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dimanche, 29 avril 2012

SOI-DISANT DISCIPLE DE ZADI ZAOUROU


Tirburce Koffi a souhaité l’assassinat de Gbagbo

Aux adieux et hommages à Bernard Zadi Zaourou se mêle une sorte de récupération malsaine de son héritage intellectuel. Tous ceux qui ont connu le professeur Zadi peuvent se targuer d’avoir reçu quelque chose de lui. Ils peuvent même, par abus de langage, se dire disciple de l’illustre homme de lettres. D’après des chiffres qui hallucinent, Zadi Zaourou a produit une quarantaine de promotions de docteurs es lettres à travers le monde. Il était vraiment un maitre au propre comme au figuré. Que tout ce monde se réclame avoir hérité de lui, voilà qui est banal. On ne peut reprocher à quelqu’un de s’être un jour approché du feu, de s’être suffisamment réchauffé, de s’être constamment réchauffer ou de s’être toujours retrouvé auprès de ce feu. Mais rares sont ceux qui peuvent se targuer d’avoir franchi la dernière étape. Celle de s’être tellement réchauffé qu’on devient soi-même une braise, un feu qui réchauffe aussi. Et quand on est soi-même devenu un feu, on cesse d’avoir un maitre. On devient soi-même un émetteur de valeurs. C’est le personnage de Zarathoustra du philosophe allemand Nietzsche qui nous donne cet enseignement dans Ainsi parlait Zarathoustra. Il dit précisément ceci : « C’est des compagnons vivants qu’il me faut qui me suivent parce qu’ils veulent se suivre eux-mêmes, - Je vais maintenant aller seul, mes disciples ! Vous aussi, vous allez vous en aller et chacun seul ! Je le veux ainsi ».
Dans ces heures d’hommages à un maitre, on a trouvé des occurrences pour dire que Tirburce Koffi est le disciple le “plus abouti” du professeur Zadi Zaourou. Lui-même se targue de le connaitre mieux que quiconque et d’être son unique héritier ou le continuateur de son œuvre. Quoique je doute énormément que ceux qui ont aimé Bottey Moum’ Koussa puissent se consoler de le retrouver en Tirburce Koffi, je ne lui conteste pas d’être resté au “stade” du disciple. Au sens où Freud parle de stades de croissance psychophysiologique de l’enfance à l’âge adulte. Je ne conteste pas à Tirburce Koffi de reconnaitre être bloqué à un stade et de se contenter d’une sorte de nanisme intellectuel. C’est peut-être ce qui amène à douter qu’il soit vraiment l’héritier le plus accompli de Zadi Zaourou.
Il y a des concepts récurrents dans le discours de tous ceux qui parlent du maitre de la parole : humanisme et ouverture d’esprit. Oui nous avons là des concepts-enveloppes extra-larges que je me garderai bien de définir ici. Je procéderai plutôt par l’absurde pour me demander si Tirburce Koffi est en réalité le disciple ou le coursier de Bernard Zadi Zaourou. On suppose qu’en se disant le disciple le mieux abouti, il veut que nous comprenions qu’il est celui dont la moralité et les prises de positions politiques ou autres nous rapprochent le mieux de celles du maitre. Aussi suis-je à me demande si Bernard Zadi Zaourou aurait célébré le 11 avril 2011 comme l’a fait Tirburce Koffi ? Le simple humanisme lui aurait-il permis de danser et de chanter autant autour du malheur d’un homme ? En sus, si Zadi Zaourou qui a bénéficié aussi des largesses du président Gbagbo, avait été une âme ingrate, il n’aurait pas brillé autant dans l’estime de ses contemporains. Tirburce Koffi a, par contre, marqué le coup de cette date douloureuse de l’histoire des hommes d’une jubilation tellement nauséabonde qu’on s’embarrasse de scrupules pour reprendre tous ses termes. On retient toutefois que dans le numéro 14 214 du journal pro-gouvernemental Frat-Mat, il traite le président Gbagbo de « rat », dans la pure tradition de l’autre descendant de la civilisation égyptienne qui traite toute une catégorie de la population ivoirienne de « bad ». On comprend du coup pourquoi Dramane Ouattara parle de rattrapage ethnique. Ses idéologues sont des tribalistes qui manient avec dextérité tous les instruments du péril rwandais. Le plus grave est-il à venir ? Tirburce Koffi avouait, il n’y a pas deux ans, à un parent de Gbagbo qui trimait pour bénéficier d’une assistance de la présidence, que celui-ci (Gbagbo) lui (Tirburce) a donné 30 millions en guise de bourse d’étude pour son fils aux Etats Unis. Il a pourtant osé écrire qu’il a ardemment souhaité que son bienfaiteur soit assassiné. Il parle de suicide dans le texte en question parce que des gens comme lui ont rarement le courage de leurs idées. Comme un traitre qui plante le couteau dans le dos de sa victime pour ne pas avoir à supporter le regard de celui qu’il assassine, Tirburce Koffi s’en veut encore que Laurent et Simone Gbagbo ne se soient pas suicidés. Le disciple le plus abouti de Bernard Zadi Zaourou ignore que le suicide est un acte de lâcheté pratiquement inconnu dans la culture des africains en dépit de leurs lots de misères et de désespoirs. Pourquoi, Laurent Gbagbo et son épouse qui vivaient dans un palais et qui étaient psychologiquement prêts à affronter leurs adversaires sur le terrain démocratique du recomptage des voix devraient-ils se suicider ?
Comment, avec une âme recouverte de tant de pansements, en proie à la torture de ses propres démons “stupéfianisés” , Tirburce Koffi peut-il valablement camper l’âme de Bottey Moun’Koussa ?

Joseph Marat

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