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samedi, 29 octobre 2011

« Les mille collines » de Dié Kacou



Le lundi dernier, le quotidien le jour plus a accordé une interview à Eugène Dié Kacou pour faire le point sur la liberté de la presse en Côte d’Ivoire post-crise. Nous nous attendions à ce qu’il ne noircisse pas le tableau pour faire plaisir à celui qui l’a ramené de l’abîme. Nous étions seulement loin de penser que ce devrait être au prix du mensonge, du manque de responsabilité et de la laideur d’une mentalité discriminante.
Eugène Dié a pu dire que sous le régime de Gbagbo on lui reprochait de sanctionner les journaux proches du régime. Oui c’est un argument et pourquoi ne faisait- il que cela. Seulement c’est un mensonge. C’est regrettable qu’à son âge la mémoire de la reconnaissance et celle des événements soit si mince. C’est Laurent Gbagbo qui a ramené le retraité Dié Kacou en fonction au CNP pour lui éviter de broyer du noir pendant une retraite de misère. Et la vérité, c’est qu’il a été obligé de démissionner parce qu’il refusait de faire le travail pour lequel il était grassement payé. Comme il l’avoue lui-même il ne voulait sanctionner que les journaux qui défendent son bienfaiteur. A l’évidence son mensonge est doublé de la laideur de l’ingratitude. Dans la même interview Dié Kacou dit que la situation de la liberté de la presse s’est améliorée grâce à ses sanctions. Passe les manquements à la déontologie qu’il sanctionne arbitrairement, Eugène Dié Kacou peut il nous dire, pour parler d’amélioration, combien de journalistes en prison a-t-il comptés sous le régime de Laurent Gbagbo. Qu’il veuille être irresponsable face à la détention des Hermann Aboua, Armand Bohui, Gnahoua Zibrabi, Germain Deguezé, Serge Bogué, Franck Anderson Kouassi… passe encore, mais c’est malsain de ne pas faire semblant d’être conscient de la violation des lois ivoiriennes par le pouvoir public actuel. Pour justifier cette irresponsabilité, Dié Kacou va jusqu’à justifier l’assassinat de Sylvain Gagneto. Il pense qu’il était journaliste à 20%. Alors suffit- il d’être militant à 80% pour mériter d’être assassiné sous les yeux d’Eugène Dié Kacou. On n’est pas surpris de la mentalité de ceux qui nous dirigent. Il faut seulement s’armer contre cet esprit des radios mille collines.

Joseph MARAT

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