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samedi, 20 août 2011

Une éthique pour des personnes sans éthique


«Notre pays a souffert pendant trop longtemps de pratiques illicites qui ont porté atteinte à la crédibilité de notre gouvernement. La corruption, la course effrénée à l’enrichissement illicite, le népotisme et les détournements en tous genres ont été érigés en mode de gestion». C’est par ces mots que Alassane Dramane Ouattara marque son indignation et met en place une charte du nord, pardon, une charte d’éthique devant laquelle ses 36 ministres se sont prêtés au jeu des acteurs les plus chevronnés de la place. On évitera de faire la fine bouche pour dire bravo Ali Baba, que dis-je, bravo Alassane. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Devant ce qui me paraissait donc être une eau de jouvence morale pour les forces nouvelles politiques de Cote d’ivoire, j’ai dépoussiéré l’un de mes dictionnaires de l’étymologie grecque pour une hygiène de l’interprétation de la situation. Après avoir dit qu’il vient d’ethos qui veut dire mœurs et qu’il est synonyme de morale, l’académicien donne une suite d’autres significations données par des grands penseurs. Parmi elles, je retiens celle d’Aristote qui dit que l’éthique est une « science pratique ayant pour objet l’action de l’homme en tant qu’être de raison et pour fin la vertu dans la conduite de la vie ». Je me suis dit : quel esprit saint a bien pu inspirer Alassane Ouattara pour qu’il se dise qu’il est temps de descendre du sommet de l’irraison ? On était arrivé à penser que la raison et la vertu avaient disparu de la pratique politique en Cote d’Ivoire avec l’avènement de la rébellion. Alors je me suis dit, Ouattara va enfin déclarer ses biens et peut-être nous instruire de la façon dont on devient warifatchè après quelques années à la primature d’un pays sous développé. Il va enfin libérer les innocents captifs dans ses geôles de nord et incarcérer les rebelles qui continuent, sur son appel irrationnel, de rendre le pays ingouvernable. Il va s’en dire qu’il va se démettre lui-même au nom du dieu de la morale qui le visite enfin. Sans cela, qu’on n’empêche personne de penser qu’on n’a que faire de la morale de personnes sans éthique.

Joseph Marat

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