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samedi, 29 octobre 2011

Contre Gbagbo, Ouattara ne se venge pas



On commet souvent l’erreur de langage de dire qu’Alassane Ouattara se venge de Laurent Gbagbo. C’est un abus. On croit faire la morale à ceux qui aujourd’hui assouvissent leur instinct de cruauté sur des personnes qui, dans un monde civilisé, auraient mérité largement des égards de leur part. Mais on se trompe parce que Ouattara ne se venge pas.
La vengeance est encore un sentiment noble pour lui. Voyez dans les grandes réalisations cinématographiques, le héros se venge quelquefois du chef bandit et cela répond à une attente. Dans l’histoire de ce pays, Ouattara est loin d’être un héros et Gbagbo loin d’être un chef bandit. On a quelquefois le sentiment, devant les déboires subis par quelqu’un, d’espérer que son heure arrive. L’heure où il a le choix entre la hauteur et la platitude de son humanité. Dans le dernier cas on a presque l’impression que c’est normal. On est soulagé qu’il ait pris sa revanche sur le sort. Mais ça s’arrête là. Ce sont des moments de gloire éphémères. On est vite effacé par l’histoire lorsqu’on n’est qu’un homme ordinaire assouvissant son instinct naturel de vengeance. Dans le choix de la hauteur, là où on opte de prendre le dessus, de sublimer ses pulsions rétrogrades pour regarder le bourreau comme un instrument et lui pardonner, l’histoire ouvre grandement ses portes et on devient immortel. Les pages de l’histoire se laissent perler par les noms des hommes qui ont sublimé leurs instincts réactifs pour tirer l’humanité vers le haut. C’est de ces pages de l’histoire où les hommes sont devenus mythiques pour avoir renoncé à la vengeance qu’on tire des noms comme Gandhi, Luther King, Mandela…et certainement Gbagbo pour ceux qui connaissent l’histoire de la Côte d’Ivoire.
Ce que Ouattara fait ne relève pas de la vengeance parce qu’on ne se venge pas de son bienfaiteur. On aurait compris que Ouattara se venge. Il n’aurait pas été extraordinaire. Mais qu’il malmène, celui à qui il doit d’être un chef d’Etat "exceptionnel″, cela relève de la manie. La manie de la cruauté sans fondement. Et je pense sincèrement que nous sommes en danger.

Joseph Marat

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