UA-108822782-1
topblog Ivoire blogs

vendredi, 16 mars 2012

Le mal de l’approche ethnique des peuples (2)


Lors de son meeting du samedi 10 mars 2012 à Paris, un rendez-vous électoral consacré à l’outre-mer, le candidat socialiste, François Hollande a réclamé la suppression du mot «race» de la Constitution. Cette préoccupation est peut-être l’un des enjeux fondamentaux de cette élection en France. Pendant que Nicolas Sarkosy, pour sauver sa barque qui prend l’eau de toute part, est pratiquement obligé de jouer la carte du repli racial ( son ministre de l’intérieur est convaincu de la supériorité de leur civilisation et lui-même veut revoir le traité de shegen ), François Hollande pense que la notion de race sur laquelle ses adversaires surfent dans leur propos allusifs est incompatible avec l’idée de la République. «il n’y pas de place pour le mot race dans la République» dit-il. Au-delà de la sémantique qui donne à Hollande l’avantage de la mentalité progressiste, nous comprenons mieux pourquoi le régime de Nicolas Sarkozy continue de supporter la politique du rattrapage ethnique en Côte d’ivoire. Au fond, autant il n’y a pas de place pour la race dans une République autant il n’y en a pas pour les allusions et références ethniques. Pourquoi ? Et cela nous ramène à notre débat initial. C’est à dessein que les personnes comme Nicolas Sarkozy soutiennent tous les dirigeants africains dont la vision se limite à la promotion de leur ethnie. C’est un choix colonial et ils poursuivent ensemble la perpétuation du système colonial. Le choix des grilles ethniques dans l’approche scientifique des peuples d’Afrique a ceci de pernicieux qu’il est la matérialisation de l’idée même de diviser et de cloisonner. Les colons en avaient besoin pour régner et aujourd’hui les impérialistes l’utilisent pour mieux piller nos ressources. Parce que pendant que nous nous bâtons pour assurer la suprématie de notre ethnie sur l’autre, eux ils s’occupent de l’essentiel. Et puisque nous avons besoin de leur puissance de frappe pour, nous aussi, assujettir les autres, nous leur vendons notre âme en échange de leur soutien. L’ethnie est un instrument qui sert à enfermer les hommes dans des cercles conceptuels irrationnels avec l’idée qu’en défendant par tous les moyens leur spécificité artificielle, ils affirment la supérioté de leur race sur les autres. A la lumière de ce que nous vivons aujourd’hui, on ne sera pas surpris que des recherches approfondies nous montrent que les guerres tribales ont été expressément organisées par les impérialistes pour se donner l’argument-paravent de nous civiliser.

Joseph Marat

Les commentaires sont fermés.