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mardi, 14 février 2012

La guerre des terres


N’eut été la menace récurrente sur la vie d’honnêtes citoyens et sur l’existence de certaines localités sur la cartographie nationale, l’indifférence face au ridicule aurait suffi. C’est un journal pro Ouattara qui, la fin de la semaine dernière croit avoir trouvé le scoop de l’année en mettant à sa Une l’histoire d’un coup d’Etat avorté à partir de la sous-préfecture de Niambrezaria. Ceux qui regardent encore la RTI ont même vu un reportage exhibant une huitaine de villageois comme étant des miliciens en préparation d’un coup d’Etat dans les forêts de Niambrezaria. L’affaire est tellement prise au sérieux par les sécurocrates du régime que depuis lors, les parents de ces jeunes gens sont sans nouvelles de leur enfants. Pourtant, en fouillant dans toute la littérature produite sur cette affaire, rien ne fonde rationnellement toute la suspicion de coup d’Etat dont ils sont victimes. Selon les habitants de Niambrezaria, les éléments de Frci qui tiennent le barrage au niveau de leur localité ne sont pas armés. Ils ne comprennent donc pas qu’ils aient pu appréhender des putschistes non seulement bardés d’armes lourdes mais totalement naïfs pour aller brûler la politesse d’un barrage de corps habillé. Si ce n’est pas du zèle de la part des éléments Frci de ce barrage villageois, il faut s’inquiéter de la méthode du régime Ouattara qui consisterait à arrêter des passants à des barrages sans respect d’aucune pour procédure les livrer à la machine de répression des complots. Cette machine bien huilée s’est même lancée dans une interprétation des scarifications de ses victimes. Comme si c’était la première fois on voyait des scarifications sur un corps, on dira des marques que les mis en cause portent qu’elles sont les signes de leur invulnérabilité. Apparemment, les pauvres ne semblent pas avoir eu affaire à un spécialiste puisque, dès leur première tentative, les voilà dans les filets des éléments Frci «très futés» de Niambrezaria. Quand nous faisons le tour de la question, nous sommes envahis, à notre corps défendant, d’un sentiment confus de honte d’être les sujets d’un régime qui manque totalement d’imagination et qui est tellement fébrile qu’il est convaincu que ce sont des villageois qui ne peuvent même pas lire un plan de guerre qui le renverseront. En définitive on ne peut conclure qu’à une machination contre des jeunes dont le seul crime est d’être les gardiens des terres de leurs ancêtres. Parce que ce qui se passe à Niambrezaria, n’est pas nouveau depuis la prise de pouvoir par Dramane Ouattara. Dans le grand canton Tigrou auquel appartient la sous préfecture de Niambrezaria, entre le 6 et 12 mai dernier, plusieurs villages dans la localité d’Adebem, ont été totalement rayés de la carte de la Côte d’Ivoire. Ces villages ont été victimes d’une attaque sauvage par les allogènes qui ont vu avec l’arrivée de Ouattara au pouvoir l’opportunité rêvée de s’accaparer les terres des autochtones. Cette guerre pour le contrôle des terres en Côte d’ivoire est certainement le fond de tout ce qu’on veut nous faire prendre pour des complots contre le régime de Ouattara. Aujourd’hui tous les villages du canton Tigrou, sont en alerte maximale. Les villageois sont tous entrés en brousse où ils vivent, de peur d’être exterminés par les hommes de Ouattara, depuis qu’on a décidé de faire planer sur la région la réputation d’être un nid de comploteurs.

Joseph Marat

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