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mardi, 24 avril 2012

La déplanification a commencé


En 1998, la loi relative au domaine foncier rural a connu un examen spécial. Elle a été votée à l’unanimité de la presque totalité des parlementaires présents à l’Assemblée Nationale ce jour. La loi numéro 98-750 du 23 decembre1998 est donc l’une des lois les plus légitiment solides de notre arsenal juridique. L’article 35 de notre constitution a suscité des polémiques qui donnent pratiquement la main à tout nouveau gouvernement de le réviser. L’actuel potentat de notre pays en a tellement souffert, il est aujourd’hui un chef d’Etat exceptionnel pour ça, qu’on comprendrait presqu’il veuille réviser la constitution pour le changer. En revanche vouloir changer la loi sur le foncier rural de 1998 m’a paru pour le moins suspect. Elle a fait l’objet d’une intervention de Dramane Ouattara lors de sa visite dans l’ouest du pays. Il a annoncé de la proposer au changement dans les prochains jours à son parlement sur mesure. J’ai été d’abord surpris qu’après avoir énormément trimé avec l’article 35 de la constitution ivoirienne, la priorité de Dramane Ouattara soit le foncier rural. Et je me suis dit par résignation, pourquoi pas ? Mais, j’avais dans ma mémoire qui flanche l’idée que l’unanimité et la légitimité du parlement de 1998 en était-il vraiment une si le RDR aujourd’hui au pouvoir peut bien dire qu’il n’avait pas participé à cette législature. Que non, me rappelle un collègue. L’unanimité a été vraiment construite autour de cette loi. Tous les partis politiques significatifs qui se querellent aujourd’hui étaient non seulement tous au parlement, mais ils ont tous battu campagne, sillonnant tous les artères du pays, du nord au sud, de l’est à l’ouest pour requérir l’aspiration du peuple avant de voter cette loi. Une loi n’a jamais autant reflété la volonté générale au sens rousseauiste du terme. Pourquoi Dramane Ouattara se précipite-t-il sur cette loi pour la dénaturer. A quel objectif répond cet acharnement à vouloir changer une loi qu’on a soi-même appelé à voter juste au bout d’une législature ? C’est alors que je me suis souvenu de ce que nous disait Kabran Appia en 2002, au début de cette crise. Il nous avait mis en garde pour que nous ne nous trompions pas dans l’appréciation de ce qui nous arrivait. Il avait avancé le concept de déplanification. Quelque temps plus tard, dans cette même période, la rumeur viendra de Marcoussis pour dire que parmi toutes les raisons qui ont conduit à la rébellion, il y avait la question de la naturalisation de trois millions de burkinabé… On peut se tromper, mais il faut dire qu’avec le projet de modification de la loi sur le foncier rural, la déplanification a commencé !

Joseph Marat

Commentaires

ne soyons pas surpris! les objectifs des gens sont clairs depuis le début.

Écrit par : blede | vendredi, 27 avril 2012

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