UA-108822782-1
topblog Ivoire blogs

lundi, 20 février 2012

Date symbole


Le président Laurent Gbagbo est depuis le 11 décembre dernier dans la prison Scheveningen à la Haye. On pourrait alors se demander l’intérêt qu’il y a à commémorer la date du 18 février. Cela pourrait paraitre macabre, surtout que Laurent se retrouve encore en prison plus de 20 ans après cette date du 18 février 1992. Comme tout ce qui devient symbolique dans l’histoire des hommes, les événements du 18 février ont marqué un tournant important dans la conquête de la liberté en Côte d’Ivoire. D’aucuns pourraient dire que ce n’était pas la première fois que Gbagbo va en prison pour la même cause et ils n’auront pas tort. L’homme est habitué à l’univers carcéral à cause de ses idées. Mais, ce que cette commémoration apporte de particulier, c’est le réverbère qu’elle représente dans la compréhension des événements que nous vivons aujourd’hui. C’est le mensonge qu’elle chasse autour de la personne de Laurent Gbagbo, et le voile qu’elle lève sur la mentalité réactionnaire de ses ennemis. Ceux qui ont transféré Laurent Gbagbo à la CPI avec l’argument qu’il est un dictateur, qui a occasionné la mort de près de 3000 personnes par son refus d’accepter "les règles de la démocratie" ont oublié qu’ils l’avaient déjà mis en prison pour les mêmes causes fabriquées. Le 18 février 1992, le même Dramane Ouattara, alors premier ministre avait mis Laurent Gbagbo et toute sa famille en prison parce qu’il disait "l’avoir vu casser". Mais dans tous les cas, les faits sont têtus. Le 18 février 1992, Dramane Ouattara a arrêté Laurent Gbagbo à la suite d’une marche qu’il a organisée pour protester contre l’acquittement des fantassins que le gouvernement de Ouattara avait lancé nuitamment contre les étudiants de la cité universitaire de Yopougon. Aujourd’hui, nous savons tous qu’il a été arrêté et transféré à la Haye alors qu’il ne cessait de demander de recourir à des voies démocratiques pour vider le contentieux électoral de 2010. En marquant donc le coup de cette commémoration, nous voulons nous rappeler à nous-mêmes que la lutte continue avec les mêmes acteurs dans l’arène. Laurent Gbagbo ou le sacrifice suprême pour les libertés et Dramane Ouattara l’instrument de répression des forces progressistes et démocratiques. A la façon de la représentation physique contemporaine du mythe originel du mal toujours vaincu en définitive par le bien.

Joseph Marat

Les commentaires sont fermés.