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mardi, 06 mars 2012

Françafrique : la fin d’un système nocif (4)

L’économie ou l’enjeu du combat

… Cela étant dit, pour l’efficacité du combat contre cette mentalité rétrograde, il faut éviter de se laisser distraire par les vagues et inflammations circonstanciées des discours racistes et ethnicistes. Le nœud gordien du combat est ailleurs et ceux qui, à chaque petite occasion sont prêts à faire du buzz par des piques ethnicistes et racistes le savent bien. Il faut sortir du jeu de mots et des répliques verbales pour voir en face le véritable enjeu des rapports rationnels que les hommes doivent avoir entre eux. C’est d’ailleurs de bonne guerre que les animateurs de la Françafrique s’adonnent régulièrement à des grilles de distinction raciale pour mieux asseoir leur système de prédation. Que gagne un esclave à se plaindre que son maître l’ait traité d’esclave, s’il continue d’être son marchepied ? Ce n’est donc pas une question de couleur de peau, encore moins de grille ethnique inventée, selon un ami, par les colons impérialistes pour mieux cloisonner ceux qu’ils voulaient assujettir d’après la maxime qui dit qu’il faut diviser pour mieux régner. Ils sont nombreux les Blancs qui sont indignés par la pratique de l’esclavagisme qui survit à la loi universelle de 1848. Et nombreux sont les Nègres qui continuent de se laisser impressionner par les guirlandes pour livrer leurs frères. Oui, nous voyons juste lorsque nous pensons que la colonisation est la perpétuation sous une autre forme de l’esclavage et que la Françafrique ou le néocolonialisme ou encore l’ houphouétisme est une forme déguisée de la colonisation. Mais il ne faut plus s’arrêter à ce feu de réprobation et d’indignation. Que l’esclave prenne conscience de sa situation d’esclave est déjà le début mental de son affranchissement. Mais il sera réellement affranchi le jour où le maitre lui versera le juste prix de ses services. Qu’on ne s’y trompe pas, le véritable enjeu de la relation maitre-esclave est essentiellement économique. C’est parce qu’on nous exploite qu’on nous prend en réalité pour des sous-hommes. Quand le maître se sentira obligé de verser le juste prix du dur labeur de l’esclave, c’est le maître lui-même qui cessera de voir en lui un esclave. Nous sommes dans une autre dialectique du maitre et de l’esclave où le maître change de mentalité. Aussi faut-il réorienter le combat contre cette mentalité d’esclavagiste qui a décidément la peau dure. En fait, elle n’a jamais été attaquée frontalement. On s’est souvent trompé de combat en croyant avoir affaire à une idéologie. Nous sommes dans une lutte économique et pour espérer une issue heureuse, commençons dès maintenant à parler économie. Et débutons par la question de la monnaie et de la fermeture des comptes d’opération logés au trésor public français.

Joseph Marat

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