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jeudi, 10 novembre 2011

Trois petites leçons politiques pour nuls



1- C’est à l’humour décapant des Ivoiriens qu’on doit cette formule « un chef, ce n’est pas un chiffon. » 46% de l’électorat, selon des calculs douteux, ce n’est pas 4,6 %. Un homme politique sérieux ne peut donc dire qu’il peut se passer des aspirations de 46% de sa population et prétendre avoir le sommeil paisible.

2- Laurent Gbagbo est parti du pouvoir à la suite d’une violence inouïe. A coté de ce qu’il a subi, une exclusion imaginaire auréolée du problème de nationalité d’un individu, c’est du pipo. Il ne s’est pas barricadé dans un hôtel de luxe à Korhogo avec une paranoïa psychotique. Mais est-ce qu’on l’entend crier au loup et appeler ses "46%" à boycotter le régime ennemi ? Ou cherche-t-il à paralyser le pays avec des "opérations ville morte" ? Ou encore, demande-t-il qu’on ferme les banques et qu’on mette l’embargo sur les médicaments ? vous avez dit hauteur d’esprit politique !
3- Les responsables politique du FPI en exil ou sur place, malgré leurs déboires, ne fourbissent pas les armes parce qu’ils ne se croient pas indispensables à la marche de la nation. Leur sens de responsabilité politique est tel que même quand, dos au mur, Ouattara montre qu’il est obligé de discuter avec eux, ils ne font pas la fine bouche avec des revendications farfelues. Après plusieurs mois de tergiversation, il ya à peine 2 mois que Ouattara, sous la pression de ses soutiens internationaux, a daigné ouvrir les négociations. Dans ce laps de temps, le FPI /CNRD a produit deux grandes propositions constructives. En moyenne une par mois pour permettre à Dramane de sortir ce pays du gouffre dans lequel il a été plongé. Ces propositions ne sont pas des invectives et des slogans personnalisés, criés à tue tête devant une foule de dozos couverts d’amulettes pour chasser quelqu’un du pouvoir. Et ces propositions ne parlent pas d’ethnie, de région et de religion. Elles parlent de l’intérêt général de la nation.

Un ami me confiait la dernière fois qu’il a l’impression générale que le gouvernement ivoirien tourne en rond. Je lui ai répondu que Laurent Gbagbo a dit que la politique est un métier, un art. Il faut en apprendre les rudiments. C’est d’ailleurs pourquoi lui et ses camarades se croient toujours dans un amphithéâtre à ciel ouvert. Que peux-tu attendre de ceux qui préfèrent les universités fermées ?

Joseph Marat

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