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dimanche, 22 avril 2012

Bottey Moum’ Koussa, l’ascension d’un ange des arts


Le professeur Zadi Zaourou s’en est allé dans le mois de mars dernier. Un an jour pour jour après le bombardement de près d’une vingtaine de sites militaires et résidentiels à Abidjan. Dans un silence assourdissant, nombreux sont ceux qui, souffrant déjà de crise cardiaque, ont succombé aux bombardements, ceux qui quel que soit leur âge, ont fait leur entrée dans la cour des grands cardiaques et ceux dont le compte a rebours s’est enclenché. Zadi Zaourou est le jeune frère du magnat de l’eau et de l’électricité en Côte d’Ivoire. Par déformation intellectuelle il fut pendant longtemps un dandy des cafés abidjanais. Et comme l’auteur des Fleurs du mal, Charles Baudelaire, il s’est rarement privé de certains plaisir de la chair. Le corps, utilisé à une certaine fréquence, couplée à une intense activité intellectuelle, accuse le coup et le fait savoir au sujet. Nous avons tous, dans ce pays, ressentit l’absence du maitre de la parole qui s’était accordé toute une année de repos et de soin en Europe au frais de la présidence de Laurent Gbagbo. A son retour, l’homme qui entretenait une santé fragile s’était retiré et tenait à être en retrait beaucoup d’activités susceptibles de bousculer son taux d’adrénaline. Il se contentait de nous envoyer des messages d’amour et d’espoir pour nous communiquer sa sérénité entretenue dans ces temps qui ont commencé à tanguer depuis l’irruption d’une nouvelle race de politiciens dans le paysage ivoirien. L’annonce de son départ ce jour du 20 mars 2011, m’a semblé trop précipitée. Un dandy, même quand il n’est plus en activité, ne part pas sans lutter contre la faucheuse. La vie, même par dose homéopathique pour la prolonger ne cesse pas d’être belle pour celui qui secrètement espérait voir les temps cesser de tanguer. Bottey Moum’ Koussa s’en est allé. Paix à son âme. Que les mondes des idées pures, de la beauté des lettres et de la poésie se réjouissent de recevoir l’ange qui les a aimés dans la fragilité chaotique de l’existence sensible.

Joseph Marat

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Écrit par : blede | vendredi, 27 avril 2012

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