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jeudi, 12 avril 2012

Soyez ivoiriens… cela aurait suffi (1)


Je n’ai pas encore lu le livre de Gregory Protche paru en janvier 2012 dernier aux éditions ‘’le Gri-Gri’’ intitulé : « On a gagné les élections mais on a perdu la guerre ». Mais cela n’empêche pas la réflexion sur un point précis qu’il aborde avec une certaine perspicacité qui dévoile et éclaire les prologues et épilogues de la crise ivoirienne. C’est d’ailleurs un ami qui me fait parvenir le passage qui l’a plongé dans une de ses méditations métaphysiques sur la nature des hommes et leur propension à avancer masqué. Il ajoute à la fin du passage qu’il m’envoie : « qu’est-ce que tu en penses ?» je me dérobe rarement à donner mon avis surtout quand il s’agit de me prononcer sur les motivations des acteurs politiques de cette décennie de rixes. Gregory P. dit ceci à la page 40 de son livre : « le Président ivoirien (Laurent Gbagbo) misait sur le sentiment d’appartenance à la nation ivoirienne, escomptait bien réussir à le faire raisonner en Soro. Le prenant à son propre jeu devenu un piège : tu veux être Ivoirien, sois-le. Quitte le communautarisme, le particularisme, le tribalisme, l’ethnisme et la rébellion. Oublie le nord, pense à l’ensemble …» Laurent Gbagbo n’avait pas besoin de le dire dans un discours officiel. L’auteur fait donc ici une herméneutique des actes politiques du président ivoirien qui a décidé de s’engager dans un dialogue direct avec le leader d’une rébellion qui a attaqué son régime. Il n’était pas naïf pour penser que Soro, qui n’avait pas encore achevé ses études à l’université, aurait pu lever une rébellion contre lui. Il se disait candidement que ce qui a pu faire le terreau de la manipulation de cette jeunesse révoltée, c’est le sentiment qu’on a distillé en elle d’être exclue parce qu’elle appartient à une ethnie donnée et que le combat contre l’exclusion ethnique était, dans le temps, celui de la défense de l’idée d’une nation. Il n’était pas évident de voir derrière la révolte de celui qui prétend être victime de l’ethnisme un projet de discrimination ethnique. Le président Laurent Gbagbo a même pu penser, encore candidement, que les manipulés ne se le sachant pas, il aurait suffi de leur proposer la solution à leur préoccupation officielle pour régler le conflit. « Sois premier ministre et travaille à ce que plus personne ne soit victime d’exclusion dans ce pays. Travaille à construire une nation et oublie que tu viens du nord». Il était loin de penser que ses adversaires avançaient avec un masque sur le visage. Sous le couvert de combattre la discrimination, la rébellion ivoirienne se battait en fait pour la discrimination, la ségrégation ethnique. Alors qu’ils brandissaient leur aversion pour la promotion de tout sentiment d’appartenance clanique, leur projet était de substituer le mal au le mal pour nourrir leur soif de domination ethnique.
Joseph Marat

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