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mardi, 22 novembre 2011

Le parlement est fait pour les démocrates



C’est officiel le FPI ne prendra pas part aux élections législative du 11 décembre prochain. Les discussions que Dramane Ouattara a annoncées pompeusement avec le FPI, après deux tours de table ont accouché d’une souris. Nous nous interrogeons tous. Pourquoi ? La réponse est claire et apparente et c’est Amadou Soumahoro, le secrétaire général du parti au pouvoir qui nous la donne « le président Ouattara doit tout faire pour avoir la majorité à l’Assemblée nationale pour faire passer les lois. » Quoique, nous sachions tous que ce régime n’a pas besoin de parlement pour faire passer ses lois - les nombreuses violation de la constitution en sont la preuve - il ne veut pas prendre des risques d’avoir un parlement bicolore. Le risque est trop grand parce que le parlement ce n’est pas un champ de guerre armée ou du moins de violence physique. On ne s’y arme pas pour s’imposer. Si guerre il y a, c’est la guerre des idées. Et là, les limites de ceux qui sont passés maîtres dans l’usage de la force physique pour se frayer un chemin en politique, deviennent immédiatement apparentes. Nous nous souvenons de ces débats parlementaires redoutés par les tenants du pouvoir actuel. Avec tous ces députés de la majorité présidentielle férus de véritables convictions politiques on sortait difficilement indemne de ces débats. L’enrichissement intellectuel pour ceux qui avaient l’esprit ouvert et la frustration, la honte pour ceux avaient les débats intellectuels et les discussions politiques en horreur. Vous en convenez avec moi les appels du président Gbagbo à s’asseoir pour discuter ont rarement eu d’échos en face et ce qui abouti aujourd’hui à l’absence du Fpi aux législatives est simplement un refus catégorique d’asseoir le débat politique. Il ya donc une seule lecture à faire actuellement, Ouattara n’a jamais voulu que le Fpi aille à ces élections parce qu’il peut difficilement s’accommoder d’une Assemblée Nationale qui, même si à cause d’une majorité surfaite doit laisser passer des lois, exposerait les limites de sa politique. C’est donc à dessein qu’après deux profondes contributions du FPI/CNRD qui l’invite à analyser avec lucidité la situation politique et à engager des discussions constructives sur l’avenir de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a mis fin de façon unilatérale aux négociations. Sinon qu’est ce qui peut bien empêcher, le chef de l’Etat de créer les conditions élémentaires d’une élection transparente ? Sans en faire une préoccupation secondaire, le FPI aurait pu fermer les yeux sur la libération de Laurent Gbagbo et aller à ces élections si et seulement si deux conditions élémentaires de transparence étaient réunies. La composition de la CEI pour préserver son caractère de structure indépendante et la question de sécurité sur toute l’étendue du territoire pour permettre à tous de faire campagne librement partout. Nous n’avons rien contre Youssouf Bakayoko, mais quelqu’un qui a été à la base de la crise postélectorale telle que nous l’avons vécue en Côte d’Ivoire, à cause de son inconstance, devrait être démis s’il ne le fait pas de lui-même. En sus que font encore les groupements rebelles dans une commission électorale dite indépendante et totalement déséquilibrée en faveur d’un parti ? Si on ajoute à tout cela la hantise de l’insécurité, il faut féliciter le FPI pour son refus de manger de ce pain. Il se serait lui-même empoisonné autrement.

Joseph Marat

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