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mardi, 22 novembre 2011

Gouverner se pense

Une opposition constructive, ça aide. Ça permet de garder la forme, de se faire au rouage du métier et de se préparer à exercer le pouvoir. Alassane Dramane Ouattara a fait irruption dans le microcosme politique ivoirien en 1989. Quatre ans plus tard, à la mort d’Houphouët Boigny en 1993, il faisait ses premiers pas dans l’opposition. Cela faisait 18 ans d’opposition, le 11 avril dernier quand il accède au pouvoir suite à l’arrestation du président Laurent Gbagbo. Avec un peu de recul, que pouvons-nous retenir de l’opposition de Dramane Ouattara ? Qu’a-t-il apporté aux différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays ? S’il ne les a pas aidés, les a-t-il, au moins, laissés travailler pour apprendre en regardant ? Ou bien s’il savait déjà tout, à part les slogans de campagne qui tiennent généralement sur des quarts de page A4, lui connaissez-vous un livre où il élabore un projet de société ou un programme de gouvernement ? Quand on veut gouverner un pays, on prend le temps de penser et d’écrire ce qu’on veut faire. Cela sert par la suite de boussole ou de guide de gouvernance. Les slogans devant des foules de badauds qui ne comprennent que le langage du boucan et les séminaires gouvernementaux, dans le feu de l’action pour rattraper des tares, ne suffisent pas. « Un million d’emplois en 5 ans », c’est bien beau de le crier à tue-tête, mais quand on n’y a pas suffisamment réfléchi, il est difficile de le réaliser. Aux milliers d’emplois qui se perdent depuis qu’il est au pouvoir, vient s’ajouter la mauvaise gestion de la seule activité gouvernementale visible depuis le 11 avril dernier : le nettoyage des rues. Que peut espérer la jeunesse ivoirienne d’un régime qui a du mal à assurer des emplois de balayeurs de rue ?

Jaseph Marat

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