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lundi, 16 janvier 2012

Maitre dans l’art de blasphémer

A l’initiative du conseil supérieur des imams de Côte d’Ivoire (COSIM) une journée nationale de prière pour le pardon, la réconciliation et la paix a eu lieu le samedi dernier à la grande mosquée de la Riviera Golf. Etaient présents à cette cérémonie, Dramane Ouattara, son épouse, Charles Konan Banny et certainement un parterre d’officiels venus présenter à Allah leur profond désir de voir le peuple de Côte d’Ivoire se réconcilier. Généralement, après la pluie, le beau temps ne se fait jamais prier. Mais on ne peut pas reprocher aux hommes d’invoquer l’être suprême pour qu’il leur accorde ce dont ils ont besoin. Seulement les hommes prient Dieu et oublient que Dieu aussi leur parle. Je paraphraserai l’artiste pour dire que l’homme veut que Dieu veuille ce qu’il veut, mais il se garde de vouloir ce que Dieu veut. « Dieu est amour », tous les grands livres spirituels le disent. Même les religions sans Dieu considèrent que ce qu’il y a de vénérable dans l’ordre cosmique, c’est cette dimension de l’altruisme qui veuille qu’on fasse passer le bonheur des autres avant le sien. Selon le canon bouddhique par exemple, l’autre est moi et c’est ce que traduit cette injonction du Christ qui dit : « aimez les autres comme moi je vous ai aimés ». Le sacrifice suprême à la croix fait foi. Alors premièrement, une cérémonie de réconciliation n’est pas nationale parce que M.Dramane Ouattara s’y est présenté avec son épouse. Elle l’est vraiment lorsque toutes les forces de la Nation qui étaient hier en conflit, y ont apporté leur adhésion totale. Deuxièmement, on se réconcilie toujours avec quelqu’un avec qui on a été en conflit, ce qui veut dire que le concept de réconciliation implique toujours un préalable, celui de la fin du conflit et l’entame d’un rapprochement. Les imams qui n’ont invité que Ouattara et son épouse à "leur journée nationale de réconciliation" en violation de certains principes divins, savent-ils que ce dernier n'a jamais cessé la guerre qu’il a initiée contre une bonne partie des citoyens ivoiriens ? Il continue de les maintenir en exil et de les condamner à une mort certaine en bloquant leurs comptes. Et on est loin d’attendre de lui cette autre recommandation de Dieu qui dit précisément ceci : « avant d’approcher mon autel, rassure toi que tu t’es déjà réconcilié avec ton frère de peur qu’il ne te condamne »

Joseph Marat

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