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samedi, 20 août 2011

Quand la niaiserie s’en mêle



« Sur la question récurrente de la libération de l’ex-chef d’Etat et de ses codétenus pour, dit-on, sceller la réconciliation nationale, Bruno Koné a laissé entendre qu’il n’a pas l’impression que c’est la préoccupation de la majorité des ivoiriens plutôt confrontés aux problèmes de chômage, de nourriture, de logement, de route, de scolarisation de leurs enfants, de cohésion sociale… » Ce sont là les propos d’un ministre de la République rapportés par un journaliste de Frat-Mat qui, apparemment, aura fait de son mieux pour porter le fardeau de la cohésion sociale. Il a associé l’idée que de la libération de Gbagbo et de ses compagnons dépend la cohésion sociale. Celui qui surprend dans sa réponse, c’est le ministre Koné Bruno porte-parole du gouvernement. Mais d’où nous vient-il encore celui-là pour personnifier à ce point le manque de sens politique et la niaiserie tout court ? C’est à croire qu’on les a triés. Il n’y a personne parmi eux qui puisse lever le petit doigt pour arrêter les scarifications qu’ils creusent dans le tissu social du pays. A l’image de la horde de rebelles qui ont assailli le pays en 2002, ils ont fait irruption dans la politique en ignorant ses règles élémentaires. Quand on les entend parler, on se demande même s’ils lisent un livre par an sur l’évolution des sociétés qu’ils prétendent diriger.
Ce n’est pas parce qu’on est pro Gbagbo qu’on le dit. Mais que le porte-parole du gouvernement sache que Laurent Gbagbo et son épouse Simone jouissent, selon la constitution de Côte d’Ivoire, de ce qu’on appelle "immunité". Le premier parce qu’il est ancien chef d’Etat et d’office membre du conseil constitutionnel, la dernière parce que présidente d’un important groupe parlementaire. Ce sont des élus du peuple. Alors monsieur le ministre, ce n’est pas en violant, comme des voyous la constitution d’un peuple qu’on s’occupe au mieux de sa cohésion. Et j’ajoute que gouverner pour la majorité, c’est forcément gouverner pour un clan. Ce n’est pas à cela qu’est appelé un gouvernement sérieux. Surtout quand dans des pires calculs on attribue à la prétendue minorité le taux de 46%.

JOSEPH MARAT

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