UA-108822782-1
topblog Ivoire blogs

samedi, 29 octobre 2011

Tiburce Koffi est descendu en maitre d’exactions


Un ami a tenté de me convaincre récemment, à l’occasion d’un café littéraire organisé en l’honneur de feu Noël X. Ebony que Tiburce Koffi était certainement le digne héritier du Maitre Zadi Zaourou. Je n’ai dit mot parce que j’ai ma petite idée sur la valeur et la grandeur des hommes. Elles ne se mesurent pas forcement à la quantité des livres lus, encore moins à la dextérité dans le maniement de la langue des autres. Mais Tiburce était déjà monté d’un cran sur mon échelle de valeur. Pas parce qu’il se disait ami de Gbagbo ; il n’en est d’ailleurs pas descendu quand il s’est fait thuriféraire de Ouattara, – loin de moi le moralisme béat qui consiste à voir le diable en l’autre tant qu’il ne partage plus notre point de vue. Il est fait pour changer. C’est d’ailleurs pourquoi on l’appelle point de vue. Il rend compte de la perspective du moment et du lieu. Le géant n’a pas la même perspective que la grenouille. Et en la matière nous sommes tous des mutants – mais parce qu’en 2003 ou 2004, lors d’un colloque au palais de la culture, il s’en est vertement pris aux hommes en armes qui accompagnaient les officiels. Il avait trouvé que leur place n’était pas dans cette enceinte de réflexion.
Cela dit, Je viens de lire, dans les colonnes du Frat-Mat du jeudi 25 aout dernier, Tiburce se décrivant dans une étrange posture. Après avoir dépeint les aspects positifs de la discipline chez les occidentaux pour justifier la répression politique comme mode de redressement social, il ajoute une anecdote pour le moins surréaliste. Imaginez l’homme de lettres s’ériger en moniteur de rebelles dans les rues d’Abidjan pour réprimer une infraction au code de la circulation ! Je n’apprendrai rien à Tiburce, en lui disant que c’est en tournant inexorablement le dos aux pratiques dignes des barbares wisigoths, ostrogoths et consorts, au profit du respect des lois et de la dignité humaine, que les occidentaux ont bâtit leur civilisation. Tiburce est libre, mais ce n’est pas en dansant comme un diable autour d’une exaction de rebelles qu’il peut rêver d’une société policée.

Joseph Marat


Les commentaires sont fermés.