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mardi, 30 août 2011

Vous avez dit exclusion, tribalisme…et voie de disparition !


C’est le journal Le patriote qui nous met la puce à l’oreille. Il faut reconnaître qu’en la matière, ce journal a rarement failli à sa mission. On se souvient tous que juste avant la rébellion de 2002 et juste après le tract de la charte du nord, ce journal avait divisé sur sa Une la carte de la Côte d’Ivoire en deux. La suite, on la connait tous. La ligne de front balafrant encore ce pays a copié cette maudite carte. Il y a un adage qui dit : « même si tu n’aimes pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court vite ». Les messages du journal Le Patriote sont les signaux des officines. Il nous dit clairement ce que les officiels n’osent pas dire, mais qu’ils travaillent à faire advenir.
Depuis le 11 avril 2011, la société ivoirienne a muté. 60 ethnies, 19 régions, c’est désormais du pipo. Et c’est le journal d’Ahmed Bakayoko qui nous l’apprend. Prenez le numéro 3528 du mardi 23 août dernier. A la page 3 de ce quotidien qui est devenu un journal ‘’gouvernemental’’ on a réalisé un panel de 7 personnes qui ont été appelées à juger l’action des Frci. Le titre du panel est : Le oui, mais… des populations. Or voici un échantillonnage de la population interrogée: Koné Abdoul Karim, Keita Mamadou, Touré Naminata, Kamagaté Youssouf, Baro Seydou, Coulibaly Ballo, Kamara Boiké. Ils ont tous trouvé, malgré le bémol du titre, que les Frci sont des sauveurs.
Un panel autour d’une question aussi cruciale que le comportement d’une armée qui se veut nationale ne peut être fait avec autant de légèretés sans véhiculer un message subliminal autour de notre destin à tous. Un jour de l’an 1492 Christophe Colomb découvre l’Amérique. Cinq siècles plus tard, les Indiens qui occupaient ce territoire sont en voie de disparition. Le Patriote avait déjà annoncé la partition de ce pays. N’est-il pas en train de nous dire que les Bété, Baoulé, Attié, Guéré, Gouro, Agni, Djimini, Abidji, Dida… doivent se préparer à disparaître ? Surtout que la composition du gouvernement n’est guère rassurante.

Joseph Marat

Contre Gbagbo, Ouattara ne se venge pas



On commet souvent l’erreur de langage de dire qu’Alassane Ouattara se venge de Laurent Gbagbo. C’est un abus. On croit faire la morale à ceux qui aujourd’hui assouvissent leur instinct de cruauté sur des personnes qui, dans un monde civilisé, auraient mérité largement des égards de leur part. Mais on se trompe parce que Ouattara ne se venge pas.
La vengeance est encore un sentiment noble pour lui. Voyez dans les grandes réalisations cinématographiques, le héros se venge quelquefois du chef bandit et cela répond à une attente. Dans l’histoire de ce pays, Ouattara est loin d’être un héros et Gbagbo loin d’être un chef bandit. On a quelquefois le sentiment, devant les déboires subis par quelqu’un, d’espérer que son heure arrive. L’heure où il a le choix entre la hauteur et la platitude de son humanité. Dans le dernier cas on a presque l’impression que c’est normal. On est soulagé qu’il ait pris sa revanche sur le sort. Mais ça s’arrête là. Ce sont des moments de gloire éphémères. On est vite effacé par l’histoire lorsqu’on n’est qu’un homme ordinaire assouvissant son instinct naturel de vengeance. Dans le choix de la hauteur, là où on opte de prendre le dessus, de sublimer ses pulsions rétrogrades pour regarder le bourreau comme un instrument et lui pardonner, l’histoire ouvre grandement ses portes et on devient immortel. Les pages de l’histoire se laissent perler par les noms des hommes qui ont sublimé leurs instincts réactifs pour tirer l’humanité vers le haut. C’est de ces pages de l’histoire où les hommes sont devenus mythiques pour avoir renoncé à la vengeance qu’on tire des noms comme Gandhi, Luther King, Mandela…et certainement Gbagbo pour ceux qui connaissent l’histoire de la Côte d’Ivoire.
Ce que Ouattara fait ne relève pas de la vengeance parce qu’on ne se venge pas de son bienfaiteur. On aurait compris que Ouattara se venge. Il n’aurait pas été extraordinaire. Mais qu’il malmène, celui à qui il doit d’être un chef d’Etat "exceptionnel″, cela relève de la manie. La manie de la cruauté sans fondement. Et je pense sincèrement que nous sommes en danger.

Joseph Marat

Le ridicule tuera en Côte d’Ivoire


La semaine dernière, de tergiversations las, Ouattara a décidé de publié les différents chefs d’inculpation contre tous ceux qu’il détient dans ses camps de concentration du nord. Il pense pouvoir ainsi desserrer l’étau de réprobations qui accompagne cette répression d’un autre âge de l’opposition civile. Mais là encore, Ouattara et ses sbires se mettent le doigt dans l’œil. Les chefs d’accusations sont tellement fantaisistes qu’ils dénotent le manque de vision réelle des nouvelles autorités. On ne peut pas leur en vouloir de manquer de sens démocratiques. Celui qui vient au pouvoir par les armes n’a que faire des valeurs humanistes de démocratie. Mais, même être un tyran, c’est aussi un certain savoir faire. C’est cette dextérité qui programme sa longévité. Il y a des tyrans qui sont adulés par leur peuple, parce que même en régnant avec des mains de fer, ils sont souvent à l’écoute de ce que peut vouloir réellement le peuple et ils évitent d’être ridicules pour continuer d’être craint. A défaut de se laisser ‘’corrompre’’ par Rousseau, ils lisent au moins le Prince de Machiavel.
Les solutionneurs doivent savoir, s’ils détiennent vraiment les appareils de renseignement de l’Etat, que ce qui les arrangerait eux-mêmes et soulagerait les ivoiriens de tous les bords qui ont besoin de retrouver leur unité, c’est qu’ils libèrent Laurent Gbagbo et tous ses partisans. Ce geste aura l’avantage de faire oublier toutes les affres d’humiliation imposées par la France et de mettre en confiance tous les fils du pays qui veulent rentrer d’exile. Au lieu de donner dans le ridicule, l’idiotie et l’incompétence. Après tout ce qu’on a pu faire croire d’eux, inculper Laurent Gbagbo de détournements de deniers publics et son épouse de vols en réunion, de vol à mains armées commis avec violence et infraction, de pillages…Oui vous avez bien lu, vous n’êtes pas dans une fiction c’est ridicule. Et là où le ridicule tuera ce régime sans solution, c’est qu’au nom de la sauvegarde de cette nation à nous léguée par nos pères, on n’ose même pas penser cela de Ouattara lui-même, de son épouse et de son premier ministre Soro. Et pourtant !

Joseph Marat

Le zèle d’Eugène Dié Kacou


Eugène Dié Kacou veut-il faire des journalistes de l’opposition, les thuriféraires d’Alassane Ouattara ? Le sentiment de reconnaissance à l’endroit d’Alassane Ouattara décuple le zèle du vieux renard. Il s’est certainement promis de nous arracher le contrôle de toute expression qui pourrait écorcher son mentor. Hier, il ne fallait pas dire Léviathan, violeur, putschiste, menteur, rebelle… Aujourd’hui, le Cnp nous a envoyé un avertissement nous interdisant carrément de faire de l’humour sur le compte d’Alassane Dramane Ouattara.
Dans l’un de nos numéros nous écrivions ceci « Bravo Ali Baba, que dis-je, bravo Alassane (…) Alors je me suis dit, Ouattara va enfin déclarer ses biens et peut-être nous instruire sur la façon dont on devient Warifatchè après quelque années passées à la primature d’un pays sous développé. Sans cela (…) on n’a que faire de la morale de personnes sans éthique ». contre ces mots le CNP dit qu’il déplore l’assimilation de Ouattara à Ali Baba et l’accusation sans preuves d’enrichissement illicite aux dépens de l’Etat portée contre lui et regrette qu’on l’est qualifié, avec tous les membres du gouvernement, de personnes sans éthique.
Premièrement, l’assimilation de Ouattara à Ali Baba est un humour et en matière d’humour, une telle assimilation n’est efficace que lorsque le personnage y a prêté le flanc. On se gardera ici de dire pourquoi en France Chirac est traité de super menteur et Sarkozy représenté dans les guignols par une marionnette rabougrie. Mais, si on voulait faire de l’humour quelle image voulez-vous qu’on associe à celle d’un chef d’Etat qui nomme une quarantaine de ministres d’un seul bord politique dans un pays ruiné par une guerre
Deuxièmement, il est de notoriété publique que Alassane est le prophète des orages de milliards, pourquoi devrait-il se refuser à donner le secret de sa richesse au peuple. Surtout quand la constitution le lui recommande. Et enfin le CNP devrait savoir que l’éthique a pour essence le respect de la dignité humaine. Ce n’est pas en marchant sur le corps de ses concitoyens pour accéder au pouvoir qu’on en fait la promotion.
Joseph Marat

11:42 Publié dans Dié Kacou | Lien permanent | Commentaires (0)

Gnénéma Coulibaly : Ouattara Alassane a droit de vie et de mort sur nous tous

Monsieur coulibaly Gnénéma, ministre des droits de l’homme et des libertés publiques a accordé une interview à un confrère la semaine dernière. Celui-ci lui pose la question suivante : « que pourrait répondre le juriste Gnénéma Coulibaly aux avocats du couple Gbagbo qui estiment que leurs clients sont arbitrairement assignés à résidence ? » le ministre répond : « il n’y a aucun critère qui permette de parler d’arbitraire. Nous disons bien la loi qui permet l’assignation à résidence est dite par décret. Il est donc clair que cela dépend de l’appréciation de celui qui décrète or selon notre loi normative, la constitution, seul le président de la République signe des décrets. C’est donc au président de la république d’apprécier si vous êtes dangereux pour lui ou non ». Il y a rarement eu autant d’inepties au m2 et de la part d’un soi-disant ministre de la République.
Premièrement Gnénéma coulibaly croit avoir dit quelque chose de très intelligent quand il dit qu’il n’y a pas de critère qui permet de parlé d’arbitraire. Lui le ministre des droits de l’homme croit avoir donné une réponse pertinente à des avocats qui se plaignent du manque justice. Justement, c’est parce que les critères que vous devriez avoir sont illisibles que les juristes parlent d’arbitraire. Alors répondre à cela qu’il n’y en pas, c’est apporter de l’eau au moulin de ceux qui pensent que nous ne sommes plus dans un état de droit. C’est comme si monsieur Gnénéma répondait goguenard au juriste soucieux lui du droit de l’homme : « oui, il n’y a plus de loi qui permette de condamner quelqu’un. Les seules lois qui prévalent aujourd’hui ce sont les humeurs de Ouattara. Il a désormais droit de vie et de mort sur tout le monde. Il est le plus fort de la jungle. »
La seconde incongruité qui est bien plus une escroquerie morale qu’autre chose, c’est de faire croire qu’il tient ces absurdités de la constitution de 2000. On avait déjà dit qu’ils n’ont pas la tête de l’emploi et ils ne lisent pas.

Joseph Marat

B.A.S Le missionnaire est de retour

C’est à se demander si le jeu en vaut la chandelle. Changer au gré d’un vent orageux ses convictions n’est-il pas périlleux ? Il y a certainement des personnes pour qui le péril ne compte pas. L’essentiel est d’être dans le jeu. Ne jamais être à la touche. Bamba Alex Souleymane fait partie de ces joueurs qui n’aiment pas la banquette de touche. Ils veulent être de tous les régimes. Ils veulent pouvoir aménager dans les régimes successifs leur espace vital. C’est aussi cela le charme de la démocratie. La possibilité offerte à tous d’avoir ses propres convictions et d’en changer en fonction des circonstances. Le crédit moral en prend un coup. Mais on s’en fout du crédit moral, tant que le crédit matériel s’enfle. Fologo a fait des émules. Celui qui a toujours dit que la politique est la saine appréciation de la réalité et qui vient de nous sortir que l’arbre ne tombe jamais avec ses oiseaux, vient d’ajouter à sa longue liste de disciples Bamba Alex Souleymane.
Ce dernier était le vendredi passé, face à la presse mêlée à un cercle d’amis, dans la salle de mariage de Treichville, pour annoncer officiellement son adhésion au Rdr. A coté on demande : est-ce qu’il n’était pas déjà officiellement au Rdr ? Si ! Et lui-même le crie à qui veut l’entendre qu’il a toujours été un fidèle parmi les fidèles de Alassane Dramane Ouattara. Hier et avant-hier, auprès de Bedié, Gbagbo, Soro, il était en mission. Maintenant, il est de retour et il tient à le faire savoir. Opportunisme ou opportunité, pour qui connait l’homme, les nuances linguistiques sont très importantes. Il préfère saisir l’opportunité de l’aboutissement du combat de l’ombre pour se faire une place au soleil, avant qu’on ne le confonde à l’ombre. BAS a-t-il quelque chose à envier à la gueule de Kandia Camara, aux éclaires journalistiques Meité Sindou, et aux manœuvres politiques d’Alain Lobognon auprès de Soro ? Celui-ci a mal apprécié qu’il soit resté en mission hors du Golf Hôtel et l’a limogé le 10 mai dernier. Aujourd’hui, pour la rédemption il pense mériter une place sur la table du conseil de gouvernement.

Joseph Marat

samedi, 20 août 2011

On perd le sens du scandale


Dès l’attaque de la Côte d’ivoire en 2002, un éminent juriste avait vu derrière cette rébellion sauvage le projet de la déplanification institutionnelle de notre pays. Aujourd’hui, la résistance a pris du plomb dans l’aile. Les puissances centrifuges se sont coalisées pour livrer la nation aux vautours qui déchirent la charte de son unité et profitent pour lui faire perdre tous les repères.
On avait déjà dénoncé la déplanification institutionnelle pour parler du viol de la loi fondamentale, mais au-delà de cette âme commune qui est constamment transgressée (un concitoyen a relevé 14 articles de la constitution qui sont chaque jour foulés aux pieds par le nouveau chef de l’Etat), c’est la société toute entière qui est initiée à la perte du sens des valeurs. Quelle différence y a-t-il en réalité entre celui qui viole une constitution et celui qui viol une femme ? Généralement devant le viol d’une femme, on est scandalisé. Le violeur est mis au ban de la société et couvert d’opprobre. C’est pourquoi, pour peu qu’on ait été éduqué ou nourri à la sève de la vertu minimale, on évite toutes formes de violence contre l’intimité d’une personne.
La constitution de Côte d’Ivoire est l’intimité de tous les ivoiriens. C’est le code par lequel les Ivoiriens se reconnaissent. Quand on la viole c’est comme si on violait tous les Ivoiriens. On comprend pourquoi ils se sentent honteux. Ils n’osent même plus se regarder dans les yeux. C’est le regard perdu, fuyant l’inquisition des autres qu’on les rencontre dans la rue qu’ils n’osent plus occuper longtemps. Soucieux de rentrer pour protéger leur intimité constamment violée. La Côte d’Ivoire est comme une femme violée, elle a honte. Malgré tout ce qu’elle rassemble comme courage pour dénoncer le viol, elle ne semble pas être entendue. Elle se rend compte qu’à son endroit on a perdu le sens du scandale.
Dominique Strauss-Kahn aurait violé une femme de chambre à l’hôtel Sofitel de New York. Que ne fut pas l’indignation de notre humanité puritaine ? Même sans la preuve que cette Guinéenne ait été vraiment violée, l’avenir politique du mis en cause est compromis pour les futures élections en France.
En Côte d’Ivoire, c’est chaque jour que les journaux dévoilent les scandales qui font sauter des gouvernements sous d’autres cieux, mais ici on a simplement l’impression de prêcher dans le désert. Celui du manque total de répères, de valeurs, de modèles. On s’empare du pouvoir politique dans le sang et dans l’irrespect total de la dignité humaine, montrant que plus on arraisonne l’Etat dans la perpétuation des exactions, mieux c’est. Jusque dans le tréfonds de nos hameaux, cela n’intéresse plus personne de promouvoir d’autres valeurs que l’assassinat pur et simple de l’adversaire politique. Le vide dans le regard des Ivoiriens est le signe qu’ils n’arrivent plus à s’émouvoir devant autant de cruautés.
Sur le plan politique, le mensonge est érigé en valeur axiologique. On a vidé la politique de son sens moral. On croit que plus on bâillonne les opposants, plus on leur tend des traquenards mieux on gouverne. Dans un pays qui, compte tenu de sa composition ethnosociologique, ne doit son salut qu’au mélange des groupes on est fier d’être tribaliste. La promotion sociale des criminels de guerre pendant qu’on incarcère des journalistes et des honnêtes citoyens pour leur opinion ne choque même plus personne.
Pour couronner le tout, on prend le peuple pour de la guigne si on ne le traite pas de chien. On leur annonce des emplois pour leur offrir des licenciements en cascade. 80.000 emplois sont perdus, mais c’est presque normal. Pour la solution, il faut repasser demain parce que les gouvernants ont décidé de se donner des vacances d’un mois après à peine un trimestre de boulot. Pour eux, ce n’est pas ridicule quand dans les pays où ils se rendent, les autorités ont interrompu leurs vacances pour faire face aux préoccupations de leurs concitoyens.

Joseph Marat

Ils sont désormais plus ivoiriens que nous



Je m’en allais me promener sur la toile quand je suis tombé sur l’article d’un informateur du net. Il rapportait les propos du Cheick Boikary Fofana patron du cosim qui disait ceci : « La Côte d’Ivoire compte aujourd’hui 20 millions d’habitants. Elle peut en compter le double sans qu’il y ait aucun problème(…) J’entends parfois dire que les étrangers ont tous pris chez nous et il ne nous reste plus rien. Mais où étaient ces derniers lorsque les étrangers prenaient ces secteurs. (…) les étrangers n’iront nulle part, ils sont chez eux en Côte d’Ivoire ».
Devant cette parole forte, je me suis dit, mais qu’est-ce qu’il y a encore ? D’où vient encore ce débat sur la xénophobie et l’ivoirité ? Avec tout ce que nous vivons actuellement, quel ivoirien n’a pas compris que tout est possible sur cette terre et qu’on pourrait par exemple transférer toute la population de la chine sur le territoire français et vice versa, sans rien perturber. Qui n’a pas encore compris dans ce pays que les questions de nationalité, d’étranger sont devenues taboues au point d’aller provoquer le grand Cheick Boikary Fofana.
Au nom de l’amour que nous devons aux étrangers nous avons enregistré en 2002 une rébellion sauvage qui nous coutés la vie d’au moins 10 000 de nos concitoyens. A cause de notre nationalisme, après une dizaine année à nous convaincre que nous sommes les plus grands xénophobes du monde, ils ont bombardé tous les symboles de notre Etat en avril dernier. Juste avant, près de 3000 Guérés perdaient la vie dans leur brousse. Plus loin encore, Ils ont trouvé que Laurent Gbagbo n’a pas assez fait quand il s’est transformé en dictateur d’un instant pour faire d’Alassane Ouattara un candidat exceptionnel. Il sera traduit devant le TPI. Qui n’a pas encore compris que les chantres de l’ivoirité, les Venance Konan, Konan Bedié et consort ont abandonné ce combat depuis belle lurette ?
Grand Cheik pardon. Malheur à celui qui a osé réveiller ton courroux. Nous préférons encore mieux nous exiler au Ghana et au Libéria que de disputer nos terres aux étrangers. Oh si ! Ils sont plus chez eux ici que nous-mêmes.

Joseph Marat

A l’image d’Eugène


Eugène Dié Kacou du CNP nous a encore fait parvenir deux lettres. La première nous interpelle sur l’usage du concept de Léviathan concernant Ouattara et la seconde est un avertissement pour avoir traité Alassane de chef caravanier quand il traite le peuple ivoirien de chien. Ces deux lettres interpellent particulièrement le journaliste Joseph Marat auteur des deux chroniques incriminées. A propos de la première où l’auteur juge le projet de Ouattara de changer la constitution d’acte politique de Léviathan, « le CNP condamne l’emploi récurrent de cette métaphore à connotation péjorative pour désigner le Président de la république et invite à y mettre définitivement un terme. » Dans la seconde lettre après avoir reconnu le fait que Ouattara ait traité les Ivoiriens de chiens aboyeurs Dié Kacou inflige un avertissement à l’organe pour avoir rapporté les propos d’un internaute ivoirien traitant Ouattara de caravanier contre qui tout chien est en droit d’aboyer.
En répondant dans ces colonnes à ce courrier, on croirait qu’on cherche noise à un honnête citoyen qui ne cherche qu’à faire son travail de censeur. On comprend que Dié Kacou ait changé de métier depuis, il a cessé d‘être journaliste parce qu’il ne tient plus à déranger. Au contraire, on ignorait qu’il était devenu l’hagiographe, nettoyeur de l’image d’Alassane Ouattara.
Seulement, il devrait savoir qu’il y a des gens qui ont fait du métier du journalisme un sacerdoce et pour qui déranger est l’expression du combat pour l avènement d’une société meilleure. Quoique je ne considère pas que je sois en train de vraiment lutter ou même de déranger quand j appelle un chat un chat.
Le Léviathan est une image employée par le philosophe anglais Thomas Hobbes pour designer l’Etat puissant ou le détenteur des rênes d’une telle organisation politique qui est censée inspirer la crainte aux citoyens pour que ceux-ci en respectant les lois mettent fin à l’Etat de nature. C’est une solution politique trouvée par ce penseur anglais pour mettre fin au problème de la jungle où, d’après lui, l’homme est loup pour l’homme. Dans ce pays où l’on égorge pour boire le sang des autres, où on incarcère des opposants dans des conditions inhumaines, où on traite des journalistes de miliciens pour assouvir des instincts grégaires de vengeance, traiter Ouattara de Léviathan devrait être pris pour un compliment. Parce qu’il vaut mieux pour lui qu’il soit un Léviathan qui nous sorte du chaos dans lequel nous sommes actuellement qu’une mauviette de qui les comzones refusent de dépendre et que les dozos ne veulent pas respecter. Je sais que le métier de censeur de la presse est sclérosant, mais de grâce que le CNP fasse l’effort d’aller au-delà du dictionnaire Larousse avant de s’offusquer même quand on fait des compliments à celui qui l’a fait roi. Dans le cas présent c’est le CNP lui-même qui fait l’injure au chef de l’Etat en le traitant de : « monstre marin hideux qui est l’incarnation du mal. »
Pour ce qui est du chien et de la caravane le CNP devrait éviter de relancer l’incident parce que ce n’est pas digne d’un chef d Etat de traiter son peuple de chien. A moins qu’en voulant faire le distinguo entre LMP qui aboie et les autres qui acensent, le CNP ne veuille nous dire que Ouattara est le chef de l’Etat d’un clan. Alors si celui qui prétend avoir été élu par le peuple de Côte d Ivoire et devrait tirer la société vers le haut, descend dans la gadoue pour la traiter de chien, on devrait savoir qu’un chien n’aboie généralement pas contre des personnes qu’il reconnait. Alors Ouattara, en nous prenant pour des chiens aboyeurs est conscient qu’on ne le reconnait pas comme celui que nous avons élu, qu’il a donc fait main basse sur le pouvoir. Dans tous les cas, il ne devrait pas dire ce qu’il a dit. C’est donc à lui qu’il faut envoyer vos lettres de censeurs.

Joseph Marat

Quand la niaiserie s’en mêle



« Sur la question récurrente de la libération de l’ex-chef d’Etat et de ses codétenus pour, dit-on, sceller la réconciliation nationale, Bruno Koné a laissé entendre qu’il n’a pas l’impression que c’est la préoccupation de la majorité des ivoiriens plutôt confrontés aux problèmes de chômage, de nourriture, de logement, de route, de scolarisation de leurs enfants, de cohésion sociale… » Ce sont là les propos d’un ministre de la République rapportés par un journaliste de Frat-Mat qui, apparemment, aura fait de son mieux pour porter le fardeau de la cohésion sociale. Il a associé l’idée que de la libération de Gbagbo et de ses compagnons dépend la cohésion sociale. Celui qui surprend dans sa réponse, c’est le ministre Koné Bruno porte-parole du gouvernement. Mais d’où nous vient-il encore celui-là pour personnifier à ce point le manque de sens politique et la niaiserie tout court ? C’est à croire qu’on les a triés. Il n’y a personne parmi eux qui puisse lever le petit doigt pour arrêter les scarifications qu’ils creusent dans le tissu social du pays. A l’image de la horde de rebelles qui ont assailli le pays en 2002, ils ont fait irruption dans la politique en ignorant ses règles élémentaires. Quand on les entend parler, on se demande même s’ils lisent un livre par an sur l’évolution des sociétés qu’ils prétendent diriger.
Ce n’est pas parce qu’on est pro Gbagbo qu’on le dit. Mais que le porte-parole du gouvernement sache que Laurent Gbagbo et son épouse Simone jouissent, selon la constitution de Côte d’Ivoire, de ce qu’on appelle "immunité". Le premier parce qu’il est ancien chef d’Etat et d’office membre du conseil constitutionnel, la dernière parce que présidente d’un important groupe parlementaire. Ce sont des élus du peuple. Alors monsieur le ministre, ce n’est pas en violant, comme des voyous la constitution d’un peuple qu’on s’occupe au mieux de sa cohésion. Et j’ajoute que gouverner pour la majorité, c’est forcément gouverner pour un clan. Ce n’est pas à cela qu’est appelé un gouvernement sérieux. Surtout quand dans des pires calculs on attribue à la prétendue minorité le taux de 46%.

JOSEPH MARAT