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jeudi, 12 janvier 2012

Saluons très bas le départ d’un monument.


Paul Antoine Bohoun Bouabré est décédé hier. Un leader africain s’en est allé. A son sujet ? les hommages sont loin d’être de circonstance. Les éloges posthumes ont généralement le faible d’être dithyrambiques parce que le respect des morts impose à notre humanité d’arrêter tout acharnement pour s’incliner bas devant toute dépouille. Car en vérité, même si le corps est roi, certains sont dignes d’éloges. Pour le ministre de l’économie et des finances des premiers gouvernements de Laurent Gbagbo, il n’est vraiment pas exagéré de dire que le continent africain vient de perdre un digne fils. La guéguerre politique ne devrait pas nous empêcher de juger de la valeur de l’homme au vu de ce qu’il a rendu possible. C’est à Bohoun Bouabré par exemple que nous devons le concept de budget sécurisé. Pour ceux qui ont une conception progressiste de la révolution, Bohoun Bouabré est révolutionnaire dans le milieu de l’économie. Là où des leaders politiques nous ont habitués à l’endettement comme seul mode de gouvernance, Bohoun Bouabré a conçu le budget sécurisé. Pour la première fois en Afrique subsaharienne, un gouvernement décide et réussit à faire vivre un pays africain à partir de ses propres ressources. Rien qu’avec ça, Bohoun Bouabré a mérité qu’on l’inscrive au panthéon des plus grands économistes de notre temps. C’est une réputation qui n’est pas surfaite. Il n’est pas un rebelle qui a cru faire avancer son pays en prenant des armes. Il est loin de ceux qui sont décriés partout en Afrique pour avoir fait la promotion de la politique économique de paupérisation (PEP). Nous avons fortement espérer que Bohoun Bouabré revienne aux côtés de Laurent Gbagbo pour nous faire oublier les fanfaronnades des pseudo-économistes spécialisés de rebellions et de force de tout genre. Mais alea jacta es. Saluons très bas le départ d’un monument.

Joseph Marat

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