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mardi, 31 janvier 2012

Il ya des « va-t-en » qu’on ne crie pas


Quand on a un peu de dignité à préserver on prend acte et on démissionne. Ce qui vient de se passer au dernier sommet des chefs d’Etat de l’Union Africaine est révélateur non seulement de la désunion qui gangrène désormais cette organisation mais aussi et surtout du désaveu qui accompagne le mandat de Jean Ping. Nous sommes habitués en Afrique, de la tournure que prend ce genre de sommet au cours duquel le principe du consensus prend toute sa place pour plébisciter un président et sauver l’esprit de l’Union. Hier en revanche, les chefs d’Etat Africains réunis ont montré clairement leur désaccord sur l’Etat de leur Union. Au bout de quatre tours de scrutin, le blocage a persisté. Malgré le retrait de l’adversaire Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma au bout du troisième tour, Jean Ping n’a pu arrache le tiers du suffrage nécessaire sur sa personne. Du coup il perd toute marge de manœuvre suffisante pour le contrôle de la présidence de l’union jusqu’en juillet prochain. pour ne pas tirer toutes les leçons de ce blocage, Dramane Ouattara qui commence à nous habituer à des déclarations décalées par rapport aux situations, a confié à un journaliste de Rfi que c’est la démocratie dans l’union qu’il faut revoir. En clair, à défaut de violer le code électoral il faut le changer pour que le copain passe. Il ne faut pas compter sur lui et les autres coachés par la France pour voir au delà du manque de consensus à ce sommet la méforme de l’Union qui s’est énormément fourvoyé dans les crises ivoirienne et libyenne. Il aurait été irresponsable de renouveler de façon systématique le mandat du gardien de l’union qui n’a pas hésité à accompagner les déstabilisateurs du continent par ses prises de position ambigües quand il décide d’en avoir. Le fait de le garder à titre intérimaire au poste ne change fondamentalement rien au désaveu qui sonne comme une malédiction.

Joseph Marat

Hantés par leurs propres crimes


Ils ont tout essayé et ils ont été, en tout, maladroits. Et comme ils savent que le jeu en vaut la chandelle, ils ne désespèrent pas. Le monument Laurent Gbagbo, même sous les verrous d’une cour de justice prétendument incorruptible, n’est pas facile à déboulonné. On pouvait comprendre que jouissant de toutes les prérogatives du pouvoir ses adversaires aient eu quelques difficultés à le déstabiliser par leurs intrigues. Au contraire la tache est devenue plus hardie depuis que par des moyens déloyaux ils l’ont vaincu et transféré à la Cour Pénale Internationale. La dernière manigance en date est l’utilisation d’une photo montrant un ressortissant mozambicain du nom d’Ernesto Alfabeto Nhamuave transformée en torche au cours d’une manifestation en Afrique du Sud. Cette image que madame Songona Bamba, la conseillère en communication de Dramane Ouattara avait déjà brandie le 1er avril 2011 sur le plateau de télévision de France 24, s’est retrouvée à la Une du journal le Patriote le 23 janvier dernier pour justifier leur propre barbarie contre le meeting du FPI à Yopougon Ficgayo. Il fallait montrer que même quand c’est eux qui agressent, la main de Laurent Gbagbo n’est jamais loin. Voici comment nos "amis" qui sont réellement en face se sont fabriqués un monstre du nom de "Gbagbo" qui hante toutes leur quotidien. Aussi faut-il se faire à l’idée que les exorcismes, les incantations, les danses macabres pour s’aménager un espace de bonne conscience face aux miroirs inquisiteurs de leur propres forfaitures, seront les seules armes qu’ils fourbiront contre l’innocence et la non violence du président Laurent Gbagbo. Mais pour combien de temps ? Le sage de l’Ecclésiaste dit qu’il ya un temps pour toute chose et que le mensonge a beau courir, il se laisse toujours rattraper par la vérité. Et ce qui fatigue nos amis d’en face c’est la célérité de la vérité. Les images des femmes marcheuses d’Abobo ont été démontées avant la chute du Président Gbagbo. Celle de la victime qui ressuscite devant les cameras du monde n’a pas eu le temps de sévir. Et ils continueront parce que c’est vital pour eux…

Joseph Marat

Patchwork des inconstances régnantes


Nombreux sont les Ivoiriens qui se sont mis à la diète tellement la plupart de ce qui leur est proposé comme lecture sur la politique nationale est indigeste. Les écrits continuent de grouiller à travers les journaux et leurs Unes, mais rares sont ceux qui rapportent des propos de hauteur. J’avoue en même temps que les journalistes ne sont pas en cause dans l’affaire. Il y a que les nouveaux animateurs de la vie politique nationale ne leur donnent plus l’occasion de s’élever. Ceux mêmes qui s’essayent au jeu de l’élévation se sentent constamment menacés par l’épée d’Eudieka. Mais avant de vous servir quelques morceaux choisis des inconstances régnantes, je vous recommande de lire la lettre ouverte à Dagri Diabaté de Waraba, l’un des nombreux Ivoiriens originaires du nord qui n’ont pas attendu d’être "rattrapés" pour s’imposer dans l’estime de leurs concitoyens. Ce texte dont le support échappe encore à la censure des "saigneurs" vous ressource et vous donne la mesure de la chute de la Côte d’Ivoire. Pour le "n’zassa" des frasques politiques en Eburnie, commençons par Cissé Bacongo commentant l’actualité sportive qui dit ceci: « le pacte d’Akradjo est géré, la coupe vient à Abidjan ». Nous voulons tous que la coupe vienne nous évader un peu des serres de toutes nos misères, mais nous savons aussi que les dirigeants chez qui la fin justifie les moyens, sont les plus à craindre. Ce n’est pas forcément bon signe qu’un ministre de l’enseignement supérieur plastronne sur des canards pour faire la promotion de l’obscurantisme. Décidément, la rationalité ne semble pas être leur fort. Un autre, Gnenéma Coulibaly ministre des droits de l’homme en Côte d’ivoire dit en substance qu’ils ont transféré Laurent Gbagbo à la Cpi pour lui rendre service. Dans l’absolu, on ne crache jamais sur un service. Mais nous pensions que Laurent Gbagbo, le co-auteur indirect de 3000 crimes de guerre était plutôt à Scheveningen pour que triomphe la justice et non pour le préserver de la maltraitance d’un régime peu fiable en matière de droits humains. On ne s’attardera pas sur le cas Banny, le réconciliateur qui brasse du vent à cause de sa rancœur contre Laurent Gbagbo qui aurait refusé son "tandem" subversif. Au dessus de ce beau monde, le chef, Dramane Ouattara. A son endroit, on aimerait bien pouvoir dire autre chose qu’il raconte des "contrevérités" et qu’il prend souvent son auditoire pour des personnes dépourvues de tout esprit critique. Nous n’irons pas plus loin pour dire qu’on peut projeter sur les autres que ce qu’on possède soi-même.

Joseph Marat

lundi, 30 janvier 2012

le "rattrapage" est un tribalisme planifié !


Les déclarations de Dramane Ouattara ? ces derniers jours sur la justification insidieuse de sa politique de "rattrapage" ethnique rappelle à notre souvenir un texte que nous avions écrit sur cette pratique du régime qui ? loin d’être un rattrapage ? scelle le sort des autres peuples de Côte d’Ivoire. Ils sont vraiment sérieux…
« C’est le journal Le patriote qui nous met la puce à l’oreille. Il faut reconnaître qu’en la matière, ce journal a rarement failli à sa mission. On se souvient tous que juste avant la rébellion de 2002 et juste après le tract de la charte du nord, ce journal avait divisé sur sa Une la carte de la Côte d’Ivoire en deux. La suite, on la connait tous. La ligne de front balafrant encore ce pays a copié cette maudite carte. Il y a un adage qui dit : « même si tu n’aimes pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court vite ». Les messages du journal Le Patriote sont les signaux des officines. Il nous dit clairement ce que les officiels n’osent pas dire, mais qu’ils travaillent à faire advenir.
Depuis le 11 avril 2011, la société ivoirienne a muté. 60 ethnies, 19 régions, c’est désormais du pipeau. Et c’est le journal d’Ahmed Bakayoko qui nous l’apprend. Prenez le numéro 3528 du mardi 23 août dernier. A la page 3 de ce quotidien qui est devenu un journal ‘’gouvernemental’’ on a réalisé un panel de 7 personnes qui ont été appelées à juger l’action des Frci. Le titre du panel est : Le oui, mais… des populations. Or voici un échantillonnage de la population interrogée: Koné Abdoul Karim, Keita Mamadou, Touré Naminata, Kamagaté Youssouf, Baro Seydou, Coulibaly Ballo, Kamara Boiké. Ils ont tous trouvé, malgré le bémol du titre, que les Frci sont des sauveurs.
Un panel autour d’une question aussi cruciale que le comportement d’une armée qui se veut nationale ne peut être fait avec autant de légèretés sans véhiculer un message subliminal autour de notre destin à tous. Un jour de l’an 1492 Christophe Colomb découvre l’Amérique. Cinq siècles plus tard, les Indiens qui occupaient ce territoire sont en voie de disparition. Le Patriote avait déjà annoncé la partition de ce pays. N’est-il pas en train de nous dire que les Bété, Baoulé, Attié, Guéré, Gouro, Agni, Djimini, Abidji, Dida… doivent se préparer à disparaître ? Surtout que la composition du gouvernement n’est guère rassurante. »

Joseph Marat

dimanche, 29 janvier 2012

Dramane et la solution des oboles symboliques


L’information est tombée la semaine dernière. Dramane Ouattara a promis au patronat Français, réticent à venir investir dans un pays dont le système sécuritaire repose sur la science d’un dozo ( Koné Zakaria, le responsable de la police militaire raconte quelque part comment il est devenu dozo), de lui vendre toutes les banques de la Côte d’Ivoire. Quand on se rappelle de sa technique de vente, les Ivoiriens peuvent être sûrs qu’ils n’en tireront qu’une obole symbolique. Cela faisait-il partie de son programme de gouvernement ? D’aucuns nous diront qu’il n’avait pas besoin de l’écrire et de nous prévenir parce que c’est un proverbe de chez nous qui dit qu’un chien ne change jamais sa manière de s’asseoir. Nous étions donc sensés savoir qu’avec lui nous nous engagions à renoncer à notre souveraineté dans tous ses compartiments. Et là les mots sont bien pesés. Faire de telles propositions à des opérateurs économiques de l’ancienne puissance coloniale, après ce qui s’est passé lors de la crise des banques en février 2011, n’est rien moins que se déclarer solennellement vassal. Dramane Ouattara sait-il que la question de la souveraineté d’un pays ne relève pas d’un romantisme niais. C’est Charles de Gaule qui a laissé ceci à l’histoire des rapports entre les puissances : « les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». Alors primo, les français ne viendront pas acheter toutes nos banques pour nos beaux yeux, secundo et mieux, le tandem Ouattara Sarkozy ne survivra pas à l’histoire du peuple de Côte d’Ivoire. Il est donc naïf et moins scrupuleux pour un homme politique de ne rechercher que la facilité de la féodalité dans son rapport avec un autre. En clair, Dramane Ouattara, à qui je souhaite au passage une longévité au pouvoir, n’est pas forcément à l’abri des humeurs de la France à cause de son amitié avec Sarkozy. Les accords de défense existaient encore dans leurs formes actuelles quand Laurent Gbagbo a été attaqué une nuit de septembre 2002. Les banques françaises contrôlaient l’essentiel du système bancaire ivoirien quand de façon arbitraire elles ont fermé.

Joseph Marat

jeudi, 26 janvier 2012

RSF : Mieu a une approche bizarre du mieux


Nous nous souvenons tous dans ce pays de la morgue de Robert Menard, alors premier responsable de Reporters Sans frontières, organisme connu dans le monde entier comme le tribunal moral de tous les régimes qui ont peu d’égard pour la liberté de la presse. Après son activisme au RSF, nous avons redécouvert Robert Menard sur les chaînes de télévision de son pays tentant de faire avaler à tous, que Laurent Gbagbo est un dictateur de la pire espèce. L’organisation n’a pas beaucoup changé d’objectif depuis le départ de Robert Menard. Si nous l’avons rarement eu à la botte dans les derniers moments du règne du président Gbagbo, il faut dire qu’il n’avait rien à dire sur un régime qui avait fini par convaincre que c’est à lui qu’on doit la dépénalisation des délits de presse et d’opinions. Baudelaire Mieu est le représentant de RSF en Côte d’Ivoire. A en croire le journal Fraternité Matin du samedi 21 janvier dernier, il a fait le point sur la situation de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire. On note au passage que ce sont des points, des rapports de ce genre qui entrainent généralement l’acharnement de RSF sur les régimes politiques liberticides selon ses animateurs. Alors le sieur Mieu, après avoir dénoncé les dérives du régime de Dramane Ouattara parvient à la conclusion que la situation de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire s’améliore. On ne l’a pas vu nous informer le moment où la situation était pire, mais le voilà en train de nous dire que nous sommes désormais au seuil du meilleur des mondes possibles. Mais même là, le mensonge est intriguant. Comment les choses peuvent s’améliorer si RSF, l’organisation de Mieu est justement obligée de prendre en charge un cas flagrant de répression ? Si un régime qui condamne à une mort certaine des journalistes en bloquant leurs avoirs, n’est pas pire, à quel moment le deviendra-t-il ? Il est tout de même bizarre qu’une organisation de défense des droits des journalistes trouve qu’un régime politique s’améliore justement au moment où celle-ci est contrainte par ledit régime de porter assistance à une journaliste condamnée à mort à cause du gel de ses avoirs. Allez-y comprendre quelque chose. Pour sûr, Mieu doit revoir son approche du mieux.

Joseph Marat

Dramane ou le péril de l’ethnocentrisme


Répondant aux griefs ethnocentriques reprochés à son régime, Dramane Ouattara a fait la déclaration suivante : « Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo les communautés du nord, soit 40% de la population était exclue des postes de responsabilité… ». Quand le premier responsable d’un Etat ouvre ainsi clairement le débat sur les clivages ethniques, peut on encore reprocher à sa population de s’y engouffrer. Sans entrer dans la véracité de ses propos, on ne peut pas s’empêcher d’avoir honte d’être le sujet d’un dirigeant aux propos aussi controversants. Ce Monsieur a dit dans les mêmes circonstances que c’est parce qu’il est nordiste qu’on ne voulait pas qu’il soit candidat. Cela nous a coûté plus de 20 ans d’instabilité. Parce que les gens du nord se sont effectivement mis dans la tête qu’ils étaient exclus. Nous avions pensé à la boutade d’un homme aveuglé par une ambition démesurée. Nous étions loin de croire que cela était l’expression d’un calcul minutieux pour l’application d’une politique ethniciste qui n’aura rien à envier au nazisme. L’idéologie nazie n’était rien d’autre que la promotion d’une race sur les autres. Ce que cette idéologie, tirée des tréfonds des théories sur la supériorité de la race aryenne, a produit en Europe est encore vivace dans la mémoire collective de notre humanité. C’est pour tourner le dos définitivement aux affres de la barbarie hitlérienne qu’il est recommandé de défendre en priorité les valeurs universelles d’humanité avant celles très basses de la race et de l’ethnie. C’est au nom de ces valeurs qui révèlent la profondeur des grands hommes qu’on a combattu le colonialisme, le nazisme, l’apartheid et toutes les formes d’impérialisme. Et c’est pour ne plus regarder dans le rétroviseur de notre bestialité que partout dans le monde, les organes de régulations de la presse traquent tous les propos à caractère raciste et ethniques. Sans entrer dans la véracité de ce que Dramane Ouattara dit et qu’aucun responsable politique n’a jamais dit en Cote d’Ivoire, je voudrais savoir de quel droit les gens du nord devrait représentés à plus de 40% dans l’administration d’un Etat qui compte 60 ethnies ? Où serait aujourd’hui la Côte d’ivoire ou bien où allons-nous si chaque leader politique devrait faire du rééquilibrage ou du rattrapage en fonction de son ethnie ?

Joseph Marat

mercredi, 25 janvier 2012

Et pourtant c’est une milice


Nous avions déjà dit dans les colonnes de votre quotidien préféré que Dramane Ouattara n’est pas l’homme qu’il faut pour doter la Côte d’une armée nationale. Aujourd’hui sous la pression des miliciens qu’il a utilisés pour faire la guerre au régime de Laurent Gbagbo, il ne sait pas où donner de la tête. En principe il ne devrait pas avoir de problème. S’il est venu avec des emplois, il n’ya rien de plus aisé que d’en donner pour permanemment caser tous ces jeunes à qui on a promis au minimum une situation stable pour les inciter à prendre les armes. Ou s’il est venu avec les pluies de milliards, pourquoi ne pas libérer ces "guerriers" en leur donnant le pécule promis en échange des armes qu’ils gardent par devers eux ? Dramane Ouattara n’a pas de solution, même la solution à ses propres promesses devenues problèmes. Son ministre délégué à la défense monsieur Paul Koffi Koffi parle d’encaserner au bas mot 40 000 jeunes dans une sorte d’"armée de réserve". Il les appelle tantôt les "associés" tantôt les "assimilés" et il dit d’eux qu’« ils ne seront plus militaires, mais seront sous un commandement militaire. Il n’est pas question qu’ils soient engagés et embauchés par l’armée. Il faut que cela soit clair (…) on sait qu’ils ont des armes. Nous allons voir dans quelle mesure il faut récupérer ces armes dès qu’ils entrent en caserne ». Dans cette déclaration qui pue la naïveté subtile de son auteur, on voit que le gouvernement de Dramane évite soigneusement de nous dire qu’il est en train de se doter d’une milice personnelle. Ce n’est pas parce qu’elle sera appelée "armée de réserve" qu’elle sera moins paysanne, moins ethnique et moins délinquante. Dans ce pays, on a toujours considéré que les jeunes qui se sont constitués spontanément en mouvement d’auto-défense étaient des miliciens de Gbagbo. Sur quelle base Dramane Ouattara pense-t-il ne pas faire pire en créant une "armée de réserve" essentiellement composée de ses partisans, lui qui a "monocolorisé" le parlement d’une nation qui compte au moins 60 ethnies ?

Joseph Marat

La sangsue à l’œuvre


La France ne lâche pas l’affaire. Elle est devenue la seule partenaire économique de la Côte d’ivoire dans un monde de compétition mondialisée. La France par-ci, la France par-là. Ceux qui parlent du retour de la colonisation n’ont pas tort. Tous les chemins repassent désormais par la France. Alassane est en route pour le sommet de l’Union Africaine à la fin de cette semaine à Addis Abeba. Avant, il a une rencontre de mise au point avec Nicolas Sarkozy qui va le briefer. Ç’aurait été son neuvième voyage uniquement en France en neuf mois de gouvernance si celui de décembre n’avait été annulé par la gêne qu’engendre l’excès de soumission de celui à qui on ne demande pas tant ! Trois articles dans le même journal pro-gouvernemental Fraternité Matin du samedi 21 janvier dernier attirent notre attention sur l’état des relations entre la France et la Côte d’Ivoire. Le premier papier nous dit que la France veut faire de la Côte d’Ivoire la vitrine de la démocratie en Afrique. Est –il nécessaire de dire que Sarkozy se ment à lui-même ? Le deuxième, nous informe que la France est disposée à aider à l’insertion professionnelle des jeunes en Côte d’Ivoire. Qui trop étreint mal embrasse ! La France a-t-elle fini avec le chômage en France ? Le troisième est typique du niveau d’inféodation de notre "souveraineté". Les experts français sont venus en Côte d’Ivoire pour identifier les priorités nationales dans le redressement de notre administration. Oui la Côte d’Ivoire est un pays sous développé et il serait très avantageux pour lui qu’il soit adoubé ou materné par une puissance économique quoique la démarche soit devenue obsolète en raison de l’universalisation des méthodes de croissance, mais en réalité que peut aujourd’hui apporter la France à la Côte d’ivoire ? Qu’est ce qu’un pays en voie de développement peut-il attendre d’un pays en voie de sous développement ? Comme une sangsue, la France ne nous lâchera pas tant qu’elle ne se sera pas fait une nouvelle jeunesse. Et ce n’est pas pour demain la veille.

Joseph Marat

Bilan à mi-parcours de la traitrise


L’information est tombée il y a peu. Maho Glofléi va rejoindre Laurent Gbagbo à la CPI. Depuis quelque temps, les images le montrant dans la tenue d’Adam encadré de ses bourreaux, circulent sur la toile. Le dernier revirement de Maho n’a pas suffi. Même son zèle – devenu, le temps des législatives, le démagogue de la cause du pouvoir, allant jusqu’à battre campagne pour le ministre Dagobert Banzio à Blolequin - a été contre productif. Au contraire, après la campagne, on s’est souvenu que Maho Gloflei fut, tout de même, le plus puissant chef des groupes d’auto-défense qui ont donné du grain à moudre aux forces pro Ouattara dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. La campagne électorale s’est donc transformée en un traquenard. Même les justifications de Banzio pour sauver un frère ne changeront rien à la détermination de ceux qui ont le langage de la réconciliation au bout des lèvres et la rancune tenace dans les actes. Mieux, Maho est la preuve qu’on cherchait contre le célèbre prisonnier de la Haye. Pourquoi n’irait-il pas parachever la trahison en allant accabler Laurent Gbagbo ? Maho est pris pour une pièce à conviction. Il est pris pour la preuve que Laurent Gbagbo a constitué des milices, auteurs des crimes qui lui sont reprochés. Le cynisme et la vengeance sont à donner froid dans le dos. Dommage pour Maho qui vient s’ajouter ici, de la pire des façons, à la longue liste des victimes de la traitrise. Innocent Anaky Kobenan fait la dure expérience de ne rien représenter au RHDP. Mamadou Koulibaly rase désormais les murs en Côte d’Ivoire. Paul Yao N’Dré a ajouté à son exil les démons de la solitude. On n’a jamais pardonné a Ibrahim coulibaly d’avoir tenu un discours nationaliste à Yopougon, en pleine crise postélectorale. Maguy le Tocard a disparu sur le chemin de la trahison. Ceux qui se sont essayés au jeu de la "démocrature" en se présentant aux législatives de la honte n’ont que leur yeux pour pleurer aujourd’hui. En somme, ce ne sont pas toutes les causes qu’on trahit et il y a des personnes qui n’ont pas âme à reconnaitre qu’on se soit défait de ses propres convictions pour elles.

Joseph Marat