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jeudi, 17 novembre 2011

Le paradoxe Duékoué

Il y a un paradoxe dans tout ça. Des gens qui refusent de recevoir leur bienfaiteur au point que ce dernier est obligé de multiplier des actes de gentillesse pour les amadouer et obtenir d’eux de la gratitude. Allez-y comprendre quelque chose. Où avez-vous quelqu’un quémander de la gratitude ? En temps normal, c’est celui qui a de la gratitude à exprimer qui se déplace et à défaut qui s’empresse de recevoir son bienfaiteur. Mais qu’est-ce que vous voulez, l’ironie politique de Ouattara nous fait perdre déjà la raison.
Je me souviens de cette conversation que j’ai eue avec un ami Rhdp en mars dernier. Il venait à peine de "titrologuer" quand il m’a vu. Tout heureux de me communiquer sa joie, il me dit à brûle-pourpoint «on avance, on a pris Duékoué hier nuit» je lui ai répondu : « heureux pour vous qui avancez, mais où allez-vous parce que si c’est pour prendre le pouvoir, prendre les petites localités de l’intérieur du pays avec vos hommes en armes n’est pas productif. Le pouvoir se trouve à Abidjan donc concentrez vos forces pour descendre directement sur le centre du pouvoir au lieu de fatiguer les pauvres paysans de l’intérieur du pays. » Quelque temps après leur croisade internationale sur la résidence du Président Gbagbo, on apprend à la tribune de l’ONU que les massacres de Duékoué ont fait officiellement près de 1000 morts, officieusement on parle de 3000 morts. Dans tous les cas c’est un début de génocide et entre les rebelles qui prenaient Duékoué en mars et les forces loyalistes de Gbagbo, on se demande qui a bien pu faire ça ? On veut bien croire à la thèse selon laquelle en prenant Duékoué, les rebelles ont mis fin à un génocide que le pouvoir d’alors était en train de perpétrer contre ses propres partisans (les Guéré sont réputés pro Gbagbo). Mais alors pourquoi les rescapés et témoins des massacres tergiversent-ils à exprimer leur reconnaissance à leur sauveur ?
Une délégation envoyée en prospection, pour voir si le bienfaiteur peut se rendre dans leur localité, a été lapidée. Il n’ya pas longtemps une opération de charme de la première dame aurait fait l’effet d’un pétard mouillé. Malgré cela on n’arrête pas de vouloir séduire ce peuple "ingrat". Duékoué vient d’être érigée en chef lieu de région. Un notable aurait dit à Mabri Toakeusse, le messager et porteur de l’annonce de cette dernière offre en date, que même si Ouattara nommait un de leur fils premier ministre, le sol de Duékoué lui resterait toujours interdit. Méditons.

Joseph Marat

Commentaires

Duékoué en tant que Région n'est interdite à personne. Mais les actes de barbarie perpétrés par des hommes qui agissent au nom de Ouattara et qui le revendiquent haut et fort depuis dix (10 ans) sans que ce dernier le lève le petit doigt nous conduisent à être hostiles à son égard. Eriger ou pas Duékoué en chef lieu de Région nous est complètement égal. Nous voulons tout simplement que Ouattara retire ses hommes de nos terres, réhabilite nos villages afin de permettre à chacun de vaquer à ses occupations. quant à l'expression selon laquelle on raconte partout les Wê sont des Pro-Gbagbo, je vous rappelle, autant il y a des Dioula Pro-Gbagbo, autant il y a des Wê Pro-Ouattara. Chaque citoyen a le droit de s'exprimer comme il entend. Diantre, comment exterminer tout un peuple parce qu'il ne vous soutient pas ? Et ceux qui travaillent avec Ouattara, ne sont-ils pas issus des Wê ? Je tiens à rappeler à Monsieur le Président que TEHE Emille, fils de Duékoué a perdu la vie pour lui. Alors, de grâce.

Écrit par : Martine | vendredi, 18 novembre 2011

MERCI Beaucoup pour la pertinance toujours renouvelée de vos analyses.Pour la posterité et l 'histoire de la CI qui continue de s'ecrire si douloureusement , je vous suggère d' éditer le receuil de vos publications .Que dieu continue de vous inspirer si merveilleusement !!!

Écrit par : lia theodule | samedi, 19 novembre 2011

on vous a peut etre pris pour les propagandiste de france 24 ou de jeune afrique

Écrit par : coutecher | samedi, 17 décembre 2011

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