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samedi, 06 août 2011

La politique des roturiers


La politique en tant que concept vient de l’étymologie grecque polis qui veut dire cité. Et l’académicien ajoute que dans son sens ordinaire et philosophique le mot renvoie à l’art de gouverner la cité, de diriger l’Etat. Je me souviens que quelqu’un avait dit que la politique est un métier. J’en déduis qu’on ne devient pas politicien parce qu’un jour, on a été parachuté à la tête d’un gouvernement pour gérer l’aspect technocratique d’une crise. C’est comme le caddy d’un golfeur, il porte les clubs du joueur et parcourt les cours de jeu avec lui. Il assiste en tant que témoin privilégié à tous les grands exploits du joueur. Mais cela ne fait pas forcement de lui l’héritier du talent de celui qu’il a servi. On ne devient pas forcement professeur parce qu’on a porté le sac du prof, conducteur de Gbaka, parce qu’on a été un balanceur. Il faut avoir appris le métier. Il y en a qui s’adonne à des activités sans en avoir étudié les rudiments. On comprend qu’ils soient médiocres. Il en va de même pour la politique. C’est un art. Il ne suffit d’avoir été ministre d’Houphouët pour faire ce qu’il a fait en politique.
Ce qu’il y a de noble dans le métier du politicien c’est ce qu’il fait pour donner un visage humain à tout ce qu’il pose comme acte. Comment faire pour agir dans l’intérêt de la majorité sans piétiner la minorité ? Quand on connait un bout des passions contradictoires qui animent les hommes, objet principal de la politique, on perçoit que c’est un métier complexe qui nécessite qu’on ait suffisamment de culture pour ne pas mettre en mal l’équilibre social. Pour ne pas gouverner pour un camp contre l’autre. Pour ce faire, il faut être à la fois humain et désincarné. Humain, parce que porteur des valeurs humanistes d’amour, de respect de la vie de tout Homme. Désincarné, c'est-à-dire désintéressé et au dessus des passions mesquines de vengeances qui animent généralement les hommes de la caverne. Mais des roturiers à la tête d’un Etat, ça donne ce qu’on vit au Gondouana.

Joseph Marat

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