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dimanche, 27 novembre 2011

Nous avons tous des fusils sur la tempe.



Sont-ils vraiment sérieux ? On aurait bien aimé que cela soit une plaisanterie de mauvais goût. Mais que non ! Cette réflexion me vient, suite à la lecture d’un article d’un confrère, éboueur des couloirs du palais de la justice du Plateau, sur le rejet de la requête de mise en liberté provisoire d’un autre confrère : Herman Aboa. C’était un reportage et Landry Kohon de ‘’Frat-mat ‘’ est resté droit dans ses petits souliers de journaliste professionnel, aucun commentaire désobligeant. Mais nous avons perçu le message. Avec un fusil sur la tempe vous pouvez même renier vos propres parents. A plus forte raison. Sinon le professionnalisme n’interdit pas au journaliste de rappeler à l’occasion les termes de la loi ivoirienne qui interdit l’incarcération des journalistes. A moins qu’il ne soit lui-même convaincu que dans l’exercice de notre profession nous sommes des miliciens soupçonnables d’ « Atteinte à la défense nationale ; complot contre l’autorité de l’Etat ; constitution d’une bande armée ; direction ou participation à une bande armée ; participation à un mouvement insurrectionnel, coalition de fonctionnaires atteinte à l’ordre public ; rébellion ; usurpation de fonction, et enfin tribalisme, ou xénophobie. » Pour établir une pareille liste de chefs d’inculpation à l’endroit d’Herman Aboa, il faut avoir pris Dramane Ouattara au sérieux lorsque, devant l’impertinence des journalistes américains, il a botté en touche en disant que ce dernier est un milicien. Depuis, ce jeune homme est écroué à la Maca au mépris de la loi qui protège notre corporation.
Dans l’affaire, j’ai aussi compris qu’il n’y a pas que le journaliste reporter qui a un fusil sur la tempe. Le juge qui refuse sa mise en liberté provisoire a-t-il jugé en son âme et conscience ? Si c’est un juge ivoirien, lui, devrait savoir qui est Herman Aboa et se dire que ce n’est pas parmi les agents de la RTI que se comptent les miliciens. C’est l’adage qui le dit : « Quand on veut noyer son chien on l’accuse de rage. » Nous sommes donc tous autant que nous sommes en sursis en Côte d’ivoire. Il suffira à Dramane, qui nous connaît peu, de nous prendre pour des miliciens, selon ses humeurs, pour que nous perdions tous nos droits civiques.

Joseph Marat

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