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jeudi, 19 janvier 2012

Le chant du cygne



Guillaume Soro n’était pas au bas de l’échelle de coupée de l’avion d’Hilary Clinton. Aucune image avec cette dernière qui a d’ailleurs abondamment félicité Dramane Ouattara pour des "progrès réalisés" sur la voie du retour à la normale n’a été vue nulle part. Ouattara avance t-il sans le concours de son premier ministre ? Tout compte fait, 48 heures sur le sol ivoirien sans rencontrer le premier ministre Soro Guillaume, c’est énorme protocolairement et cela ne pouvait pas passer inaperçu. Si on ajoute à cela les sons d’alcôve qui se font insistants sur le fait que la dame de fer de la diplomatie américaine aurait tiré les oreilles à Dramane Ouattara pour qu’il se débarrasse de son premier ministre, on aura compris que non seulement Hilary n’avait rien à dire à Soro mais en plus elle voulait lui envoyer un message : la page est tournée. Il ne pouvait pas en être autrement pour celui qui a accepté de cristalliser la souffrance du peuple ivoirien ces dix dernières années. Il assume sa rébellion à travers des écrits qui ont l’avantage de ne jamais s’envoler. Il aura été naïf de croire qu’après avoir réclamé la responsabilité d’une rébellion, il lui aurait suffi de décharger tous les crimes sur sa victime pour qu’il se la coule douce. Les hommes qui agissent sur le présent de l’histoire se rendent difficilement compte qu’elle a un sens et qu’elle produit d’énormes leçons. Quelques une nous parlent de la loi du Karma, du sang d’Abel qui crierait toujours vengeance, du purgatoire du pécheur, et du dernier instant du malfaiteur. En fait le pacte avec l’ange rebelle de Dieu a toujours un revers et il n’est jamais définitif. C’est de Dieu qu’on dit qu’il donne gratuitement, qu’il est amour, qu’il consacre toute autorité et reprouve toute rébellion justement à cause du forfait de Lucifer. Bref, comme un cierge, Soro s’est vite consumé. En moins de 40 ans, à l’âge où sa génération en Afrique cherche à s’intégré socialement, lui, il a déjà tout eu et tout vu. Il ne devrait pas se plaindre de prendre sa retraite. A moins que la tentation le prenne de commettre le dernier parricide qui lui garantisse une seconde jeunesse, une seconde longévité dans le jeu. Ce n’est pas facile pour les ivoiriens qui, commencent à croire qu’il ont passé 40 ans de stabilité à préparer 40 autres années d’instabilité.

Joseph Marat

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