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dimanche, 05 février 2012

Ce n’est pourtant pas compliqué

Dramane Ouattara est en France. Cette fois en voyage privé. Il se raconte qu’il se repose ou qu’il se soigne et qu’il serait en train de former un gouvernement, loin des pressions locales. Les exégèses de la politique ivoirienne parleront des chantages du premier ministre Guillaume Soro auquel il aurait refusé le perchoir du parlement. Pendant ce temps, sur le terrain, les ambassadeurs se prêtent au jeu de bons offices en rencontrant les dirigeants rescapés du FPI à Abidjan pour leur demander de rentrer dans le gouvernement que Dramane concocte en France. Pour une fois que dans ce pays il y a un parti politique qui laisse gouverner et qui ne court pas après les dividendes ministériels, les chancelleries ne semblent pas l’apprécier ainsi. Elles démarchent pour qu’en Afrique, les pratiques de mauvaise gouvernance ne meurent pas. Pourtant dans leurs pays qu’elles représentent ici, les concepts de gouvernement d’union n’ont pas de sens. Un parti politique gagne les élections, il gouverne seul afin d’être seul responsable à l’échéance suivante. En Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire, comme des contrebandiers de politiques nocives, après avoir servi les grilleurs d’arachides, les voilà au service des partageurs de gâteaux. Jean Marc Simon, le trappeur des bunkerisés de la résidence présidentielle de Cocody et les autres ambassadeurs en mission pour Dramane Ouattara, après avoir reçu la délégation du FPI, auraient trouvé leurs revendications et conditions nombreuses. Rien que ça. Ils souhaiteraient que le FPI tourne la page de Laurent Gbagbo et priorise ses exigences. Si ce n’est que ça, le FPI pourrait bien être tenté de les prendre au mot. Il pourrait bien tourner la page de Gbagbo qui n’aurait d’ailleurs pas voulu qu’on fasse un blocage sur sa personne et réduire ses exigences à une seule. Celle du recomptage des suffrages exprimés à la dernière élection présidentielle. Le peuple qui n’est pas dupe attend toujours qu’on lui dise où se trouve la vérité des urnes entre la causerie de Youssouf Bakayoko au quartier général de Dramane Ouattara, la certification brumeuse de Choi et la contradiction de Yao Paul N’Dré ? Rien que la réponse à cette question suffirait à soigner le mal ivoirien. A défaut, les Ivoiriens pourraient aussi se contenter de l’aveu de la prise de pouvoir qui a mis leur constitution entre parenthèse. Ce n’est pas un problème de personne. Les Ivoiriens ne peuvent pas supporter qu’au 21ème siècle, il y ait encore des peuples qui prennent les autres pour des nez percés.

Joseph Marat

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