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jeudi, 12 avril 2012

Jamais de crime parfait


Le temps est un autre nom de Dieu dit le sage. Les événements du 11 avril dernier livrent-ils enfin leur secret avec la pression du temps ? En termes de secret, il n’y a en avait en réalité pas. Il y a que, dès les premières heures de l’attaque du domicile du président Gbagbo, la France qui n’a pas voulu assumer le caractère ignoble du forfait s’était refugié derrière ce qui s’avère être aujourd’hui pour elle-même, un mensonge grossier. Elle avait nié avoir fait le boulot à la place des FRCI. Hier, à l’occasion de la commémoration de cette date où l’ingérence française a atteint son paroxysme avec la violation flagrante de la souveraineté d’un Etat indépendant, l’ex-ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, véritable maître d’orchestre de toute l’opération ce jour-là, croit défendre son pays en avouant le rôle prépondérant de celui-ci dans ce qui s’apparente à un acte criminel dans les relations internationales. Voici ce que Jean Marc Simon pense révéler : « Je crois qu'il faut bien dire que la France n'a jamais agi seule, elle est toujours intervenue en liaison avec les Nations unies, et en fonction d'un mandat du Conseil de sécurité. La décision des frappes était prise conjointement entre le président de la République et le secrétaire général des Nations unies. » Dans ce bout de l’interview qu’il a accordée à RFI, non seulement il a oublié qu’il avait déjà dit le contraire il y a un an, mais il ne se rend pas compte qu’il dénonce la collusion de Sarkozy et de Ban Ki Moon. Aucune résolution des Nations Unies ne donne l’ordre à ces deux messieurs de se retrouver dans une sorte de messe noire pour décider le bombardement du palais d’un Etat indépendant. Si c’est à la résolution 1975 que Jean Marc Simon et son gouvernement font allusion pour justifier leur opération sur la résidence du président Gbagbo, qu’ils sachent que nulle part, dans cette résolution, il n’est mentionné qu’il fallait résoudre le contentieux électoral ivoirien en bombardant le palais de la présidence.

Joseph Marat

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