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jeudi, 12 avril 2012

Soyez ivoiriens… cela aurait suffi (2)



Avec des gens qui ont produit la charte du nord et qui affichaient avant même d’avoir commencé la guerre leur projet d’arracher le pays aux autres, Laurent Gbagbo n’est-il pas coupable d’avoir été naïf. N’a-t-il pas accompagné dans une sorte de suicide collectif le mouvement en croyant qu’il suffirait de proposer l’alternative de l’appartenance nationale pour solder leur besoin d’affirmation ? Non ! Le président Laurent Gbagbo ne s’est pas trompé et il n’a pas fait preuve d’irresponsabilité. Pour un homme de vision comme lui, il n’a pas eu le choix. Il n’avait pas d’autre choix que celui de la raison. Au prix de tout ce que cela a pu lui coûter aujourd’hui, il ne lui sera pas reproché d’avoir joué le jeu de ses ennemis en opposant au nord et à son projet de rattrapage ethnique, le clanisme le communautarisme, le tribalisme, l’ethnisme, la rébellion, le sud…Car l’histoire des hommes enseigne que le rapport de l’homme à la liberté l’oblige à briser les barrières des particularismes. Gaston Bachelard dit que la science, la recherche de la vérité scientifique avance par rupture épistémologique. Il faut extrapoler et dire que l’histoire des hommes, l’avènement de la vérité historique se fait aussi par rupture. Celle du lieu où les valeurs s’érigent contre des non-valeurs. A quoi assiste-t-on avec l’abolition de l’esclavage, avec la révolution française de 1789, avec la fin des travaux forcés, avec la décolonisation, avec la fin de l’apartheid et de la ségrégation raciale avec Martin Luther King aux USA… partout où l’histoire des hommes a montré qu’elle avance, ce n’est en instaurant des cloisons de dominants à dominer. Au contraire c’est en brisant les mythes de la barrière clanique pour ne considérer que l’idée et la dignité de l’homme que l’histoire progresse. En ce sens que l’histoire pour notre humanité est toujours celui du progrès et le progrès n’est pas seulement dans l’écoulement du temps, mais ce qui advient comme valeur dans le temps. L’invitation de Laurent Gbagbo de ses ennemis à l’humanisme est en soi une invitation à la lumière de la vérité de l’histoire. Toutes les autres voies sont sans issue. L’apparent triomphe du rattrapage ethnique n’est que le signe du refus de se laisser aveugler par la lumière de la raison de l’histoire des hommes. Laurent Gbagbo est un homme, il a ses limites et il peut se tromper. Il s’est même souvent trompé. Mais, sur la réponse politique qu’il donne au péril de l’ethnocentrisme à ses adversaires est loin d’être une erreur. Quand on veut bâtir une nation à partir d’un pays qui regroupe une soixantaine d’ethnies, la seule démarche salutaire d’un homme politique responsable ne sera jamais le maniement pervers des ambitions claniques.

Joseph Marat

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