UA-108822782-1
topblog Ivoire blogs

dimanche, 11 décembre 2011

Génération privilégiée


Nous sommes des privilégiés. Et pour savourer chaque parcelle du privilège, il faut en être conscient. Nous vivons une période certes très difficile de notre histoire. Mais quelle attente ! Quel soulagement sera le nôtre au moment du dénouement. Nous sommes dans la salle d’attente, attendant que notre histoire avec la France accouche de notre véritable indépendance. Et la présence de Laurent Gbagbo, au cœur des dernières contractions de notre histoire n’est pas fortuite. Aucun homme politique n’a autant eu conscience de la force de la conviction. Ils sont nombreux qui font de la politique en Afrique, mais il n’y en a pas plus comme Laurent Gbagbo aujourd’hui, Mandela, Lumumba…hier qui aient compris que pour porter le fardeau de la délivrance de tout un peuple il faut se dépouiller de soi-même. Il faut porter en soi le monde pour ne pas en avoir besoin et pour ne pas en faire une faiblesse dans la marche de l’histoire vers la victoire. J’ai toujours du mal à imaginer que Mandela n’est pas un saint sur terre, tellement il est humainement impossible d’avoir une force de pardon qui avale sans sourciller 27 ans de racisme et d’enfermement. Il faut le faire. Laurent Gbagbo est une icône de la démocratie en Côte d’ivoire. Certains intellectuels mal inspiré croient atténuer l’effet de cette image en disant qu’on peut être fils des élections et en perdre le sens. Ils ignorent que c’est déjà énorme d’être fils des élections dans un microcosme de putschistes et de monarchistes. Tout compte fait, avec Laurent Gbagbo à la Haye, notre génération a le privilège de voir à travers ce procès, la fin de la domination Française sur ses anciennes colonies et sur toutes l’Afrique. Comme Mandela hier, Laurent Gbagbo, avec toute la générosité qu’on lui connait, a planté avant-hier le décor d’une lutte qu’il veut mener sans faiblesse contre la puissance prédatrice. Il laisse sur place les sous-fifres se contenter du privilège d’avoir été de banals instruments.

Joseph Marat

Les commentaires sont fermés.