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lundi, 09 janvier 2012

Le non des Ivoiriens à Dramane


Quand Dramane Ouattara va-t-il cesser de se cacher derrière des paravents et tirer des leçons du non constant des ivoiriens à tous ses appels. Le représentant permanent de Blaise Compaoré en Côte d’ivoire monsieur Baldini confiait récemment à un organe français qu’une partie des ivoiriens rejette Alassane Ouattara. A bien y réfléchir, c’est de Dramane seul qu’on peut dire une telle chose dans le milieu politique ivoirien. Ce n’est pas parce que qu’on ne vote pas pour Wodié par exemple qu’on le rejette forcement. Et nous faisons sous l’euphémisme du diplomate burkinabé cette observation non moins édulcorée qu’il ya au bas mot 80% des ivoiriens qui ont toujours dit non à Dramane Ouattara. En 2000 le débat préélectoral pour le vote de la Constitution s’est focalisé sur le "et" et le "ou" parce que l’homme politique ivoirien Dramane Ouattara ne voulait pas du "et". Malgré son appel officieux à s’abstenir, 86% des ivoiriens se sont déplacés pour voter. La présidentielle et les législatives de 2000 ont mobilisé respectivement 37% et 33 % d’électeur. Dramane Ouattara et son parti politique n’étaient pas en jeu. En 2010, après huit ans de soutien à une rébellion et un interminable tapage médiatique pour faire comprendre au monde entier qu’il était le messie tant attendu par l’ensemble des ivoiriens, Ouattara n’est pas élu au premier tour et il ne se plaindra pas d’être le second du "dictateur" Gbagbo. Au contraire il ne lèvera même pas le petit doigt pour appuyer les soupçons de fraude que son allié Konan Bédié fera peser sur les pratiques de la Commission Electorale Indépendante. Si on veut accordez du crédit à la CEI de Youssouf Bakayoko et de Bamba …on dira « tout ça pour se contenter de ne peser que 35% de l’électorat ivoirien derrière le "pestiféré" de Laurent Gbagbo ». A l’occasion, nous retenons que les ivoiriens se sont déplacés en moyennes à 81%. Pour les dernières législatives les médias internationaux ont parlé de désert électorat, les observateurs ont noté une faible participation. Les opposants plus cléments parlent de 14,33%, là où des indiscrétions à l’Onuci susurrent un taux de participation de 8%. La leçon à tirer de ces chiffres est claire : chaque fois qu’Alassane Ouattara a été concerné par une élection, les taux de participation et celle de l’abstention tutoient le plafond parce que les Ivoiriens ne souhaitent pas qu’il y ait une quelconque ambigüité quant à leur volonté de dire non à Ouattara. Pour le référendum ils ont dit non à Dramane Ouattara à 86%. A la présidentielle de 2010, ils sont sortis nombreux pour qu’il soit franchement battu. Pour les dernières législatives ils sont massivement restés chez eux parce que justement, il ne fallait répondre qu’à l’appel de Dramane Ouattara. Vous avez certainement noté avec moi que les seules fois où on retrouve les taux normaux africains de participation à des élections, c’est lorsque le chef de l’Etat actuel n’a pas été concerné : présidentiel et législative de 2000. Ne pas faire cette lecture à l’instar d’ailleurs de monsieur Baldini, c’est avoir la tête dans le sable comme une autruche.

Joseph Marat

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