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mardi, 17 janvier 2012

Comme un cheveu sur la soupe

La cérémonie de demande de pardon au ministre innocent Kouassi Adjoumani, après le lynchage dont sa délégation a été victime dans la localité d’Ayamé a monopolisé toute une page du journal le Nouveau Réveil du lundi 16 janvier passé. Il y avait de quoi. Il fallait laver l’affront et il fallait énormément communiquer sur le fait que l’ordre a été rétabli et respecté. La population a vite compris qu’elle avait intérêt à revenir de sa "folie passagère". Il n’était pas dans son intérêt de tenir longtemps humilié un ministre du sieur Dramane Ouattara. Surtout quand le ministre lui-même, dans une colonne sur l’affaire, reconnait quelque part que de toute sa vie d’homme politique, c’est la première fois qu’il est victime d’une telle déconvenue. L’impression que nos confrères donnent dans cette campagne de réparation de l’image du ministre Adjoumani et par ricochet de celle du gouvernement, c’est de vouloir faire croire que l’autorité de l’Etat a été respectée. C’est un fait, mais un fait qu’on refuse apparemment de creuser. La défiance d’Ayamé est certainement une défiance de trop pour une autorité qui se croit investie de la légitimé du peuple. Avant Ayamé, il y a eu Duékoué, Vavoua, Sikensi, Abengourou, Aboisso…et c’est tous les jours qu’on apprend que les populations se soulèvent contre l’autorité de Dramane Ouattara un peu partout. A cause de cette défiance des populations, ce dernier a même suspendu son déplacement de Duékoué où il devait effectuer sa première tournée d’Etat à l’intérieur du pays au désir de se faire encenser par ceux qu’il a sauvé de la "sauvagerie de Gbagbo". On attend toujours. Le problème de fond est que les réactions spontanées des populations commencent, par l’effet de leur accumulation, à montrer qu’elles ne portent pas le gouvernement dans leur cœur. Et ce n’est pas seulement parce que son programme de gouvernement est inexistant - le peuple sait, par esprit démocratique, que le délai de carence d’un gouvernement est de cinq ans – mais parce qu’il ne se reconnait pas dans ce régime. Le peuple ne pense pas lui avoir donné sa caution. Le manque d’osmose entre les Ivoiriens et le gouvernement actuel nous invite toujours à questionner les résultats de la dernière élection présidentielle. Dramane Ouattara l’ a-t-elle réellement gagnée ?

Joseph Marat.

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