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jeudi, 16 février 2012

La révolte du fidèle

Il en va de l’histoire des partis politiques comme de celle de tout organisme vivant. Avec le temps, elle s’enrichit d’expériences et grandit. Le PDCI, affublé du titre du plus vieux parti de Côte d’Ivoire et de l’un des plus importants d’Afrique, n’a pas beaucoup mûri depuis ces vingt dernières années. A force de louvoyer avec les principes politiques et à force de s’engager sur des voies douteuses par pure ambition personnelle de ses leaders, il a flétri comme une peau de chagrin et le voilà aujourd’hui pris dans le tourbillon de ses propres turpitudes. Qui l’eût cru ? Personne n’aurait jamais parié qu’un jour Kouadio Konan Bertin aurait tenu une conférence de presse à la maison du parti du PDCI, dans ce lieu quasi mythique de l’appareil politique, pour braver l’autorité d’Henri Konan Bédié. Pour les observateurs du marigot politique ivoirien, tout le monde peut s’opposer à Bédié au Pdci sauf KKB, reconnu pour son militantisme et surtout pour son attachement à la personne du ‘’sphinx’’ de Daoukro. Mais pour peu qu’on ait une dose de bon sens politique, Kouadio Konan Bertin, qui n’est plus un néophyte en politique, pouvait-il continuer de laisser son parti couler chaque jour ? Sous la direction d’Henri Konan Bédié, le parti est passé de la première place à l’avant dernière position dans le carré d’as des partis politiques ivoiriens. Et rien ne semble annoncer la fin de la descente aux enfers. Le parti est complètement en hibernation s’il n’est quelque fois secoué pour être manipulé par le RDR dans une alliance de dupes. La démocratie se nourrit de la force, de la rigueur des démarches critiques et de la grandeur des partis politiques qui ne sont pas au pouvoir. C’était donc gênant pour tout démocrate de voir le Pdci s’aplatir complètement devant le Rdr et se contenter des strapontins que lui jette le pouvoir au détriment des véritables causes politiques. Nous saluons donc très bas le réveil de KKB qui en secouant le PDCI tel qu’il est aujourd’hui, nous donne l’occasion d’espérer au retour de la démocratie.

Joseph Marat



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