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jeudi, 03 mai 2012

La trêve sociale du renard


A coté de la régression politique dont je parlais dans un précédent papier, il y a la régression économique. Je m’indignais d’être citoyen, au 21eme siècle, d’un Etat dont le dirigeant s’accommode d’une dictature obsolète et de détenir des prisonniers politiques dans des goulags. Et pourtant, il y a pire. Non au sens d’une classification classique, mais au sens ou, sur le plan économique, c’est de Dramane Ouattara que nous devrions attendre le plus. On pouvait comprendre que Laurent Gbagbo qui est un homme politique de métier, ait eu beaucoup de scrupules à s’encombrer de prisonniers politiques. Qu’il ait compris, qu’avec un opposant mieux valait discuter que d’enfermer. Et qu’avec le warifatchè, l’homme qui est né avec les formules économiques dans la tête, nous devrions vivre et sentir la croissance économique. Non seulement il nous fera honte constamment par la cruauté d’une dictature désuète mais en plus il nous servira pire que ce qu’on était en droit d’attendre de lui sur le plan économique. Il fut un temps ou, ceux d’en face moquaient Laurent Gbagbo pour avoir classé la Cote d’ivoire parmi les pays pauvres très endettés. Les slogans de campagne s’en sont tellement imprégnés qu’on en avait mauvais conscience. Nous nous étions mis à rêver, à notre corps défendant, que le bravetchè vienne nous débarrasser de ce concept déshonorant. Nous étions loin de penser que nous le serions encore plus sous l’économiste. Premièrement, le point d’achèvement de l’initiative PPTE qui était un acquis dès le premier trimestre de 2011, pour récompenser les prouesses économique de l’historien Laurent Gbagbo, va prendre un an et demi de retard avec le pouvoir du prétendu économiste. Les institutions financières, après une pléthore de menaces de suspensions leurs accords face aux contre-performances de leur poulain viendront bientôt nous accorder la coquille vide de l’initiative PPTE pour ne pas avoir eux-mêmes honte d’avoir soutenu quelqu’un qui n’en valait pas la peine. Deuxio, et c’est pour cela que cette initiative sera une coquille vide, il ne sera plus question de financer tous les programmes de lutte contre la pauvreté concoctés par le gouvernement de Laurent Gbagbo, mais de rembourser les institutions financières privées qui ne sont pas concernées par l’élargissement de la banque mondiale et du FMI et auprès de qui Ouattara s’est déjà endetté à hauteur de ce qu’on pouvait attendre du PPTE. En clair, on n’aura rien. Cela veut dire qu’on ne cessera pas de payer le service de la dette sur ce qu’on a cessé de produire. Les syndicalistes à qui on demande une trêve sociale après un an de gouvernance à vue, doivent comprendre une seule chose : le régime est dans une fuite en avant ! Et il ne vivra, comme le renard, qu’aux crochets de ceux qui l’écoutent.

Joseph Marat

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