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mercredi, 18 avril 2012

Gbagbo : question d’objectivité (1)


Fabien d’Almeida anime une chronique sur la toile. Entre autres textes qu’il publie actuellement sur le site Pensée noire, celui qu’il a intitulé Gbagbo : question d’objectivité, nous a été signalé par un ami, éboueur des profondeurs du web, comme un texte très intéressant. Il n’a pas eu le temps de me dire en quoi il avait trouvé ce texte intéressant, mais après l’avoir parcouru, j’ai compris l’ironie de mon ami qui voulait rire des entourloupes de nos frères d’en face pour parer à la bourrasque des réprobations face à leur politique de rattrapage ethnique. Pour ceux qui auraient eu l’eau à la bouche, « passez, il n’y a rien à voir » parce que Fabien d’Almeida dit simplement ceci : « ceux qui défendent Laurent Gbagbo manquent d’objectivité ». Il part des omissions des défenseurs du président Gbagbo comme le Suisse Jean Ziegler, au projet de rupture monétaire qu’on prêterait à Gbagbo sans aucun fondement, en passant par les pratiques françafricaines de gestion politique qui n’auraient pas souffert de la Refondation. C’est simplement ridicule. Ridicule au sens où André Comte Sponville emploie ce terme dans son livre : le capitalisme est- il moral ? Dans cet essai, le philosophe dresse plusieurs niveaux de jugements et déduit de cette stratification que nous donnons souvent dans le ridicule en mélangeant les genres dans nos prédicats. Par exemple, demander à un chef d’entreprise qui licencie de répondre à la question du bien ou du mal est absurde parce que ce n’est pas la réponse à cette question d’ordre moral qui résoudra le problème que lui imposent les lois économiques de production et de rentabilité du marché! Doit-il, au nom de la morale, laisser péricliter son entreprise ? Même le chef d’entreprise qui, pour faire le bien, s’abstient de licencier, n’atteindra pas moins le même objectif quand il mettra la clé sous le paillasson. Dans l’ordre de la science, de la technique et de l’économie, les considérations d’ordre moral sont donc ridicules, selon André Comte-Sponville. Je pense, en lui empruntant le schème de la réflexion, qu’il est aussi ridicule de rechercher l’objectivité dans l’ordre de la pratique politique. Ce qu’on demande au politicien, c’est d’être loyal. La question de l’objectivité n’est pas une fin en soi pour un homme politique. On trouve rarement d’ailleurs un homme politique objectif. Ils sont tous, en politique, toujours en train de défendre des positions…

Joseph Marat

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