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vendredi, 13 janvier 2012

inhumian jusqu’au bout

Il ne plaît vraiment pas au camp d’Alassane Ouattara qu’on dise que Paul Antoine Bohoun Bouabré est une victime de leur mentor. Le journal le patriote du mercredi dernier a pondu toute une page de plaidoirie pour tenter de convaincre du contraire. leur argumentaire, loin de démentir ce qu’on leur reproche montre seulement qu’ils sont profondément gênés par le jugement de l’histoire qui trouve qu’ils ont un goût un peu trop prononcé pour la cruauté. Oui dans l’absolu, ce n’est pas Dramane Ouattara qui a "appuyé sur la gâchette" pour tuer Bohoun Bouabré tout comme dans le même absolu, eux, qui sont convaincus de sa culpabilité, ne peuvent prouver avoir vu Laurent Gbagbo aligner 3 000 ivoiriens pour les canarder. C’est parce que le monde dans lequel nous vivons est injuste que les criminels de la pire espèce prospèrent. Sinon sait-on le nombre de victimes qu’ont engendré une rébellion de neuf ans, un embargo sur les médicaments, la fermeture des banques, le bombardement d’un palais présidentiel et enfin le blocage des comptes des gens dont on connait l’état de santé précaire ? L’écriture dit : « tous ont péché », et j’ajoute, « tous sont des criminels parce que la vie humaine est sacrée et rien ne devrait justifier que quelqu’un la perde à cause d’un autre ».
Mais il ne faut pas être dupe. Nous sommes tous des criminels, mais nous n’avons pas tous le même motif de l’être. Et j’emprunte la formule à Cheikh Amidou Kane pour dire qu’il y a des crimes qu’on commet par nécessité, il y en a qu’on ne peut éviter de commettre par système - le système vous y pousse - , et il y en qu’on commet par manie. Dans les deux premiers cas, on parlera de légitime défense et du salut du plus grand nombre. Dans le dernier cas, le crime relève de la perversité d’un esprit retors.
Dans la tentative de défendre Dramane Ouattara, le patriote ne dit pas qu’aucune démarche n’a été entreprise auprès du chef de l’Etat pour aider le ministre souffrant, il présuppose plutôt que le ministre Bohoun Bouabré ne peut pas être décédé du fait du blocage de ses comptes parce que, pour ce qu’il a été, il doit certainement avoir planqué de l’argent dans des paradis fiscaux. Oui ! Merci de nous informer que c’est la pratique qui prévaut actuellement chez nos gouvernants, mais c’est justement ce qui nous conforte dans l’idée que le ministre Bouabré est la victime d’une manie pour l’extermination de l’adversaire politique. Arrêtez donc de vous défendre et avouez plutôt que vous avez pris plaisir, comme des voyeurs, à voir mourir un ministre d’Etat, parce que justement, vous saviez qu’il reprouvait votre pratique de gouvernance.

Joseph Marat

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