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dimanche, 29 avril 2012

Thémis chez Dramane


A une question qu’on lui a posée lors de sa conférence de presse faisant suite à son périple dans la l’ouest de la Cote d’Ivoire, Dramane Ouattara a donné une réponse qu’on pourrait désormais appeler « dramaniste ». Le journaliste lui demande ceci : « Vous avez lancé un appel à l’endroit des cadres pro-Gbagbo qui sont encore en exil. Jusqu’où êtes-vous prêt à aller en vue de rassurer ceux là qui hésitent à rentrer ? » En termes plus simples : « Quel sacrifice êtes-vous prêt à faire pour la réconciliation des Ivoiriens ? ». Voilà la réponse du chef de l’Etat ivoirien : « Jusqu’où aller je ne sais pas ce que ça veut dire. Nous avons un Etat de droit. Nous avons mis en place une commission nationale d’enquête qui travaille. Pour la question des revendications, moi je ne suis pas le procureur, je ne suis pas juge. Je ne ferai rien qui relève de la justice. Maintenant une fois que la justice aura fait son travail, le président de la République peut faire éventuellement des grâces. Donc la justice ira jusqu’à son terme. Et ceux qui seront reconnus comme coupables, seront traités en conséquence. Ceux qui ne le seront pas seront libérés par la justice. Ne comptez pas sur moi pour des interférences sur le schéma de l’Etat de droit. Je suis pour la réconciliation mais dans les deux parties. » Le dramanisme serait, à partir de ces genres de réponse, une sorte de politique de l’autruche qui, en fourrant la tête dans le sable, cache à lui-même l’existence de la réalité. Cela peut être se raconter à soi-même des contre-vérités et croire que ce sont les autres qu’on tourne en bourrique. Dramane Ouattara, pour ne rien avoir à faire pour normaliser ce pays, se présente comme un homme politique respectueux de l’Etat droit. Sur la question, je rappelle simplement que nous avons déjà publié dans nos colonnes la contribution d’un compatriote qui avait relevé une vingtaine d’articles de notre Loi fondamentale que Dramane Ouattara viole constamment depuis son accession, dans les conditions que vous savez, à la tête de la Cote d’Ivoire. Mais l’homme peut avoir changé. Il peut avoir été visité, le temps de cette randonnée, par la déesse de la justice. Thémis, cette dame aux yeux bandés de la mythologie grecque lui a certainement bandé aussi les yeux pour qu’il se prenne pour un homme de droit là où son régime pratique à outrance la justice des vainqueurs sur fond de rattrapage ethnique.

Joseph Marat

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