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dimanche, 11 décembre 2011

Génération privilégiée


Nous sommes des privilégiés. Et pour savourer chaque parcelle du privilège, il faut en être conscient. Nous vivons une période certes très difficile de notre histoire. Mais quelle attente ! Quel soulagement sera le nôtre au moment du dénouement. Nous sommes dans la salle d’attente, attendant que notre histoire avec la France accouche de notre véritable indépendance. Et la présence de Laurent Gbagbo, au cœur des dernières contractions de notre histoire n’est pas fortuite. Aucun homme politique n’a autant eu conscience de la force de la conviction. Ils sont nombreux qui font de la politique en Afrique, mais il n’y en a pas plus comme Laurent Gbagbo aujourd’hui, Mandela, Lumumba…hier qui aient compris que pour porter le fardeau de la délivrance de tout un peuple il faut se dépouiller de soi-même. Il faut porter en soi le monde pour ne pas en avoir besoin et pour ne pas en faire une faiblesse dans la marche de l’histoire vers la victoire. J’ai toujours du mal à imaginer que Mandela n’est pas un saint sur terre, tellement il est humainement impossible d’avoir une force de pardon qui avale sans sourciller 27 ans de racisme et d’enfermement. Il faut le faire. Laurent Gbagbo est une icône de la démocratie en Côte d’ivoire. Certains intellectuels mal inspiré croient atténuer l’effet de cette image en disant qu’on peut être fils des élections et en perdre le sens. Ils ignorent que c’est déjà énorme d’être fils des élections dans un microcosme de putschistes et de monarchistes. Tout compte fait, avec Laurent Gbagbo à la Haye, notre génération a le privilège de voir à travers ce procès, la fin de la domination Française sur ses anciennes colonies et sur toutes l’Afrique. Comme Mandela hier, Laurent Gbagbo, avec toute la générosité qu’on lui connait, a planté avant-hier le décor d’une lutte qu’il veut mener sans faiblesse contre la puissance prédatrice. Il laisse sur place les sous-fifres se contenter du privilège d’avoir été de banals instruments.

Joseph Marat

Ténèbres et lumière


On raconte souvent que les sorciers n’aiment pas la lumière. Et à l’épreuve de cette crise que la Côte d’Ivoire traverse depuis 2002, nous avons eu souvent l’occasion de voir que les ennemis de ce pays, pour prospérer, préfèrent se mouvoir dans la pénombre de la vérité. Aux faits qui défient toutes les limites de l’objectivité, ils opposent les versions des officines s’ils ne les fabriquent pas eux-mêmes, pour mieux accabler l’ennemi. A la base des événements de novembre 2004, il y aurait eu l’assassinat de 9 soldats Français. L’heure de la confrontation des preuves n’est jamais venue. Mais Dieu seul sait le nombre de couleuvres avalées par l’Etat de Côte d’Ivoire au nom de cette hypothèse. Dans le mois de mars dernier, à la faveur de la journée mondiale de la femme, la date a été choisie à dessein pour mieux émouvoir la communauté internationale, Abidjan se réveille un matin avec l’information de l’assassinat de 7 femmes dans une marche à Abobo. L’émoi que l’idée du crime odieux et abominable a suscité dans le monde a été un tournant décisif dans les arguments qui accélèrent l’arrestation du président Gbagbo. Depuis, c’est le silence radio. La vérité sur cet événement continuera de souffrir le règne des ténèbres. Je ne m’attarderai pas sur la vérité des résultats du deuxième tour des élections de novembre 2010. C’est la volonté de la tenir cachée qui débouche aujourd’hui sur le procès de Laurent Gbagbo à la CPI. Seulement avec le décor qui a été planté hier dans ce tribunal international où on a eu l’impression que le temps s’est enfin arrêté pour faire la place à l’éclatement de toutes les vérités et de toute la vérité sur le dossier ivoirien, la fin de la course du sorcier est inéluctable. Je prends le pari de penser que dans un prétoire où les invectives, les propagandes et les slogans n’ont plus de valeur face aux seules preuves de ce qu’on avance, le régime de Ouattara a de beaux jours devant lui.

Joseph Marat

Demi-réflexion (1)


Les intellectuels du RDR, notamment M. Maurice Bandama et le Professeur de philosophie Yacouba Konate ont organisé du lundi 28 au mercredi 30 novembre dernier, un colloque international sur "la renaissance de l’Afrique à partir des leçons de la crise ivoirienne". J’avais même pensé qu’ils prenaient des risques à vouloir réfléchir. Je me suis rendu compte après qu’ils avaient tout balisé pour ne produire que des demi-réflexions. Je me trompais car ils n’ont pris en fait aucun risque. L’un des panelistes venus colorer un peu le tableau verra même son espoir totalement déçu. Il a trouvé qu’on a pris soin d’éviter de poser les questions de fond.
Tenez, Alioune Tine, le président de la RADHO (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme), paneliste pour la circonstance, a pris tout le temps d’une communication de 20 minutes pour ressasser les plaintes de Jean Ping. Dénoncer comme le président de l’Union Africaine le fait, que l’Afrique soit le seul continent pourvoyeur de la CPI. Votre serviteur qui assistait à cet atelier n’a pu contenir sa réaction. Je me suis inscrit, quand la parole a été donnée au public, pour dire au droit-de-l’hommiste sénégalais que posée de la sorte, il est évident que la solution au problème est loin d’être viable. On laisserait courir les criminels sur le continent, le temps que l’équilibre se fasse. Sur le chemin de la vertu, il n’est pas vertueux d’attendre les vicieux. Ne trouvez-vous pas que ce serait assez rafraichissant que l’Afrique, pour une fois et pour une cause aussi noble que la justice, soit classée première, après toutes places de tocards qu’elle occupe dans le concert des peuples ? La préoccupation qui devrait être celle des intellectuels dans ce genre de colloque est de se demander si la justice internationale est véritablement juste. N’est-elle pas devenue un instrument dans les mains d’une oligarchie politique ? Lorsque le procureur de la CPI arrive dans un pays où des gens se tapent la poitrine pour avoir levé une rébellion qui a fait au bas mot 15 000 victimes en une décennie et entretenu des commandos dits "invisibles" dans une localité urbaine ou on déplore des crimes abominables et qu’il conduit devant son tribunal le rescapé qui a résisté à la bourrasque de la violence, il est indécent de voir des intellectuels se réunir dans ce même pays pour parler de la couleur du ciel.

Joseph Marat

Demi-réflexion (2)



Il y a eu une autre demi réflexion que j ai subi au cours de ce colloque international sur la renaissance de l Afrique a partir des leçons tirées de la crise ivoirienne. Celle-ci est d’un ami ivoiro-camerounais philosophe. La critique que je suis sur le point d apporter a son intervention n enlève rien au génie que j admire en lui. Elle montre simplement a quel point ce colloque a été le lieu d’un refus de réellement réfléchir parce que contrairement a l’arithmétique, une demi réflexion ajoutée a une autre ne donne pas une réflexion mais une non réflexion. Mon ami Franklin Nyamsy a développé a l’occasion toute une théorie sur la colonialité, le colonialisme et l’anti colonialisme dogmatique pour remettre en cause les discours des souverainistes africains. Il a nommément cite Kadhafi, Mugabe et Gbagbo qui sont pour lui des démagogues, nouveaux dépositaires de la pratique coloniale à travers une perpétuation de la colonialité. Sans entrer dans le débat idéologique qui de toute façon aurait été inutile, j’ai demandé à mon ami comment on sort de cette gangrène qui, après l’esclavage la colonisation et le néocolonialisme françafricain, mine notre continent. La réponse de mon ami a été charmante. C’est par l’application stricte des règles de la démocratie que l’Afrique pourra s’en sortir. Oppressé par le temps le débat n’a pu se poursuivre. Mais je continue d’être intrigué par ce discours de la justification du mal par l’inversion des valeurs. En effet je continue de demander pour quoi l’absence de Blaise Compaoré et de Dramane Ouattara sur une liste noire qui mentionne Laurent Gbagbo ? Pour me débarrasser de mes incertitudes j’en ai déduit que mon ami sur le coup a fait aussi œuvre de démagogie et qu’il a servi aux organisateurs ce qu’ils voulaient entendre. Sinon ce n’est pas en s’accoquinant avec la puissance colonisatrice pour récuser les principes élémentaire de la démocratie, assassiner des chefs d’Etat et bombarder les palais que l’Afrique renaîtra durablement. Vous avez certainement compris que ce fut un colloque pour ne pas réfléchir.
Joseph Marat

vendredi, 02 décembre 2011

L’échec d’un dieu


Nous l’avons déjà écrit, et l’avons déjà ressassé, cela n’intéresse nullement Ouattara Dramane de diriger un Etat normal. Il veut se passé de ce que peuvent ressentir et penser "46%" de la population ivoirienne. Il lui plait de piétiner notre constitution. Et il se moque éperdument de ce qui peut augmenter sa côte de popularité en Côte d’ Ivoire. Si ses amis français sont contents, cela suffit pour le "bravetchè" national. Quelqu’un me disait hier que Ouattara vient de rater l’occasion de se faire accepter totalement par les ivoiriens. Ce n’est devenu un sujet tabou que depuis qu’il s’est hissé au pouvoir dans une violence inouïe. Sinon ce n’est un secret pour personne que depuis qu’il a fait irruption dans la vie de ce pays, il traine la casserole de l’intrus, mal aimé et mal intégré. Le seul ivoirien qui l’a en fait réellement intégré et mis en scelle en Côte d’ivoire c’est celui qu’il vient de livrer à la CPI contre notre constitution, contre le principe de la fraternité déclamer par notre hymne nationale et contre l’aspiration profonde de ses propres partisans à retrouver la communion d’avec les autres après le choc de la guerre postélectorale. On ne peut pas être plus ingrat. Et quand on est ingrat on ne mérite la sympathie sincère des hommes. Ceux qui vous suivent, au regard de ce dont vous êtes capable, le font tant que cela préserve leur intérêt. L’admiration s’érode nettement parce que la manie de la vengeance, quand on n’y a plus intérêt, éloigne de l’humanité. Or ce qu’on admire dans un homme c’est justement son humanité. Ils sont nombreux les amis du Rhdp qui ne se réjouissent pas du transfert de Laurent Gbagbo au TPI. Leur gène est le début d’un désamour pour l’homme en qui il avait place un espoir surhumain pour ressouder la société ivoirienne. Ils sont déçu parce qu’ils viennent de se rendre compte qu’il a échoué.

Joseph Marat

"Est-ce qu’on pense ?"


"Est-ce qu’on pense ?" Cette expression de l’argot ivoirien est une question qui veut en fait dire qu’on ne pense pas. Mais ce n’est pas nouveau. L’un des plus grands philosophes français de notre temps, Gaston Bachelard l’avait dit aussi. Il s’est inspiré de la "doxa" grecque. Pour lui, l’opinion ne pense pas. Oui, mais il y a bien une différence. Pour le philosophe, c’est la foule qui ne pense pas tandis que le sujet lui pense. Or dans l’argot, ivoirien c’est le fait même de penser qui est remis en cause. Alors depuis quand les Ivoiriens se sont-ils mis à ne plus vouloir penser ? Est-ce une coïncidence ou une transcription linguistique d’un phénomène sociopolitique en Côte d’Ivoire ? Une chose est certaine. Depuis qu’on a introduit la violence à l’école, en politique ; qu’on a fait des rebelles des modèles politiques et que la guerre a remplacé le dialogue dans le règlement d’un contentieux électoral, peut-il y avoir meilleure occurrence pour qu’on cesse vraiment de penser ? Sinon de vous à moi, que fait en prison quelqu’un qui, à la suite d’un certain nombre d’informations en sa possession, fait une analyse et parvient à la déduction qu’à une date précise il y aura une dévaluation ? L’attitude d’un gouvernement serein et sûr de lui n’est-il pas d’attendre arriver la date pour confondre le penseur menteur ? En France, pendant que le ministre de l’économie et des finances François Baroin, communique sereinement sur l’idée que son pays continue d’avoir son triple AAA, Jacques Attali, un économiste averti est encore sur la toile avec la certitude qu’il y a longtemps que la France a perdu cette fameuse position et que la seule chose qu’il espère avant janvier prochain, c’est la dévaluation de la monnaie européenne. Jacques Attali n’est pas en prison en France, ni dans aucun pays d’Europe. Ne pensez vous pas qu’en Côte d’Ivoire, nos goulags sont un peu trop remplis de gens qui n’ont fait que penser ? Et que nos rues grouillent de monde qui ne pense pas ? Une seule image : regardez la position actuelle du Prof. Ake Ngbo Gilbert, l’homme aux 22 diplômes universitaires et gardez vous de penser à celle de son remplaçant.

Joseph Marat