’Ivoire, ce sont des pays qui ont des ressources. Ces pays nous rembourseront en avantages, notamment en matières premières, en énergie par exemple. Ils pourront aussi nous acheter des matériels militaires [...] Nous allons, sans être cynique, améliorer nos matériels, améliorer nos méthodes. Avec l’expérience retirée de ces conflits, ça nous permettra d’être encore plus compétitifs sur ce marché […] qu’est la vente des armes. »
Ajoutons que le Canard, notant les équipements tout neufs des FRCI, rapporte des témoignages et documents montrant que « des proches de Ouattara ont monnayé, en 2009 et en 2010, d’importantes quantités d’or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de... l’ONU. »

Par Rafik Houra source : Survie.org

On risque de payer la facture de la guerre en Libye

Ne nous leurrons pas. Nous sommes dans des conflits d’intérêts éclatés. La France est un ogre et son cynisme est aussi dévastateur que son appétit. Qu’un journaliste parmi les plus avertis de France pense que son pays fera payer aux pays dans lesquels et pour lesquels elle mobilise son armée doit nous interpeller. C’est normal. Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. Alors si des rebelles dans des contrées diverses sollicitent la France pour les aider à prendre le pouvoir d’Etat dans leur pays, ce n’est certainement pas pour leur beaux yeux ou pour des valeurs désintéressées d’humanisme qu’elle s’engage à coté d’eux. Quand elle engage ses médias, son armée et sa diplomatie, c’est forcement pour en tirer des dividendes. Elles aussi, elle a ses chômeurs, ses désœuvrés et ses nombreuses charges à assumer.
Le souci aujourd’hui c’est que la petite France est sur deux fronts en Afrique. Elle a réussi à installer son homme en Cote d’Ivoire. A ce niveau l’affaire est presque dans le sac. La Cote d’ivoire va servir de vache à lait à la France en remboursant au-delà de ce qu’elle aura mis dans la guerre depuis 2002. Mais en Libye la guerre s’enlise et il n’est pas sûr qu’elle se termine comme ici. Alors question qui paiera les factures de la guerre en Libye si la France y échoue ? La nature a horreur du vide et aime les raccourcis. Apprêtons-nous à régler aussi les factures de la guerre contre Kadhafi. Souvenez vous que le sud a payé durant 10 ans les factures sodeci cie des zones cno.
Joseph Marat

lundi, 25 juillet 2011

La démocratie des armes n’existe pas

C’est un philosophe français du 17e siècle René Descartes qui a dit que le bon sens est la chose la mieux partagée au monde. Aujourd’hui, il me semble qu’il n’est plus pertinent. C’est la folie qui est désormais la chose la mieux vendue à travers l’armada médiatique de la planète pour le triomphe des causes irrationnelles. Sinon qui peut mesurer la dose de bon sens dans l’idée qu’il faut faire la guerre, susciter et soutenir des rébellions pour imposer la démocratie. Tuer le peuple pour qu’advienne le pouvoir du peuple ou le pouvoir du peuple par les armes, cela n’a pas de sens.
Celui qui a acquis son pouvoir par les biceps a-t-il des comptes à rendre à un peuple. Surtout quand celui-ci, oblige le conquérant, d’appels à la révolution las, à recourir aux armes. Le peuple lui-même sait qu’il ne peut rien attendre de celui qui s’est passé de lui. Voilà où le bât blesse, quant on les entend parler de démocratie la Kalachnikov au point. Pourquoi ne pas carrément assumer sans complexe le choix de faire une croisade contre la démocratie et les libertés dans les pays africains. Ce ne sera pas nouveau. C’est la guerre des intérêts bassement matériels et déshumanisants qui a présidé le commerce triangulaire et la colonisation.
C’est vil et nauséeux de dénier aux africains un minimum de sens critique, au point de leur faire croire que celui qui s’impose par les armes est plus démocrate que celui qui est venu au pouvoir suite à un soulèvement populaire. Que Laurent Gbagbo le prêtre de la liberté à la limite de l’inexpérience soit un dictateur cela sent à mile lieux la mauvaise foi. Mais le peuple n’est pas dupe face à cette histoire de crise postélectorale qu’on résout à coup de violence, pillage, crime, séquestration, enlèvement et emprisonnement abusif sous le fallacieux prétexte d’instaurer la démo-cratie. Il attend que l’euphorie des armes tombe et que le bon sens qui nous habite par ailleurs tous prenne ses droits. Alors seulement, l’histoire se remettra en marche dans le bon sens.

Joseph Marat

vendredi, 22 juillet 2011

Isaïe Biton Coulibaly un ami dangereux


Dans ce pays où on fait tout pour marquer et utiliser les traits des clivages ethniques, patronymiques ou autres, il y a des amitiés qui font rêver. Surtout quand l’un des amis à l’occasion d’une émission de télé, alors que rien ne l’y oblige, dans des envolées lyriques, célèbre l’autre. Et montre à quel point il est fier d’être l’ami d’un homme exceptionnellement chaleureux, humaniste avec un sens élevé de l’amitié. Des photos à l’appui s’il vous plait. Ces instants de cette émission consacrée à Isaïe Biton Coulibaly sont tellement cathartique qu’on guéri même des complexes politico-ethnologiques bidons qui voudraient catégoriser les ivoiriens. On avait là deux humains, deux ivoiriens pleins d’estime l’un pour l’autre à en croire la vedette de l’émission. Cela m’a donné à penser que Biton est vraiment un grand homme de culture parce que cette relation avec Laurent Gbagbo d’avant le 11 avril 2011, ne m’a pas semblé être une relation d’affidé ou de ruse. L’homme a montré qu’il était dans une relation transcendantale avec le chef de l’Etat d’alors. L’estime en était encore plus grand parce qu’il a montré qu’il pouvait avoir le même type de relation avec n’importe quel homme politique du pays sans être catégorisé.
J’en étais donc là quand j’ai lu les samedis de Biton du samedi 25 juin dernier. Hors mis le fait que l’homme demeure un homme de métier qui s’est, cette fois, quelque peu mélangé les pinceaux (le rapport entre l’intégration africaine et le suicide de Ba Bemba face à la capture de Samory Touré, la conquête coloniale, le panafricanisme de Nkrumah et les actions actuelles du gouvernement Soro-Ouattara, me semble un peu tiré par les cheveux) j’ai trouvé qu’il envoyait de façon subliminale un message paradoxale à « son ami Laurent Gbagbo ». Il y a des moments ou des circonstances qui trahissent souvent nos pensées en leurs faisant dires autre chose que ce qu’on a en réalité dit. Ecrire sans lapsus, juste 2 mois et demi après la chute de Laurent Gbagbo que le plus estimé et le plus estimable de tous les résistants, c’est Ba Bemba, on n’a besoin de lire Freud pour comprendre que « l’ami de Laurent Gbagbo » est triste et gêné qu’il ait survécu à l’attaque française du 11 avril 2011. Cher ami Bidon, que dis-je, cher ami Biton, tu es pour Gbagbo un ami dangereux. Et je t’ai surestimé. Sinon tu aurais su que quand on est mort, on ne résiste plus.
Joseph Marat

A propos des 55 soldats pro Gbagbo arrêtés au Ghana


« Menace de déstabilisation : 55 ex-combattant ivoiriens arrêté au Ghana », voici le flop qui barrait la Une de certains journaux parmi les plus sérieux de la place le mercredi 20 juillet dernier. N’eut été le souci de booster un peu le moral des ivoiriens qui souffrent déjà suffisamment de la psychose qu’on leur sert quotidiennement depuis le 11 avril passé, on aurait fait comme si ces unes n’avaient pas existé. Mais cela n’a rien couté pour comprendre que cette prétendue capture de 55 soldats pro Gbagbo au Ghana est un coup de communication mal ficelé autour d’un gros mensonge d’Etat. De sources concordantes il n’en est rien. Les officines de rumeurs se sont simplement remises au travail pour équilibrer quelque peu le tsunami de réprobations qui s’abat sur un régime qui ne sait même pas être dictatorial.
Ce qu’on a voulu faire passer pour un scoop de pointe, n’est en fait qu’une vieille information réchauffée pour la circonstance pour cacher l’incompétence notoire qui caractérise la gestion actuelle de l’Etat de Cote d’ivoire. Selon les sources proches du chef de l’Etat lui-même, les soldats dont il est question, à moins qu’on ne nous serve l’une de ces mises en scène macabres de personnes séquestrées, n’existent pas. S’ils avaient existé, ce qui est probable, la source fait comprendre que se sont les soldats qui avaient été surpris par l’attaque de la coalition international ONUCI-Licorne dès les premières heures de la guerre postélectorale et qui en essayant de traverser la frontière Ghanéenne du coté de Boudoukou ont été presque tous éliminés. Pour ceux qui ont réussi à atteindre le Ghana, il faut qu’ils soient pires que les zozos des rues d’Abidjan pour se promener en grappe avec leurs armes dans les rues d’Accra et se faire cueillir comme des novices.
Alors en attendant que la diplomatie Ghanéenne ne s’actionne elle-même pour démentir cette machination sulfureuse, on s’interroge sur les véritables enjeux de cette information. Les ivoiriens peinent à voir le bout du tunnel avec ce régime qui a érigé les slogans démagogiques en programme de société. Pouvait-il en être autrement ? Quand on a consacré sa vie politique dans l’opposition à comploter au lieu de réfléchir aux véritables solutions sociales de ses concitoyens, on ne peut que leur servir ce qu’on a préparé. Les complots à la place d’un véritable programme de société.
Les étudiants sont retournés à la terre laissant les cités universitaires à des dozos. Le chômage on n’ose même pas en parler. Avant d’embaucher, On s’accorde un petit mandat de licenciement abusif pour assouvir le désir compulsionnel de régler le compte de ceux qui ont osé gagner leur pain sous le régime Gbagbo. On dit que les soins sont gratuits, mais on n’a cure de savoir que ce ne sont pas les ordonnances médicales qui soignent. Quant à la question sécuritaire, c’est actuellement la foire au banditisme. Il a conquis le pouvoir d’Etat et le premier des soucis c’est l’aménagement des prisons pour y enfermer tous les honnêtes opposants. Pour l’éducation des ivoiriens on a trouvé Kandia Camara… Politiquement la tension est à couper au couteau parce qu’on a décidé d’érigé la vengeance mesquine en programme de gouvernement. Pour ce qui est du développement économique du pays, il faut repasser plus tard. C’est la bérézina pour la Cote d’Ivoire et le jackpot pour la France. Sarkozy, Jupe, Longuet, Fillon sont tous déjà venus. Mais aucun n’a été préoccupé par le sort des ivoiriens. Si ! Ils ont envoyé Fillon pour dire qu’ils renouvelleront la force de travail des esclaves en assurant au moins les salaires.
En somme, avec un projet de société et un programme de gouvernement qui tienne à peine sur 02 feuillets, une équipe constituée de personnes rongées par la myopie intellectuelle, on peut comprendre qu’on ait rien à proposer aux ivoiriens. Mais alors de grâce, les conquistadors de notre jeune histoire peuvent-ils continuer leur commerce triangulaire et laisser les ivoiriens ronger leur frein dans l’attente de leur rédemption.
Joseph Marat