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jeudi, 03 novembre 2011

Les houphouëtistes à l’épreuve de la démocratie



A raison, le président Laurent Gbagbo disait dans l’un de ses nombreux discours pédagogiques que la Côte d’ivoire, pour être viable, est condamnée à être un Etat démocratique. Dans un pays qui compte au moins une soixantaine d’ethnies et une vingtaine de régions, il n’ya pas mieux que le système politique démocratique pour taire les sources naturelles de conflit dans la gestion de l’Etat. Aucun leader politique ne peut se prévaloir d’une légitimité ethnique ou régionaliste pour s’imposer aux autres. Même s’il appartient à la plus grande ethnie et région du pays, il lui faudrait encore montrer que son ethnie est plus importante en nombre que toutes les autres ethnies réunies, après s’être assuré que, même dans sa tribu, il jouit d’une unanimité totale. Les hommes politiques ivoiriens, excepté Gbagbo bien sûr, font difficilement cette lecture. Et ils empoisonnent leur partisans avec l’idée que Laurent Gbagbo n’aurait jamais dû devenir président de la république parce qu’il appartient à une ethnie minoritaire. Variable de « on ne veut pas que je sois candidat parce que je suis musulman et du nord ». Et comme si, appartenir à une ethnie minoritaire était une tare, pendant que l’appartenance à une ethnie majoritaire faisait de quelqu’un l’hérité légitime du trône ivoirien, des hommes politiques ivoiriens continuent de s’abreuver à ces thèses ethnocentristes concoctées dans des officines impérialistes européennes et qui denient aux africains tout sursaut rationaliste. Le dernier en date, c’est Mamadou Koulibaly. Il rejoint les Houphouëtiste non pour une exclusion idéologique, mais pour rééditer le dramanisme. Bien avant lui, Félix Houphouët Boigny n’a-t-il pas symbolisé le pouvoir en Côte d’ivoire par un siège royale Akan ? Il est mort au pouvoir après avoir confisqué, 33 ans durant, l’article 7 de la constitution qui appelait à l’ouverture démocratique et créé l’article 11 qui assurait une succession de type monarchique. Hier, c’était Henry Konan Bedié qui faisait des siennes pour empêcher toute transparence démocratique. Le boycotte actif de 1995 eut lieu pour rappeler que seule la démocratie et toute la démocratie est la seule voie du salut en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui faut-il en parler ? Des armes ont été prises, comme au temps des wisigoths et Ostrogoths pour conquérir le pouvoir au nom d’une région dite exclue. Pour ne pas que nous ayons à compter sur eux qui viennent à peine d’arriver, ils prétendent être des démocrates de cru.

Joseph Marat

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