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mardi, 14 février 2012

« On gagne ou on gagne »

« On gagne ou on gagne », cette formule est la marque déposée de la Fesci qui à chaque échéance électorale au sein du mouvement, la sortait pour intimider les candidats qu’on soupçonnait de ne pas entrer dans le moule du leader idéal. Elle était devenue un patrimoine du monde universitaire en Côte d’ivoire. A l’occasion de la campagne électorale pour la présidentielle de novembre 2010, pour montrer leur soutien au président Gbagbo, les étudiants ont prêté ce slogan à sa campagne. Même si beaucoup avaient compris qu’au regard de son programme, de son bilan, et du poids politique de ses adversaires, Laurent Gbagbo ne pouvait que gagner ces élections, la mauvaise foi avait donné l’occasion aux ennemis de Laurent Gbagbo de faire mousser leurs critiques et l’idée que le pouvoir s’apprêtait à frauder. Ils avaient même réussi à donner mauvaise conscience à Ouraga Obou sur un plateau de télévision. Celui-ci avait dénoncé le caractère désespérant de ce slogan pour l’adversaire. A la veille de la finale de la CAN, ce slogan a été énormément entendu. Même dans le langage de ceux qui hier en faisaient une interprétation suspicieuse « On gagne ou on gagne » a acquis tout son sens. Au lieu de faire penser que la coupe sera gagnée par une combine en notre faveur, les Ivoiriens d’en face ont subitement compris que loin d’être désespérant, « On gagne ou on gagne » veut simplement dire qu’on se refuse l’option de la défaite. Non pas qu’on se dispose à manipuler le système pour gagner à tout prix, mais qu’on ne veut pas penser pouvoir perdre. Ce qui n’enlève rien à la possibilité d’une déconvenue si elle devait arriver forcément. La leçon de l’histoire, c’est que ce sont ceux-là mêmes qui s’apprêtent à aller accabler Laurent Gbagbo à la CPI pour avoir utilisé un slogan qui le rendrait responsable de tous les crimes postélectoraux, qui nous éclairent sur la fonction psychologique des slogans de campagne. Pour notre part, nous n’avions jamais pensé que les billets de banque devraient tomber du ciel sous la forme d’une pluie.

Joseph Marat


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