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jeudi, 10 novembre 2011

Carter III, on ne se connait pas !

Nous avions décidé de tenir la ligne de silence du président Laurent Gbagbo face aux diplomates en mission commandée en Côte d’Ivoire. Phillip Carter III est l’un de ces deux diplomates qu’il avait nommément cités comme étant les acteurs principaux du scenario du 02 décembre 2010, digne du grand polar mafieux de Francis Ford Coppola : Godfather.
Nous nous souvenons tous très bien qu’après avoir dit qu’ « il n’était pas encore minuit » au lieu de donner les résultats de la présidentielle 2010, Youssouf Bakayoko avait disparu de la circulation, pour se retrouver deux jours plus tard au QG de Dramane Ouattara pour le déclarer vainqueur. Au mépris de la règle du consensus qu’il avait imposée à la commission centrale de l’institution qu’il dirige. Nous apprendrons par la suite que ce sont les ambassadeurs de la France et des Etats Unis, comme deux larrons en foire, qui l’ont pratiquement enlevé et conduit au Golf Hôtel.
Laurent Gbagbo, en politicien averti, respectueux des protocoles diplomatiques, cite rarement ses contemporains. Sa sortie, ce jour là, était le signe d’un ras le bol face au comportement de personnes qui avaient tout perdu de leur qualité de diplomate. Ils étaient devenus des coursiers de Dramane Ouattara. Là où, un diplomate normal aurait gardé toute sa réserve.
Nous n’avons pas été surpris de voir, sur des vidéo, ces ambassadeurs, pister Laurent Gbagbo dans ce qu’ils ont appelé son "bunker". « C’était simplement indécent » pouvons-nous dire, pour ne pas, nous aussi, perdre le sens de la diplomatie. Sinon pour nous et certainement pour tous ceux qui voient en Laurent Gbagbo l’incarnation de valeurs républicaines, Carter III et son acolyte français ne sont pas des diplomates. Ce que nous savons d’eux les en disqualifie.
Depuis quelque temps, le service de communication de Phillip Carter III inonde notre boîte électronique d’invitations à venir suivre des conférences et vidéoconférences au sein de l’ambassade des Etats Unis à Abidjan sur des sujets relatifs à l’organisation d’élections démocratiques. Face au silence qui caractérise généralement des personnes de bonne éducation et ne supportant certainement plus d’être ignoré par l’organe de presse préféré des partisans du "dictateur" Laurent Gbagbo, le chargé de communication de Phillip Carter III a appelé le Directeur de Publication du Journal Aujourd’hui pour l’inviter de vive voix à ses nombreuses conférences. La réaction du DP à été directe : « nous ne sommes pas intéressés ».
Entre-nous, qu’est-ce cet ambassadeur, après tout ce qui s’est passé, peut-il nous apprendre sur la démocratie en deçà des Pyrénées et l’Océan atlantique ? Qu’est-ce que nous avons à f… de ce qu’il pense quant à la participation ou non du FPI aux futures élections législatives ? Pense-t-il que nous sommes suffisamment nègres pour ne pas comprendre qu’il est en course ou en mission commandée quand il croit appâter le FPI en disant que « la politique de la chaise vide ne paie pas » ?
Si monsieur Carter III se croit vraiment dépositaire des valeurs que ses nombreuses conférences et vidéoconférences tentent de faire croire, qu’il commence par lire et s’imprégner des deux dernières propositions faites à Alassane Ouattara par le FPI /CNRD. Il comprendra peut-être que ce ne sont pas à toutes les élections qu’on participe. A moins qu’il ne veuille nous faire comprendre que les principes démocratiques de transparence, d’équité et de justice sont un luxe pour des républiques bananières comme la nôtre.

Joseph Marat

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