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jeudi, 12 janvier 2012

Reddition, piège à con



Il ya des concitoyens qui ne comprennent pas pourquoi, jusqu' à ce qu’on le déporte à la Haye, Laurent Gbagbo disait encore ceci : « s’ils croient que c’est en me traitant de la sorte que je vais reconnaitre la victoire de Ouattara, ils se trompent ». Il a fait cette même réflexion à la veille de son arrestation, sur LCI. Il venait de refuser de signer le texte de sa reddition. On imagine aisément au prix de quels sacrifices Gbagbo n’a toujours pas cédé aux exigences de ses ennemis après son séjour dans les goulags de Korhogo. Les hommes politiques comme lui ne disent rien au hasard. Ils sont aux confluents de tellement d’intérêts que tout ce qu’ils disent est un condensé de non-dits. D’aucuns racontent que sa reddition permettrait au régime actuel de renégocier tous les contrats pétroliers ou miniers qu’il aurait signé avec des partenaires cossus. D’autres, en sus pensent qu’il s’agirait de remettre le code bancaire secret donnant accès à des milliers de milliards de nos francs laissés au Vatican par le président Houphouët. Les supputations vont bon train, mais elles nous laissent toujours sur notre faim de rigueur intellectuelle. Quand Robert Guéi a renversé Konan Bédié en 1999, il n’a pas eu besoin que ce dernier lui signe une quelconque reddition. Pour Alassane Ouattara succédant à Laurent Gbagbo les choses se sont passées autrement. Depuis quelques temps, le discours officiel parle de 3000 morts qui auraient jalonné le parcours. Il faut bien un responsable. Aussi me dis-je, que dans cette affaire de reddition ce qu’on demande à Laurent Gbagbo c’est qu’il tende le bâton qui doit servir à le punir. 3000 morts, le chiffre est tout trouvé et en l’occurrence ce ne sont pas les auteurs qu’on cherche. Ils sont connus. On cherche le responsable, le co-auteur indirect. Il suffira à Gbagbo de reconnaître la victoire de Ouattara pour qu’on lui rétorque que c’est parce qu’il a continué à exercer le pouvoir malgré sa défaite, que le malheur est arrivé. Il sera donc jugé responsable de tout. Mais autant la ligne d’attaque est claire autant la ligne de défense l’est également. Et celle-ci pourrait réserver bien de surprises à tous les procureurs du camp des supposés vainqueurs.

Joseph Marat

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