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mercredi, 18 avril 2012

Gbagbo : question d’objectivité (2)


Ce qu’on demande à l’homme politique, c’est d’être loyal. La loyauté, d’après le Lexilogos en ligne, c’est : « en parlant d'une personne, La fidélité manifestée par la conduite aux engagements pris, au respect des règles de l'honneur et de la probité. Synonyme : droiture, honnêteté. Antonyme : déloyauté.» cette description du trait de l’esprit d’une personne loyale, ne nous dit certes pas que la notion de loyauté vient de loi, mais nous pouvons en déduire aisément qu’on n’est honnête, droit ou respectueux des engagements pris que justement lorsqu’il y a des engagements qui fonctionnent comme des lois, des principes, le droit à suivre. La politique, d’après le grec ancien, est l’art de conduire la cité. Aujourd’hui on dirait l’art de conduire l’Etat. En toute logique, on ne parle d’Etat que lorsqu’on a mis fin à l’anarchie de la jungle. C’est-à-dire lorsque les composantes de la société étatique se sont mis d’accord pour instituer les conditions de leur liberté en se dotant d’une loi fondamentale. La loyauté d’un homme politique se détermine donc par rapport au respect et à la promotion de la constitution de son pays, au-delà, le respect des principes de base du régime politique qu’on s’est choisi. En Côte d’Ivoire, nous nous sommes dotés d’une dernière Constitution en 2000 et aucun homme politique ivoirien ne conteste le choix de la démocratie comme régime politique devant y prévaloir. Nous avons, à travers cette mise au point, tout un arsenal de principes qui permet de déterminer la loyauté et le poids politique de chaque homme politique ivoirien. En dehors de sa loyauté vis-à-vis de la loi fondamentale et des principes élémentaires de la démocratie, la vie privée d’un homme politique ne devrait intéresser personne. Les opposants du Président Gbagbo ont cru éroder son crédit politique en l’affublant du concept de «boulanger», croyant naïvement que les petits marchés qu’ils passent avec le chef de l’Etat sur fond de chantage politique devraient être au dessus de la loi fondamentale. Oubliant que le «boulanger» a été jusqu'à trouver des ressorts constitutionnels pour faire d’un inéligible au départ candidat exceptionnel à l’élection présidentielle. Qu’on nous dise à quel article de notre constitution et à quel principe politique répond la levée d’une rébellion contre un régime démocratique. A quel principe démocratique correspond le bombardement des institutions d’un Etat pour vider un contentieux électoral ? A quel principe républicain et politique répond le rattrapage ethnique. Est-on beaucoup moins boulanger, quand après avoir passé toute sa vie politique à promettre un orage de milliards à un peuple, on lui sert la misère à la fin ?

Joseph Marat

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